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Témoignage – Procédure VE : le plaidoyer pro-réparateur d’un expert

En parallèle de nos différents articles sur le scandale des 5 014 faux VO/vrais VGE et à l’annonce de nouvelles affaires, le débat s’est intensifié quant à l’importance réelle accordée à la sécurité routière dans la procédure VE actuelle. Expert en automobile, “Brunel” s’inquiète de la responsabilité du réparateur auquel ladite procédure fait porter de lourdes responsabilités sans qu’il ait toujours les moyens techniques et réglementaires de les assumer.

Ce qui arrive était inscrit dans les gènes de la Loi et ne surprend que ses auteurs ou, hypocritement, ses inspirateurs. On a voulu créer une police technique privée de la route. Or ceci était INCOMPATIBLE avec la situation des Experts pas toujours indépendants. On a tenté de greffer sur un contrat de droit privé (celui qui lie l’expert à l’assureur qui règle les honoraires, y compris généralement ceux du VE), une mission de service public. INCOMPATIBLE ! Trop d’intérêts viennent perturber le comportement de l’Expert aussi honnête soit-il, mais économiquement dépendant, pour persister à croire qu’il conserve son libre arbitre.

Pourtant, il sera bien difficile de faire bouger les lignes car trop d’intérêts sont en jeu. Ceux que je viens de décrire, ceux de la représentation syndicale de l’expertise qui a obtenu des Pouvoirs publics qu’ils contraignent les Experts VE à suivre une formation annuelle, qu’elle a tenté de capter à son seul profit. Mais cette formation n’apporte rien à la profession en termes de sécurité routière. Ce n’est un secret pour personne: elle est coûteuse et inutile ! Par contre, tout le monde ignore ou feint d’ignorer la triste réalité de la réparation-collision. Celle du sous-équipement des réparateurs chargés de réaliser une réparation dans les règles de l’art.

Personne ne se préoccupe de savoir si ceux-ci sont dotés du minimum d’outillage nécessaire (exemple : matériel de soudage, pince à riveter-coller, station de géométrie de trains roulants, etc.) et personne ne s’inquiète de savoir si le personnel d’exécution est qualifié ! Même l’Expert l’ignore trop souvent. Pourtant, il donne quitus technique VE à des réparateurs qui ne disposent ni de l’un ni de l’autre, parce qu’aucun recensement n’est fait par personne à ce sujet, ou quand il est fait, personne n’impose ni n’exige rien de personne. Et pourtant le Réparateur est toujours, in fine, celui qui est civilement responsable de la qualité de la prestation. On a voulu faire de lui le subordonné technique de l’Expert. Il y a donc bien dans cette procédure VE un DOUBLE NON-SENS JURIDIQUE !

Quel AVENIR peut-on envisager pour la SÉCURITÉ ROUTIÈRE ? Il mériterait une révision totale après le mois de mai, à partir des éléments de réflexion suivants : quel est l’acteur PRINCIPAL de la RÉPARATION-COLLISION ? A priori, celui dont on ne pourra pas se passer et dont la RESPONSABILITÉ est TOUJOURS RECHERCHÉE : le RÉPARATEUR !

Demain donc, les POUVOIRS PUBLICS TOUJOURS SOUCIEUX de SÉCURITÉ devront vraiment S’INTÉRESSER À l’EQUIPEMENT MINIMUM EXIGIBLE du RÉPARATEUR ainsi qu’à sa FORMATION et LUI DÉLIVRER un AGRÉMENT SPÉCIFIQUE. C’est le MINIMUM REQUIS pour une sécurité routière PLEINEMENT ASSUMÉE. Les coiffeurs ont exigé des professionnels qui s’établissent qu’ils aient un BREVET PROFESSIONNEL. La SÉCURITÉ ROUTIÈRE mérite bien que les professionnels qui RÉPARENT NOS VÉHICULES dans lesquels nous nous promenons AVEC NOS ENFANTS imposent un MINIMUM DE FORMATION et d’OUTILLAGE dûment VÉRIFIÉS et CERTIFIÉS par UN AGRÉMENT délivré par les POUVOIRS PUBLICS qui pourraient éventuellement accorder des délégations de pouvoir.

Cette réflexion n’est pas une condamnation des experts, ès-qualité qui, depuis que la profession existe, ont surtout assuré une veille économique. Tout le monde sait qu’ils sont, du fait de ce rôle économique, soumis à d’importantes pressions. L’échec du VE est donc avant tout celui d’un système voulu par quelques-uns qui souhaitaient imposer aux autres de nouvelles règles en les parant des vertus de la sécurité routière. Ce système a été accepté par d’autres, certainement mal informés. Il a conduit aux abus et dérives constatés. A mon grand regret.

