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Témoignages – L’assureur appauvrit-il ou enrichit-il l’expert ?

Notre récent article sur l’Enquête Exclusive de M6 intitulée “Garagistes escrocs, experts véreux : le scandale des épaves roulantes” a fait réagir. Notamment les professionnels de l’expertise automobile qui, indépendants purs et durs ou travaillant pour les assureurs, se sont interpellés mutuellement sur les biais introduits par les assureurs dans la mission VGE des experts… Parole, donc, à “Un expert réellement indépendant” et à “Expert passionné”.

Une info venue de nos lecteurs-correspondants!Les agissements des experts impliqués [dans les scandales de VGE revendus illégalement comme VO] sont inqualifiables et font honte à notre belle profession.

Néanmoins, lorsqu’un enfant affamé vole une pomme sur le stand d’un marché, plutôt que lui couper la main ou le jeter en prison, il faut peut-être se demander pourquoi cet enfant est affamé au point d’avoir besoin de voler ? Pour se poser cette question, encore faut-il avoir été affamé au moins un jour dans sa vie. C’est derrière cette question que se cache le véritable problème à régler. Les assureurs ont la mainmise sur la profession d’expert en automobile de telle sorte qu’elle se dissocie en deux catégories, les experts d’assurances et les experts indépendants. Les seconds sont victimes du détournement de travail pratiqué par les assureurs, violant ainsi les droits les plus fondamentaux de tout citoyen français, le droit de travailler.

En théorie nous sommes tous censés être égaux face au travail, en théorie seulement. Une fois de plus notre beau système dirigé par la finance et nous privant de nos droits, de nos libertés, entraîne les dérives auxquelles certains sont obligés de succomber par nécessité. L’objet de ce commentaire n’est pas d’excuser ou de minimiser les actes de ces irresponsables, mais plutôt de rappeler que contrairement aux autres professions, chez nous les experts en automobile, grâce à toute la génération qui nous a précédés (un grand merci à eux au passage), seule une partie de la profession a le droit d’exercer. Une partie de la profession qui obéit sagement aux ordres de leurs donneurs d’ordres.

Lorsqu’on analyse la situation de notre profession, c’est à se demander si nous sommes bien dans une démocratie, dans un des pays les plus civilisés au monde, le pays des droits de l’homme… En apparence tout est beau tout va bien, mais derrière le rideau la réalité est tout simplement abjecte. Mais peu importe, le plus important est de satisfaire l’appétit insatiable des assureurs. Mais, chut, il ne faut surtout rien dire, il faut simplement justifier la situation par de beaux arguments, en prétextant par exemple que c’est dans l’intérêt des assurés. Eh oui ! C’est pour éviter une augmentation des primes d’assurances… Cet argument qui sonne tellement faux et qui ne berce plus personne d’illusions pour des raisons évidentes que je ne m’attarderai pas à expliquer…

L’assureur nous conditionne : faites ce que je dis mais surtout pas ce je fais et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes… Un monde où il sera bientôt interdit à un expert en automobile de s’exprimer librement, grâce au code de déontologie établi par certains pour préserver les intérêts des mêmes, toujours les mêmes… Après l’interdiction de travailler par le détournement de travail, bientôt la suppression de la liberté d’expression pour les experts en automobile…. Ne surtout rien dénoncer, rien contester, souvenez-vous, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ne parlez pas de libre choix de l’expert, même s’il est prévu par le droit constant, le droit n’a pas d’importance, seuls les intérêts des assureurs comptent.

Un expert réellement indépendant

Le discours de ce professionnel de l’expertise a eu tôt fait de faire réagir certains de ses confrères quant à l’influence supposée des compagnies d’assurance dans les dérives d’experts liés aux affaires de faux VO/vrais VGE. Parmi eux, “Expert passionné”…

Une info venue de nos lecteurs-correspondants!Bonjour,

Je trouve déplorable les commentaires des experts dits “plus indépendants que les autres” et comprends bien que, derrière cela, on veut bannir les experts qui interviennent régulièrement pour le compte d’assurances et se faire un peu de pub au passage. C’est minable et surtout idiot. Le sujet est plus grave que cela et mérite un débat d’un autre niveau. On pourrait parler par exemple de l’intervention quasi inexistante de la Commission nationale des experts en automobile (CNEA) qui laisse certaines pratiques connues perdurer.

