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Equip Auto 2017: changement réussi d’air, d’ère… et d’aire !

Equip Auto a réussi sa mue. Nouvel endroit, nouveaux halls, nouvelle approche et au final, nouvel état d’esprit : le succès était au rendez-vous. 95 000 visiteurs au moins ont retrouvé le goût de la fête, de la découverte et du partage. Equip Auto est redevenu LE rendez-vous de l’après-vente d’aujourd’hui et de demain. Et c’est heureux : son avenir est indubitablement lié à celui de tous les acteurs du marché…

Le hall 1 a été particulièrement animé et assidûment fréquenté du fait de la mixité de ses exposants.

Le hall 1 a été particulièrement animé et assidûment fréquenté du fait de la mixité de ses exposants et de l’effort des équipementiers pour se réapproprier les réparateurs…

Quel plaisir ! Et quel soulagement aussi ! Revoilà l’Equip Auto que nous aimons : facteur de rencontres et de business, gourmand d’innovations, festif en diable et facile d’accès comme jamais. Désirable à nouveau et même chanceux, lui si souvent victime d’événements exogènes. Les classiques grèves de rentrée sociale, pourtant annoncées avant l’été comme apocalyptiques, l’ont cette fois épargné. Aucune menace pandémique façon grippe A n’est venue semer la terreur dans son visitorat. Pas de crise financière pour plomber ses surfaces exposantes. Mieux : il a pu surfer sur un climat économique à la reprise et sur une météo lui servant le plus clément des étés indiens. Même le début des vacances de la Toussaint ne l’a apparemment pas pénalisé.

Oui, le Karma d’Equip Auto a changé. Mais on peut lui reconnaître bien volontiers : s’il a eu de la chance, c’est peut-être aussi celle qu’il a su mériter.

La croisée des chemins

Pour mieux le féliciter, mesurons le fantastique chemin parcouru. Souvenons-nous où l’avait laissé l’édition 2015. L’allégorie empruntée au sport mécanique s’y prête à merveille : il partait du fond des stands. Dans nos colonnes, nous l’avions décrit à la croisée des chemins : il devait faire renaître l’envie ou descendre aux enfers. Forts des (re)sentiments glanés d’exposant en exposant il y a deux ans, nous lancions alors un plaidoyer pour un nouvel Equip Auto. Nous espérions que les organisateurs du Salon avaient comme nous ressenti l’insupportable choc thermique qui brisait le salon en deux. Nous les enjoignions à faire tomber cette absurde et mortifère frontière entre les trop froids équipementiers 1ère monte “d’en haut” (hall 6) et les vibrionnants équipementiers de garage “d’en bas” (hall 5).

Il fallait donc urgemment convaincre tous ces stands trop claquemurés, trop sentencieux, trop “théoriques”, de s’ouvrir enfin aux démonstrations, à la convivialité, à l’empathie. De remiser autant que possible leurs costumes guindés et leurs mines renfrognées pour se retrousser les manches et repartir à la conquête des réparateurs. Car ils étaient pourtant bel et bien là, ces réparateurs tant souhaités. Mais ils n’avaient plus guère envie de fréquenter ces équipementiers qui, trop souvent, les repoussaient de tous les pores de leurs stands trop policés.

L’essentielle refondation d’Equip Auto

Pour autre solution, nous proposions aussi de “mélanger” les genres plutôt que de compartimenter les exposants par activité, par hall et par zone. Tous réunis, ils pourraient ainsi mutualiser leurs pouvoirs d’attraction et leurs visiteurs, du plus galactique des dirigeants internationaux au plus petit garagiste de terroir. Au risque sinon de voir Equip Auto continuer de s’asphyxier, lentement mais sûrement. En s’acharnant, édition après édition, à se rêver sectorisé comme plus gros que lui, il se privait surtout des atouts que sa dimension humaine lui offrait pourtant sur un plateau…

A l’heure où, du plus mondial des constructeurs jusqu’au plus rural des MRA Cantalous, la digitalisation raccourcit les distances entre tous les acteurs de l’après-vente, il fallait effectivement prendre le risque de rebattre les cartes. Il fallait surtout décider d’avoir envie de redonner envie. Les deux actionnaires du salon l’ont heureusement compris. Jacques Mauge et Patrick Cholton, respectivement présidents de la Fiev et de la FFC, s’y sont donc mis avec la complicité active de Philippe Baudin, président de la commission aftermarket de la Fiev et la ferme volonté de Mario Fiems et de son équipe organisatrice Comexposium.