Un expert soucieux de sécurité routière mais également conscient de la situation précaire de l’expert en général.

BRUNEL

Sur le même sujet du réparateur, voir aussi le commentaire de “Ed”

Pour relire l’article qui a suscité ces commentaires et d’autres plus ou moins convergents, cliquez ici.

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2 Commentaires concernant “Témoignage – Procédure VE : le plaidoyer pro-réparateur d’un expert”

  1. Cher expert libre et indépendant,
    Il est facile de jeter le discrédit sur tous les experts dit « indépendants » sans connaître leurs situations au quotidien…
    Désolé de vous contredire, mais non, les experts indépendants n’ont pas faits preuve de malveillance dans l’exercice des mandats confiés quand ils travaillaient encore pour les assureurs…
    Pour la majorité, ils ont choisis d’arrêter d’être contraints en permanence par la pression des assureurs avec les statistiques sur tout et n’importe quoi, les menaces de rupture de contrat,…, le ras le bol complet !
    j’en veux pour preuve les discutions que j’ai régulièrement avec des patrons de cabinet, tous sont pressés de voir venir la retraite pour pouvoir enfin arrêter l’expertise !
    Je doute encore plus fortement que les experts « d’assurance » travaillent à perte et si c’était vrai, je pense donc qu’il y aurait encore plus d’experts indépendants…
    Ceux qui ont été impliqués dans ces différents scandales ne méritent aucune pitié; ce n’est pas une suspension qu’il faut, c’est une interdiction à vie !
    Outre le fait d’écarter pour de bon les brebis galeuses, cela aura le mérite de faire des exemples pour toute la profession car même dans l’expertise assurance, il y a des comportements déviants, dans d’autres domaines…
    – Que dire de l’expert qui transforment des dizaines de rapports de véhicules neufs immergés classés par ses soins (logiquement) techniquement non réparable en techniquement réparable suite à l’appel de l’expert conseil de l’assureur ?
    – Que dire d’un expert qui modifie les annonces d’un véhicule VEI pour tenter de justifier sa valeur (faux et usage de faux) ?
    – Que dire d’un expert conseil d’une grosse mutuelle qui rachète les uns après les autres les cabinets travaillant pour son employeur après les avoir mis à genou ?
    Les exemples ne manquent pas alors que chacun fasse le ménage devant chez lui…
    la seule solution pour tous les experts est de revendiquer pour les assurés le libre choix de choisir son expert !
    Là, on pourra vraiment dire que tous les experts sont vraiment indépendants, missionnés par le propriétaire et rémunérés par l’assureur…
    Plus de pression, une liberté totale de faire son métier correctement,…, Que des avantages, mais peut-être pas pour les instances dirigeantes représentants la profession trop dépendantes économiquement des assureurs, forcément…

  2. un expert libre et fier de sa profession / 22 avril 2017 á 14 h 05 min / Répondre

    Je suis surpris de lire tous les échanges vertueux de ces experts qui se disent indépendants, loin des fourches caudines des assureurs, et tout au service des particuliers dans la défense de leurs intérêts..!
    Si nous faisions un récapitulatif des « affaires » qui clouent au pilori les experts à la solde des assureurs, nous pourrions facilement constater que les experts impliqués dans ces escroqueries, sont pour la plupart, voire tous, des experts qui se disent indépendants, aucun n’a de partenariat avec les divers assureurs du marché et la plupart ne travaillent que dans le cadre de missionnements directs de réparateurs indélicats.
    Tous ces experts ont été un jour ou l’autre des experts d’assureurs qui se sont vu évincés, non pas parce qu’ils se sont opposés au système qu’ils font semblant de dénoncer, mais tout simplement pour avoir fait preuve de malveillance dans l’exercice des mandats confiés.
    Je pense que notre métier est le reflet de la société, nous le voyons actuellement au plus haut sommet de l’Etat!
    Pour ceux qui estiment que les experts du BCA et de l’ANEA se partagent un gâteau, ils feraient bien de se pencher sur le bilan comptable du travail effectué, le ratio temps passé/honoraires étant largement négatif pour les experts. Ceux-ci tentent simplement de répondre à la demande sécuritaire du ministère, qui a sans doute préféré travailler avec des experts « véreux » à la solde des assureurs en lieu et place des experts indépendants bien souvent à l’initiative de ce désastre et qui salissent une profession où devraient cohabiter les experts de toutes mouvances.

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