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Le FAP sur les véhicules essence : c’est pour 2017 !

Parce que la pollution de l’air est au cœur de toutes les attentions médiatiques depuis quelques semaines, l’Union Européenne s’est penchée sur de nouvelles mesures pour régler le problème des émissions de particules fines émises par tous les véhicules équipés de moteurs à combustion interne, Diesel comme essence. Si l’UE ne mentionne pas le mot “filtre à particules”, la solution d’un FAP sur les modèles essence semble d’ores et déjà s’imposer. Et ouvrir, du même coup, de nouvelles perspectives au marché.

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Un modèle de Gazole particulate filter (GPF), type de filtre à particules dédié aux véhicules essence.

Un filtre à particules (FAP) sur les véhicules essence ? Oui, et c’est pour demain, si l’on s’en tient aux dernières mesures envisagées par l’Union Européenne (UE) suite à une réunion technique entre experts et représentants des Etats membres, le 20 décembre dernier, dédiée à la lutte contre les émissions automobiles de particules fines. Bien entendu, le scandale du «Dieselgate» n’est pas pour rien dans les mesures évoquées par la Commission européenne : en plus de suivre des tests d’émission en conditions réelles de conduite pour homologuer leurs véhicules, les constructeurs devront également spécifier sur le certificat d’homologation les émissions « réelles » produites avec ce nouveau train de mesures.

Dans un communiqué de presse, la Commission européenne rappelle que «les particules émises sont devenues de plus en plus petites et invisibles à l’œil [et que] ces particules petites mais toujours cancéreuses existent autant pour les véhicules Diesel ordinaires que pour les véhicules essence avec une technologie à injection directe». D’où l’idée d’un FAP, solution adoptée depuis plus de quinze ans pour les véhicules Diesel, mais dédiée aux moteurs essence, cette fois. L’UE «ne prescrit pas la technologie à utiliser par les constructeurs pour répondre aux (nouvelles) limitations [mais] en pratique tous les véhicules essence à injection directe devront introduire des filtres à particules», poursuit le communiqué.

Un nouveau marché s’ouvre

De fait, la nouvelle législation sera applicable en septembre 2017 pour tous les nouveaux modèles et un an plus tard pour tous les véhicules neufs. Ce qui veut dire que le FAP pour véhicules essence devrait devenir une réalité pour l’ensemble des constructeurs très rapidement. D’ailleurs, c’est déjà le cas pour bon nombre d’entre eux, à en croire Georges-Henry Descos, responsable marketing Tenneco pour la France et l’Afrique francophone. Tenneco, l’équipementier américain, est en effet fournisseur des constructeurs en première monte pour la chaîne de dépollution, grâce à sa marque Walker.

«Le FAP pour les véhicules essence se nomme GPF, soit  »Gasoline particulate filter », précise-t-il. Celui-ci commence à être installé par les constructeurs sur leurs nouveaux modèles et Tenneco en fournit déjà un grand nombre, notamment aux constructeurs français.» Logique, puisque PSA, dès la Peugeot 605, a été pionnier en la matière et les FAP en question lui étaient notamment fournis par Tenneco. Si les équipementiers fournisseurs de la première monte se félicitent évidemment d’une telle perspective, une autre s’ouvre également pour eux au périmètre de la rechange.

En après-vente pour 2020 ?

En effet, compte tenu des besoins d’entretien du FAP depuis le déploiement de cette technologie sur les véhicules Diesel, nul doute que les GPF des modèles essence auront eux aussi besoin d’une maintenance ciblée, voire d’être remplacés s’ils viennent à être trop colmatés. «Nous pouvons lancer le GPF en après-vente car nous maîtrisons la technologie, mais il faudra sans doute attendre deux à trois ans après que les premiers véhicules neufs aient été équipés pour pouvoir le distribuer en aftermarket», reconnaît Georges-Henry Descos. Compte tenu de la reprise du marché des véhicules essence au détriment des véhicules Diesel –le rééquilibrage du parc roulant est en cours et pourrait atteindre les 50/50 d’ici cinq ans– cela crée autant d’opportunités pour le marché.

«Le volume et la valeur du marché pourraient même dépasser celui du FAP, ose Georges-Henry Descos. Il est trop tôt pour parler du niveau de tarif des produits et de la prestation de remplacement, mais les prix devraient être plus élevés que ceux du FAP aujourd’hui.» D’autant plus que le FAP, avec l’échange standard ou l’apparition d’une offre neuve moins chère grâce à l’usage de cordiérite(espèce minérale du groupe des silicates), chez Tenneco notamment, les prix ont baissé d’environ 20% ces dernières années par rapport à l’offre en pièce d’origine. Ce qui ne sera naturellement pas le cas avant plusieurs années lorsque l’offre de GPF sera mise sur le marché.

«La solution de l’additivage sera sûrement proposée par les acteurs de la rechange, tout comme pour le FAP, souligne Georges-Henry Descos, ce que nous proposons également.» Si l’usage d’additifs freinera en partie le développement du marché du GPF, il sera sûrement prisé des propriétaires de véhicules essence urbains, soumis à un encrassement plus important suite aux faibles régimes et aux redémarrages réguliers de leurs véhicules durant leur usage quotidien. Mais Tenneco n’exclut pas au marché du GPF un développement digne de celui du catalyseur lors du lancement du produit. «Le catalyseur a connu une phase de croissance très forte et le GPF pourrait en connaître une similaire, même son tarif devrait être plus élevé que ne l’était celui du catalyseur.»

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