Ce nécessaire changement, les promoteurs du Salon l’ont même entrepris au-delà de nos espérances : nous suggérions à Equip Auto de renouveler l’air ; Equip Auto a même décidé de changer d’ère et même… d’aire ! Le salon a su effectivement oser quitter Villepinte l’excentrée, Villepinte la maudite qui traînait ses halls vides (3 sur 6) comme autant de fantômes suintant les rancœurs d’un défunt passé. Même les fidèles, exposants comme visiteurs, semblaient y venir en pénitence chaque fois un peu plus, quand les absents se félicitaient de plus en plus ouvertement d’avoir pu y échapper.

La réussite du « pari de Paris »

Quel culot quand même de s’en aller tenter, Porte de Versailles, le “pari de Paris”. Une ville parmi les plus autophobes de la planète, notaient plusieurs de nos lecteurs dubitatifs quand la relocalisation était annoncée en juin 2016. Mais une ville prestigieuse, attractive, aux antipodes de l’anathème “villepintien”. Et le pari a payé. Le catalyseur d’un nouveau lieu a permis d’endiguer l’hémorragie des absences. Et même, d’inverser la tendance. Revoilà Valeo, Revoilà Bosch, revoilà Delphi, revoilà Man Filter, revoilà Tenneco, revoilà SKF, revoilà Würth, revoilà Alliance/Groupauto, revoilà PPG ; bienvenue à PSA Aftermarket, à Faurecia, à Nexus Automotive et à tous les autres, arrivants ou revenus.

Nouvel endroit, nouveaux halls, nouvelle approche et au final, nouvel état d’esprit : la promesse d’un nouvel Equip Auto a été tenue. Ressuscitée enfin, la fierté de participer à Equip Auto. Au terme de 5 jours bouillonnants, après avoir enfin ré-entendu monter la sourde rumeur que seule une foule suffisamment compacte, bavarde et festive peut exhaler, nous sommes heureux de l’avoir constaté : cette fois, Equip Auto est bel et bien sauvé. Il s’est forgé un nouvel avenir. Après un premier jour honnêtement fréquenté et 3 journées sans désemplir, il a même su s’offrir le bouquet final d’un samedi raisonnablement peuplé, ultime symptôme du retour en grâce attendu !

Montées sur scène…

Dès le 17 octobre au petit matin, la porte du hall 1 à peine poussée, nous avions déjà compris qu’Equip Auto s’était remis dans le sens de la piste. Ce hall −l’équivalent du si controversé et déserté hall 6 d’il y a deux ans− était dense, clair et surtout, accueillant. Le reste en a naturellement découlé : la relocalisation au cœur de la capitale a évidemment eu la vertu de faciliter l’accueil des visiteurs, de surfer sur l’attractivité de la capitale et de relancer la curiosité pour ce nouvel Equip Auto. La ville lumière a su rallumer les lampions de la fête. Les stands aux clients internationaux ont directement bénéficié de l’effet Paris : leurs visiteurs lointains sont plus souvent venus en famille, prolongeant leur présence d’un week-end parisien.

Même logique d’attractivité pour des distributeurs français et leurs clients réparateurs. Alliance choisissait la Piscine Molitor pour présenter sa stratégie pièces de réemploi. Le samedi 21 octobre, Autodistribution Talbot affrétait 11 bus pour amener à lui seul 600 réparateurs et 40 collaborateurs. Un petit déjeuner à Réau (la nouvelle plateforme logistique du groupement), une journée sur le Salon et les 640 invités clôturaient leur virée parisienne au Moulin Rouge.