Pour mémoire, chaque expert connaît dans son département ou sa région un confrère qui ne travaille pas pour les assurances et qui, sous couvert de vanter son indépendance, intervient pour contester des valeurs ou faire des suivis VGE/VEI des véhicules que nous avons mis en perte totale. Chacun sait aussi que ces quelques experts (ils sont effectivement très peu nombreux) sont plutôt assez souples avec l’application de la réglementation et autre déontologie lorsque qu’ils interviennent en suivi VEI/VGE.

Donc, oui, il y a quelques experts véreux mais faire l’amalgame en opposant les “experts d’assurance” et les “indépendants” est une connerie pure et simple.

Pour info aussi, ce sont les compagnies d’assurance, certes pas toujours vertueuses, qui ont pris en charge une grosse partie du coût des contrôles de la première salve de véhicules objet de la procédure 5 000 VO.

Donc évitons les débats stériles et trop simples et agissons plutôt à dénoncer les comportements des mauvais élèves (experts, réparateur, épavistes). Le plus gros du travail est à mon sens de simplifier davantage le recours à la commission nationale des experts pour qu’elle puisse agir et faire le tri (qui est je le répète lié à guère plus d’une vingtaine d’experts sur les quelque 3 000 à 3 500 que compte la profession).

Cordialement.

Expert passionné

Pour relire l’article qui a suscité ces commentaires et d’autres plus ou moins convergents, cliquez ici.

… et de toute évidence, le débat continue ! La publication de ces deux témoignages a suscité de nouvelles réactions que vous retrouvez ci-dessous…

Note de l'article
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7 Commentaires concernant “Témoignages – L’assureur appauvrit-il ou enrichit-il l’expert ?”

  1. Au fait, cher expert passionné,
    Je me permets de refaire un second et dernier commentaire suite à votre réaction…
    Si le travail des experts « assurance » était justement fait, les experts « indépendants » n’auraient pas besoin de contester les valeurs !
    Pour rappel, ce ne sont pas les experts qui contestent, mais les propriétaires floués qui sont obligés contractuellement (donc par l’assureur) de missionner l’expert de leur choix pour effectuer une expertise contradictoire…
    Ce travail de contestation n’a rien de honteux, comme vous le laissez entendre…
    Ce travail comme le suivi de VGE n’est pas plus honteux que de faire faire 10 à 12 000 expertises assurances par an à quatre ou cinq experts salariés…
    Par ailleurs, votre commentaire sur quelques experts peu regardants sur la procédure VGE m’a fait bondir après coup !
    Vous seriez au courant de pratiques répréhensibles et vous ne le dénoncez pas ???
    Alors là, je suis désolé, mais vous vous faites complices de ces pratiques en ne dénonçant pas les experts en cause et méritez la même sanction…
    Avant d’aller balayer devant la porte des autres, vous devriez faire le ménage « chez vous » si je peux me permettre…
    Comme le laisse apparaître les autres commentaires, je ne suis pas seul à penser certaines choses.
    Le lobbying des assureurs et de certains dirigeants syndicaux a bien fonctionné depuis de nombreuses années, mais attention, la coupe est pleine (pas pour moi…).
    Je suis indépendant, fier de l’être, je fais des VGE, des PJ d’assureurs et de particuliers, des garanties, des contestations de valeur, des valeurs d’anciennes,…, et même des arbitrages entre experts d’assurances (un comble) !
    Je milite pour le libre choix de l’assuré de prendre l’expert de son choix, mais pas pour moi car je ne veux surtout pas refaire de collision. Mais je pense juste que c’est la seule solution pour tous les experts (d’assurances) de retrouver une vraie indépendance…

  2. Chers lecteurs professionnels indépendants,

    J’ai lu ci dessus : « Il est bien beau votre discours de sanction, de faire le tri… mais je vous rappelle que ladite commission avait été suspendue il y a de nombreuses années suite à des décisions prises et toutes cassées en justice ! »

    Faites le point sur la composition de cette commission, composée de représentants d’assurance, et d’experts salariés par une SARL composée d’assureurs…! Si l’indépendance vis à vis des assureurs n’est déjà pas respectée dans cette commission, elle est contraire à la loi.

