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Contrôle technique: attention, dangers…

En ces périodes d’incertitudes, le contrôle technique est-il en train de redevenir un eldorado? Beaucoup semblent le croire: il y a aujourd’hui en moyenne 2 demandes d’agréments en cours par département, parfois pour des villages de 1000 habitants! On se croirait presque revenu en 1992, lors du lancement du contrôle technique en France, tant il y a de demandes venant à nouveau principalement de carrossiers, de MRA, voire même d’experts!

Les réseaux veulent du volume
Cette explosion constitue bien sûr une aubaine pour les fabricants de matériel, pour les professionnels en recherche de reconversion ou de diversification… et pour les réseaux. Ces derniers ne sont pas étrangers au phénomène. La fin des grandes manœuvres décrétée(*), les frontières étant désormais (à peu près) claires, les réseaux nationaux -Autovision, Autosur, Dekra Norisko, Auto Sécuritest et Auto Sécurité- reprennent la guerre de conquête interrompue depuis quelques années. Le cessez-le-feu n’est visiblement plus d’actualité: loin de conforter les positions de leurs adhérents installés, les enseignes nationales poussent les nouveaux venus à la création de nouveaux centres, parfois en leur «vendant» des potentiels aussi alléchants qu’irréalistes.

Le ticket d’entrée devient cher
C’est vrai, le caractère «obligatoire» du contrôle peut rassurer les postulants venus d’autres marchés en berne. C’est vrai, l’activité a peu de charges variables, pas de stock. C’est vrai aussi, l’argument de la rentabilité est l’un des plus récurants. Reste que cette rentabilité, si elle est effectivement partagée par bon nombre de centres, est le sage résultat d’une sage période de consolidation des réseaux. Elle pourrait rapidement devenir caduque, maintenant que les sergents-recruteurs repartent à l’assaut de nouveaux adhérents.
Car non seulement le marché du CT n’est pas extensible à l’infini, mais de nouvelles menaces de charges pèsent sur lui. Quelques observateurs prédisent par exemple une évolution ralentie du parc automobile, voire même une stagnation du nombre de véhicules roulants. La raison: la baisse des ventes VN. Cette année, quelque 300 000 nouvelles immatriculations manqueront à l’appel, soit presque 1% du parc VP non renouvelé. Si la crise dure, les lendemains du CT déchanteront. Dernier argument qui devrait rendre prudents les nouveaux venus: ils arrivent sur un marché mature qui va rapidement exiger d’eux des charges sans commune mesure avec celles de leurs aînés. On parle d’accréditations qui exigeront de coûteuses certifications (6000 €). Les réseaux ont pu en leur temps repousser un projet du gouvernement voulant durcir le cahier des charges des bâtiments abritant l’activité du CT. Mais jusqu’à quand?
En clair: si le nombre de centres repart à la hausse, il en résultera à court terme une coûteuse guerre des prix qui fragilisera les anciens et rendra aléatoire l’installation des nouveaux…
Alban Thomas
(*)Les assurances MMA et Maaf Assurances ayant cédé les enseignes Sécuritest et Auto Sécurité, le marché du CT est désormais aux mains de groupes essentiellement tournés vers cette activité.

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