Après tout un samedi sur Equip Auto, les 640 invités d'Autodistribution Talbot passaient une soirée festive au Moulin Rouge.

Après tout un samedi sur Equip Auto, les 640 invités d’Autodistribution Talbot passaient une soirée festive au Moulin Rouge.

…et mises en Seine

Les bateaux-mouches doivent aussi se féliciter du retour parisien d’Equip Auto : les rejoindre depuis Villepinte était une véritable galère ; retrouver la Seine depuis la porte de Versailles redevenait plaisir.

La FNAA, devenue FNA, fêtait ainsi sa profonde réforme officialisée et bien accueillie sur Equip Auto en réunissant 100 élus et partenaires pour un dîner-croisière. Un juste réconfort après deux années d’efforts.

Dans une autre balade nocturne, Automotor France poussait sur Seine son projet Amerigo International avec 60 de ses distributeurs venus de 4 continents.

Automotor France lançait son projet Amerigo International en croisière sur la Seine avec 60 distributeurs venus de 4 continents.

L’équipementier Mecafilter aussi montait sur Seine. Les principaux actionnaires du groupe se retrouvaient sur le bien nommé bateau-mouche « Le Paris », aux côtés de quelque 130 clients internationaux.

Trois générations d’actionnaires du groupe Misfat (Mecafilter) réunies lors de l’événement organisé avec 130 clients internationaux.

Pour Equip Auto comme pour ses exposants, Paris sera toujours Paris…

Des stands enfin ré-ouverts aux réparateurs

Et surtout, répétons-le car c’était là l’essentiel d’un nécessaire renouveau : les stands équipementiers ont massivement joué le jeu de l’ouverture et de la convivialité, entrant enfin en résonance avec les plus classiques opérations des distributeurs tel Alliance et son concours de montage de balais d’essuie-glace ou Autodistribution et ses 2 000 cadeaux distribués via son parcours Client conduisant sur 15 stands de partenaires.

Témoin NTN-SNR, qui déployait pour la première fois un corner de démonstrations techniques. Témoin Valeo, qui revenait cette fois avec son camion de démonstration (et un concours de montage d’essuie-glace itou), tellement plus attrayant que son stand Corporate d’antan. Témoin bien sûr Schaeffler, son amphithéâtre de formations et ses démonstrations ludiques qui ont encore reçu quelque 3 000 réparateurs.

Encore bravo à Hella, lui aussi orienté comme à son habitude vers la découverte pratique des outils et des pièces ; à Federal-Mogul, qui  organisait un concours de dextérité en freinage ; à Delphi, qui accueillait Nicolas Prost et faisait fonctionner un banc d’injection Diesel ; à Sogefi/Purflux, ses vidéos de montage de filtres et son appli à destination des pros. Sans oublier les multiples ateliers techniques déployés par SKF, Bilstein, Corteco…

Mixité des exposants

Et pardon à tous les autres que nous oublions et qui ont multiplié démos, promos, animations. Les stands ont été nombreux à avoir su remettre ainsi leurs innovations en partage avec carrossiers, réparateurs et distributeurs qui s’y sentaient à nouveau chez eux. Ils ont tous su faire revenir et s’arrêter ces « garagistes » qui, il y a deux ans, les boudaient pour se concentrer sur le hall 5 des équipements de garages.

Rendons aussi hommage à l’intelligente mixité du hall 1, ouvert sans exclusive aux distributeurs, aux équipementiers et aux fournisseurs d’outillage. La stratégie a eu l’effet escompté. Les stands de réseaux y ont d’ailleurs fait leur boulot en y drainant des réparateurs : Bosch Car Service et ses conventions quotidiennes ; Autodistribution, son réseau AD, ses multiples ateliers et ses conférences ; Alliance automotive Group (autre grand revenant) et ses enseignes ; Euro Repar Car Service et ses 900 adhérents visiteurs, etc., etc.