    Un expert indépendant qui ne vit pas de suivi VE

  3. C’est tout à fait cela Monsieur Patrick et Monsieur Jeanmi!
    Vous connaissez apparemment bien le problème … qui ne concerne d’ailleurs pas que la profession des experts en auto …
    Quant aux actions collectives, nous voyons bien le résultat, et ce depuis des décennies … cela ne va que dans le sens des intérêts financiers des assureurs et de certains patrons de cabinets d’expertise via des experts conseils de compagnies d’assurances acoquinés … C’est « drôle » si je puis dire, mais cette situation dans l’expertise est comparable à la politique intérieure d’un pays que je connais … le pouvoir de/et par l’argent … les limites ou non du « Capitalisme » …
    Quant à la connaissance de l’autre, cela va sans dire … mais pour de rares individus hélas qui l’on compris et tentent de l’appliquer souvent en vain … Comme dit l’adage « Les bons s’en vont et les mauvais restent » …
    L’essentiel serait de faire appliquer précisément les textes du Code de la Route, complets, qui régissent notre « belle » profession … C’est encore et malheureusement un parcours du combattant … mais quel que part c’est bel et bien voulu …
    Alors, comme dit Monsieur Jeanmi, laissons le choix au propriétaire du véhicule de missionner l’expert en auto de son choix (même non lié par un partenariat commercial) … afin que le principe fondamental du contradictoire soit réellement respecté …
    Sans jeter de l’huile sur le feu, je prônerais bien volontiers l’idée de « fonctionnariser » (ou « assimilé fonctionnaire » avec des barèmes de salaires « classiques » …) cette si « belle » profession qui se meurt …
    Le débat est ouvert, Qu’en pensez vous ? par les temps qui courent de réductions budgétaires …
    Phil Exp Ind.

  4. Manquerait-t-il une troisième voix (ou voie, d’ailleurs) ?
    En qualité d’observateur du marché et acteur auprès des professionnels de la réparation automobile, je me vois obligé de confirmer les propos des deux experts !
    Oui, le jeu n’est pas égal entre tous les experts et cette profession est entrée dans un marché concurrentiel en lien avec les apporteurs d’affaires alors que génétiquement elle en était exclue et la transformation sera longue et douloureuse pour certains
    Oui, le vol et l’escroquerie doivent être punis. Ces professions n’ont rien à gagner aux yeux du conducteur d’une telle publicité.
    Quelle serait donc cette troisième voie ?
    De manière pragmatique, et vous excuserez les raccourcis liés au format de la réponse, il me semble que pour ces deux opérateurs (réparateur et expert), la pression économique les a fait dériver tous deux de leur mission initiale. Le facteur déclenchant a probablement été la signature de contrats avec des apporteurs d’affaires, très aguerris dans les aspects juridico-commerciaux (prix et volume, par exemple) et la naïveté naturelle des dirigeants de TPE (ne vous inquiétez pas, j’en fais partie !), flattés de collaborer avec de prestigieuses marques et de disposer d’un chiffre d’affaires qui alimente leurs entreprises. Je ne crois pas que la calculette « gestion » (CA avec marge faible, point mort, …) ait fonctionné à ce moment important, et la chose faite a provoqué ce qui est aujourd’hui dénoncé, des deux côtés : une forme de dépendance économique.
    Ce constat fait, il en est un autre qui me paraît important à formaliser : le climat délétère que cette situation a provoqué sur le terrain. Je ne m’étendrai pas sur les faits que tous connaissent dans la relation expert – réparateur et qui peuvent se résumer à une vision purement économique de la réparation, laissant de côté, parfois, les aspects techniques du contexte de la réparation.
    Que faire alors ?
    Il existe, certes, des actions collectives qui tendent à produire des accords et des chartes, qui, toutes, montrent de l’intelligence et du consensus mais qui restent peu appliqués sur le terrain. Il s’agira, alors, d’avoir une démarche individuelle, basée sur le respect des droits et obligations de chacune des parties (faut-il encore en être informé !), quitter une position plaignante pour une position active c’est-à-dire basée sur des faits, des chiffres, des arguments techniques et, peut-être malheureusement, prendre toutes décisions sur un partenariat qui ne serait pas gagnant-gagnant comme se doit de la faire tout chef d’entreprise.
    Est-ce une vision utopique ? Le terrain nous démontre que les réparateurs qui réussissent ont des indicateurs de performance de très bon niveau et ont su établir des relations avec les experts basées sur le respect du professionnalisme de chacun, même si pour arriver à ce niveau, quelques frottements ont été nécessaires.
    Je prône l’idée que mieux connaître les contraintes de l’autre permet de mieux connaître l’autre, de ne pas s’attaquer à la personne ni à la fonction et de trouver des solutions acceptables par les deux parties sont les clés de la réussite.
    Pas facile mais cela se saurait si la vie était un long fleuve tranquille…

