Inscription à la news letter
Notre magazine

Rechapage : l’engagement pour la Croissance Verte va plus loin

Signé début 2017, l’Engagement pour la Croissance Verte des pneumatiques rechapables a eu droit à son premier bilan, le 21 mars dernier au CCFA. L’occasion pour les organisations professionnelles du pneu (SNCP et SPP) et les Pouvoirs publics de dresser le bilan de l’année écoulée et surtout annoncer quelques initiatives sur lesquelles l’ensemble des acteurs de la filière pneu entendent mettre l’accent.

Régis Audugé (à dr.), directeur général du SPP, et Bruno Muret (à g.), directeur économie et communication du SNCP, ont assuré la présentation de la célébration du 1er anniversaire de l'Engagement pour la Croissance Verte du rechapage.

Régis Audugé (à dr.), directeur général du SPP, et Bruno Muret (à g.), directeur économie et communication du SNCP, ont assuré la présentation de la célébration du 1er anniversaire de l’Engagement pour la Croissance Verte du rechapage.

On le sait, la filière pneumatique est malade du rechapage depuis plusieurs années. Depuis 2012, au moins. En effet, entre cette année-là et 2017, qui vient de s’achever, Europol et le Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNCP) ont enregistré un recul du taux de pénétration du pneu rechapé sur le marché VI/Agri/Indus : il est passé, en effet, de 48% en 2012 à 39% en 2017. Autrement dit, alors que près d’un pneu sur deux était rechapé il y a cinq ans, c’est à peine plus d’un sur trois désormais. Dans le même temps, les volumes de pneus neufs ont été multipliés par 2,3, et leur prix d’achat a diminué de 23%. Et même si 2017 s’est achevée sur une croissance de 4% des volumes de pneus rechapés, les pneus neufs, eux, ont vu leurs ventes s’accroître de 6%.

La baisse du prix des matières premières est pour beaucoup dans cette décote, ainsi que la tendance de certaines filières de distribution opaques d’aller chercher à l’étranger, notamment en Europe orientale, des enveloppes d’origine exotique, souvent venus d’Asie et mono-vie, contrairement aux pneumatiques premiums, conçus par leurs manufacturiers pour être rechapés. « Aujourd’hui, nos analyses économiques montrent que le premier facteur de bascule du ratio pneu neuf/pneu rechapé est une différence de prix de 20 euros pour le client », explique Stéphane Bilot, responsable produit poids lourds chez Bridgestone. Autrement dit, l’argument prix retrouve de sa valeur pour l’acheteur pro, lorsque le pneu neuf est disponible pour moins de 20 euros en plus par rapport à un pneu rechapé.

Rechapage : démarche écolo et économe

Comme l’ont souligné les acteurs de la filière pneu, réunis au Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) le 21 mars dernier, pour un premier bilan de l’Engagement pour la Croissance Verte des pneumatiques rechapables, le rechapage combine à la fois des atours économiques et écologiques, quand la seule vertu du pneu mono-vie est d’être peu cher (quand la matière première l’est elle-même). Rechaper un pneu, c’est économiser 35% de matière première, puisque seule la bande de roulement est renouvelée. C’est aussi diminuer de 50% les déchets de pneus produits, par rapport à deux pneus neufs mono-vie, selon les chiffres rappelés par Thierry Martin-Lassagne, vice-président du SCNP, à cette occasion.

Aussi, le rechapage multiplie la vie d’un pneu par deux, voire plus en cas de deuxième rechapage, et une enveloppe peut ainsi atteindre les 660 000 kms, ce qui représente des économies substantielles dans une logique de coût total de possession (le fameux TCO, « total cost of ownership »). Un argument majeur pour les flottes de transporteurs, métier où les marges sont très faibles. Enfin, le rechapage avance aussi l’argument de la sécurité, puisque les carcasses premium dont il s’alimente sont conçues, expertisées et homologuées pour offrir les mêmes performances une fois leur bande de roulement remplacées. Thierry Martin-Lassagne n’a pas manqué d’ajouter que « le rechapage est un atout emploi, également, puisque la filière représente 4 000 emplois non délocalisables ».

Renforcer les mesures en 2018

Parmi les différents ECV (Engagement pour la Croissance Verte), celui sur le rechapage fut l’un des premiers signés, le 1er février 2017, par l’ancienne Ministre de l’écologie, Ségolène Royal, et le Secrétaire d’Etat à l’industrie, Christophe Sirugue, fédérant ainsi au sein d’un groupe de travail différents partenaires administratifs (directions générales de plusieurs ministères) et les acteurs de la filière pneu : manufacturiers, distributeurs, collecteurs, éco-organismes en charge du recyclage, ainsi que l’ADEME. Parmi les principaux travaux menés en 2017, figurent la clarification du processus de mixage des pneus entre neufs et rechapés, ainsi que la mise en place du simulateur Green Deal Tyre comparant les performances économiques et écologiques des pneus mono-vie et multi-vies pour chaque flotte, permettant de connaître le coût de revient kilométrique, de carburant, de maintenance, les émissions de CO2 et la production de déchets.

En 2018, le groupe de travail va plus loin. Déjà, des contrôles de conformité à la réglementation européenne sur l’étiquetage des pneumatiques sont d’ores et déjà conduits. Ensuite, une campagne de communication soutenue en direction des différents acteurs du marché du pneu, clients compris, a été entamée, avec des supports papier et numériques et bientôt un site web dédié : rechapage.fr. Egalement, la réflexion sur la modulation vertueuse de l’éco contribution environnementale en fonction de la rechapabilité du pneu a été engagée. Enfin, des mesures d’incitation à l’usage de pneus rechapés dans les flottes privées va être engagée, tout comme l’intégration d’une part de pneus rechapés dans les flottes publiques.

Un poste de contrôle qualité dans l'un des ateliers de rechapage de Pneu Laurent.

Un poste de contrôle qualité dans l’un des ateliers de rechapage de Pneu Laurent.

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (1 votes, moyenne : 4,00 sur 5)
Loading...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*