Les animations ont fait le job

Opération réussie pour Nexus Auto.

Positionnée à l’entrée du même hall 1, Nexus Automotive Group a ainsi pu réussir son jeu-concours pour MRA et se constituer un vivier de presque 600 réparateurs-prospects pour son enseigne de réparation Nexus Auto.

Les animations ont effectivement fait le job, même quand Facom envahissait les stands voisins avec ses cycliques riffs de guitares saturées. L’attractivité du hall 1 était telle que −paradoxe des paradoxes !− les exposants des halls 2 et surtout 3 de 2017 (le très fréquenté hall 5 des équipements de garages en 2015) ont craint un moment d’en être les victimes collatérales !

Mais là aussi, les visiteurs sont venus en nombre. Les meilleures preuves ? Positionné au cœur du hall 3, Fog a réalisé en 2017 … +125% de CA en équipements de garage par rapport au salon 2015 !

En face, la FNA qui organisait avec 15 partenaires son opération « Gagnez un Garage » (5 tirages au sort quotidiens dont le gros lots de plus de 48 000 €) a recueilli quelque 800 bulletins de participation !

Transformer l’essai

L’heure reste bien sûr à la satisfaction prudente et humble. Dans son débrief de fin de salon (voir vidéo ci-dessous), Jacques Mauge était certes légitimement ravi des excellents retours qu’il a captés de stands en stands. «Les exposants souhaitaient revenir à Paris, on l’a fait ; ils ont joué le jeu en augmentant la qualité de leurs stands», se félicitait-il.

Mais il le sait mieux que personne et le reconnaît volontiers, lui qui, nouveau président de la Fiev fraichement élu, avait arpenter l’édition 2015 pour s’appliquer à susciter, écouter -et visiblement entendre- les doléances, les déceptions et les conseils. Equip Auto 2017 a réussi les premiers pas d’un renouveau, avec «des stands ouverts, portés sur l’argumentaire technique, sur la présentation des produits», complétait Philippe Baudin. Le salon s’est joliment et clairement repositionné. Mais la confirmation du nouveau souffle sera pour 2019.

Les absents ont eu tort

Bien sûr, le diable s’est invité dans quelques détails, même si c’est le lot de tout salon. Un fléchage insuffisamment clair des halls comme des conférences, d’autant que tout le monde découvrait de nouveaux lieux ; pour ceux qui arpentent le Mondial au même endroit les années paires, l’impossibilité de pouvoir passer du hall 1 aux autres halls par l’extérieur, malgré le propice été indien alors que les halls ne sont plus climatisés (mais il fallait bien faire traverser les 3 halls) ; un espace «Tutos» excentré ; les mal placés au fond du hall 3 (mais il y en aura toujours) ; ou ceux qui s’estiment maltraités pour ne pas avoir eu l’emplacement désiré et/ou qui ont dû migrer plusieurs fois au gré des grands revenants qui dictaient leurs exigences au nom de leur importance symbolique…

Mais il y avait aussi les petites choses qui font la réussite. S’il n’y a peut-être pas eu beaucoup plus de visites qu’en 2015 (au moins 95 000 aux premiers comptages de Mario Fiems, doublés de belles tendances internationales), elles ont de toute évidence été vécues différemment, quantitativement comme qualitativement. Grâce à des allées moins larges, bordées de stands plus ouverts et plus attractifs, la mayonnaise a pris. A Paris, on regardait et s’arrêtait là où, à Villepinte, on traversait vite…

Voilà pourquoi, cette année, peu d’exposants pourront dire qu’Equip Auto les a ratés. Quant à ceux qui auront raté leur Equip Auto, ils devront d’abord en chercher la raison chez eux.

Pour la première fois depuis longtemps, les absents, exposants comme visiteurs, ont eu indiscutablement tort de ne pas venir Porte de Versailles…

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