  5. Ces experts sont corrompus par un grand flux de missions d’assureurs qui ne veulent pas perdre ! Leurs discours et rapports d’expertise non plus de valeurs ! Ils sont piqués à la mission d’assureurs ! Une drogue dont ils sont dépendants au point d’oublier que leur profession est réglementée par des textes du code de la route dont le R326-1 du Code de la route. Attention cette drogue les rend menteurs, amnésiques, manipulateurs et j’en passe !!!!!

  6. Un grand bravo au témoignage « un expert réellement indépendant » et stop a la corruption des experts d’assurances qui interviennent sans mandat du propriétaire de véhicule (R326-1 du code de la route) et seulement avec une mission d’assureur en main. Pourquoi ne pas envoyer des courriers en masse au procureur de la république pour dénoncer ces experts qui expertises des véhicules en toute illégalité avec la complicité des assureurs !!!!

  7. Cher Expert passionné,
    Voilà bien le discours déjà entendu et qui ne trompe plus personne…; j’ai déjà dit et je redis que ce scandale des épaves roulantes est une honte pour la profession en général, et encore plus pour ses acteurs qui méritent une sanction exemplaire (outre l’interdiction d’exercer déjà obtenu sans l’intervention de la commission qui devra radié à vie).
    Il est bien beau votre discours de sanction, de faire le tri… mais je vous rappelle que ladite commission avait été suspendue il y a de nombreuses années suite à des décisions prises et toutes cassées en justice !
    Donc, si cette commission est réactivée pour régler des comptes entre les experts « assureurs » et les « indépendants », les mêmes causes conduiront aux même effets, à savoir des décisions de justice qui iront à l’encontre de la Loi !
    Il ne servira à rien de se réfugier derrière la décision de sanction prise par le ministre (nouveauté trouvée pour essayer de se dédouaner…), si cette décision est prise sur de mauvais critères, en infraction de la Loi, la sanction sera contestée et cassée en justice.
    Non, tous les experts indépendants ne sont pas pourris ; je suis l’un d’entre eux et ce sont mêmes des confrères « assurance » qui me transfèrent des suivis à faire !
    Je ne suis pas plus souple qu’un autre dans la procédure, je l’applique strictement mais dans de biens meilleures conditions puisque les réparateurs n’ont pas la pression du coût !
    Arrêtez de dire que les experts « assurance » n’ont pas de pression des assureurs, j’en ai été et j’ai justement arrêté l’expertise collision à cause de cela… j’ai même conservé mes stats de l’époque pour prouver cet état de fait !
    Il est quand même très étonnant d’entendre ou de lire ce double discours… Sur le terrain, tous les experts se plaignent des assureurs (surtout les patrons de cabinet), mais en façade, le ton est tout autre.
    Le moral des experts de terrain est au plus bas, l’ANEA s’en était d’ailleurs inquiétée il y a quelques temps, mais est-ce que les choses changent ? Que nenni…
    Les démissions d’experts se multiplient, le recrutement est au plus mal car la profession n’attire plus et la sinistralité continue de baisser.
    Alors, allez-y, continuez de vous mettre la tête dans le sable sans vouloir régler les problèmes de fond.
    Ce n’est pas en sanctionnant quelques brebis égarées que le manque de travail de certains va être réglé car le vrai problème est bien là ; traiter les conséquences sans régler la cause ne changera rien…
    Il n’y a qu’une seule solution pour vraiment régler ce problème, c’est de donner du travail à tous via le libre choix de l’expert par l’assuré !
    Là, chaque expert pourra faire valoir ses compétences, cela ne changera rien à sa façon de travailler, sauf qu’il n’aura plus la pression du coût et donnera le juste temps pour réparer au lieu de mettre en épave en surchargeant les chiffrages…
    Je suis même certain que les assureurs y gagneront en terme financier !
    A bon entendeur !

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