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FNAA : l’artisanat, garant de l’auto-mobilité

(R)évolutions technologiques, enjeux environnementaux, réparation-collision… la FNAA entend agir sur tous les fronts afin de préserver l’artisanat automobile. Et avec lui l’auto-mobilité des Français !

Lors de la conférence de presse donnée hier par la Fédération Nationale de l’Artisanat Automobile (FNAA), le thème central développé a été l’auto-mobilité. Une notion dont l’actualité a récemment donné un exemple concret, relayé la semaine dernière par la presse nationale : selon un sondage réalisé par Elabe auprès d’un échantillon de 1 003 personnes pour le compte du Laboratoire de la mobilité inclusive et paru le 15 janvier dernier, près d’un Français sur quatre (23% précisément) déclare avoir déjà refusé un travail ou une formation faute de moyen de transport pour s’y rendre.

Pour permettre un accès plein et entier des Français à l’auto-mobilité – aujourd’hui seul réel mode de transport quotidien en milieu rural et semi-rural, la FNAA prône donc la défense de l’artisanat automobile, composé d’entreprises de proximité à même de garantir l’auto-mobilité. Une profession qui doit tout autant faire face à une globalisation (et une «ubérisation») de l’économie en général qu’à des enjeux techniques et technologiques spécifiques au secteur d’activité. Des enjeux dont dépend leur survie ; mais ils ont des cartes en main, et la FNAA des leviers pour les faire valoir…

Big data : pour un cadre juridique maîtrisé

A commencer par le véhicule connecté, dont l’accès aux informations, nécessaire à son entretien, ne coule pas de source. La FNAA adopte en l’espèce la même position que la Feda à cet égard, insistant sur le fait que, pour garantir une libre concurrence entre les acteurs du marché, mais aussi préserver le libre choix de son réparateur par l’automobiliste, la Commission européenne devra nécessairement veiller à ce que les constructeurs délivrent la totalité des données des véhicules et ce, dans des formats exploitables pour les indépendants. C’est le combat de l’Association Européenne des Services de la Réparation Automobile, organisme créé en 1994 par la FNAA et qui campe à Bruxelles pour faire entendre la voix des MRA.

Sur un plan plus opérationnel et technique, le président de la FNAA a annoncé que Centarauto, le « satellite » de la FNAA délivrant aux professionnels toute une palette d’outils techniques (Data Pannes, Data Code, FNAA Carte Grise) et commerciaux (Top Ciblage), allait devenir une plateforme numérique par où transiteront les données véhicule et à partir de laquelle les indépendants pourront les exploiter…

Auto-mobilité et environnement

Autre dossier important auquel s’est attelée la FNAA, une auto-mobilité éco-responsable. Les développements technologiques adoptés en première monte ont été considérables ces dernières années, les constructeurs devant se plier aux normes européennes toujours plus strictes en matière d’émission, «l’aval de la filière a été laissé un peu de côté», estime Aliou Sow, secrétaire général de la FNAA. Mais il peut aujourd’hui reprendre la main, à l’heure où le renforcement du contrôle technique (analyse de 5 gaz au lieu de 4) devrait permettre, dès son entrée en application en janvier 2019, de donner une photographie autrement plus précise de l’état de santé du parc roulant en matière d’émissions polluantes.

Car rendre le parc roulant plus propre ne peut uniquement passer par des aides financières pour l’achat de VN, voire de VO plus récents, donc plus propres. Ce serait occulter un parc roulant de 42 millions de véhicules, ayant près de 9 ans d’âge moyen, qu’il faut entretenir. Et en la matière limiter l’impact des émissions polluantes passera par l’éco-entretien des véhicules. Un procédé aujourd’hui normé, porté par l’Association éco-entretien dont la FNAA est signataire, et qui doit permettre aux réparateurs de restituer le véhicule avec ses niveaux d’émissions originels.

En matière environnementale, la FNAA entend également militer auprès des pouvoirs publics afin de revoir la copie du décret instaurant l’obligation pour les professionnels d’informer leurs clients qu’ils peuvent désormais faire réparer leur véhicule avec des pièces issues de l’économie circulaire. En cause : un dispositif coercitif disproportionné, alors même que les professionnels n’ont pas attendu la loi sur la transition énergétique pour utiliser des pièces en échange standard voire des pièces d’occasion…

Carrosserie : le combat continue

Enfin, assurer l’auto-mobilité des Français concerne le secteur de la réparation-collision. A ce titre, Marie-Françoise Berrodier, nouvelle présidente de la branche Carrosserie à la FNAA, a souligné les difficultés persistantes rencontrées sur le terrain par les professionnels et ce, malgré les avancées -au moins sur le papier- que la profession a obtenues ces dernières années.

Tel est le cas en ce qui concerne le libre choix du réparateur, pourtant inscrit dans le marbre de la loi, et qui peine visiblement à émerger pleinement : «Les modalités d’information des assurés ne sont toujours pas systématiquement respectées sur le terrain», déplore-t-elle. Lorsqu’il n’est pas purement et simplement occulté, la présidente de la branche carrosserie prenant pour exemple des automobilistes orientés par les plateformes de gestion de sinistre lors des épisodes de grêle intervenus en 2016 !

Tel est le cas aussi quant aux clauses volumétriques, un point sur lequel la présidente de la branche carrosserie déplore une absence d’avancée avec les donneurs d’ordre. Et ce alors même que la CEPC avait rappelé, dans un avis rendu en février 2016, que les clauses volumétriques étaient indissociables des remises demandées par les assureurs… Gérard Polo a précisé que l’organisation professionnelle entend bien se rapprocher des pouvoirs publics afin de faire respecter le cadre légal.

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