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Coûts carrosserie : la FNAA tacle les assureurs

A la suite d’une enquête du quotidien Les Echos où les assureurs justifiaient la hausse des tarifs de leurs primes par la hausse du coût de la réparation, la FNAA a tenu à mettre les choses au clair : la responsabilité de cette hausse est à chercher du côté des constructeurs et du monopole des pièces de carrosserie plutôt que du côté des réparateurs trop facilement stigmatisés…

Au lieu de stigmatiser le coût de la réparation, la FNAA encourage les assureurs à expliquer enfin aux consommateurs le prix des pièces de carrosserie captives...

Au lieu de stigmatiser injustement le coût de la réparation, la FNAA encourage les assureurs à plutôt expliquer aux consommateurs l’impact du prix des pièces de carrosserie captives sur la facture…

Mais qui est donc le responsable désigné de la hausse annoncée de 0,5% à 2,5% des primes d’assurances en 2017 ? Le coût de la réparation, expliquent les assureurs dans le journal Les Echos de fin novembre. Interrogés par le quotidien économique, ils désignent de fait les factures des réparateurs, qui a encore augmenté de 2% en 2016, soulignent-ils sans donner plus amples détails.

Voilà qui a eu le don de fâcher la FNAA. Elle s’est fendue d’un communiqué pour défendre les réparateurs face à cette stigmatisation que ne manque pas de faire peser sur les carrossiers l’éternel soupçon du “réparateur voleur”. Pour la fédération, hors de question de laisser les assureurs laisser encore une fois entendre que c’est l’augmentation des tarifs de main d’œuvre et plus généralement la facturation du carrossier, qui est à l’origine de la hausse des primes d’assurance.

Les assureurs “oublient” le monopole des constructeurs

Au contraire : la FNAA soutient que l’augmentation du coût de la réparation est à chercher du côté du prix de la pièce de carrosserie. «Plus le choc est important, plus la part et donc le coût de ces pièces de carrosserie s’accroissent», rappelle-t-elle comme une évidence. Et de souligner combien le monopole –«unique en Europe»– des constructeurs sur le commerce et la distribution des pièces de robe, en vertu de la protection des Dessins et Modèles, qui préserve leur propriété intellectuelle sur lesdites pièces bien qu’ils ne les fabriquent pas toujours, est en grande partie responsable de la cherté des pièces de carrosserie.

«La fixation du prix de ces pièces pose évidemment problème : parce qu’il n’y a pas de concurrence, les constructeurs sont les maîtres du jeu. Parce qu’il n’y a pas de concurrence, les réparateurs et les carrossiers sont forcés de s’approvisionner aux prix fixés unilatéralement par lesdits constructeurs. Et donc, forcés de les refacturer en conséquence aux assureurs dans le cadre des sinistres assurés, aux consommateurs quand ils demandent une prestation hors assurance», déplore une FNAA en verve.

Le statu quo sur les pièces dites “captives” dure, en effet, depuis de nombreuses années et les acteurs de l’après-vente que sont les équipementiers, les distributeurs et les réparateurs espèrent bien voir celui-ci remis en question un jour. Même si les préconisations de l’Autorité de la concurrence (ADLC) en la matière n’ont pas été suivies d’effet depuis quatre ans.

SRA soutenait la même chose en juillet dernier !

Pourtant, la FNAA rappelle que les assureurs n’ignorent pas cet état de fait. L’organisme professionnel Sécurité et réparation automobiles (SRA), qui réunit en son sein l’ensemble des compagnies et mutuelles d’assurance, soulignait en juillet dernier combien le monopole des constructeurs sur les pièces de robe impactait sévèrement le coût de la réparation. Ceci en s’appuyant sur deux études de prix européennes relevant, pour la première, le tarif des pare-chocs et, pour la seconde, celui des capots. Résultat qu rappelle la FNAA ? Une différence de 20% entre le bouclier avant d’une Opel Corsa en Allemagne et la même pièce en France, et un delta de plus de 50% entre un pare-chocs de Renault Mégane III en Grande-Bretagne et le même produit vendu dans l’Hexagone. Un comparatif chaque fois défavorable à notre pays.

La hausse des tarifs des pièces en France s’est d’ailleurs totalement décorrélée de l’indice de l’augmentation des prix à la consommation. La statistique que relevait SRA en juillet, la FNAA la reprend, entre guillemets, dans son communiqué. Pour 146 modèles automobiles, «les pièces ont fortement augmenté entre 2005 et 2015 (+38,9%), alors que les prix à la consommation n’ont varié que de 13,3 %». Rien ne dit pourquoi les assureurs, en répondant à nos confrères des Echos, n’ont en rien soulevé cet énième particularisme français, qui nuit autant aux professionnels de la réparation qu’aux automobilistes eux-mêmes.

Si la FNAA entend, de son côté, rappeler sans cesse aux particuliers que les réparateurs sont de leur côté dans la défense de leur pouvoir d’achat, nul doute que l’omission des assureurs et l’article des Echos auront néanmoins connu plus… d’écho auprès du grand public.

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1 Commentaire concernant “Coûts carrosserie : la FNAA tacle les assureurs”

  1. Faut juste signaler que constructeurs français et assureurs ont des billes en commun, voire sont très proches…

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