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Départ d’IDLP de Precisium : E. Girot et A. Landec disent leur vérité !

Le vif intérêt manifesté pour la récente annonce du départ d’IDLP de Precisium (presque 4 000 pages vues !)  méritait bien quelques précisions supplémentaires. La convention 2014 du réseau Precisium a été le cadre d’une clarification de la part des dirigeants de Groupauto et de Precisium. En forme de mise au point plutôt ferme…

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Eric Girot (DG de Groupauto) et Alain Landec (ex-président de Precisium)

L’annonce du départ d’IDLP du groupement de distribution Precisium Groupe a fort logiquement fait grand bruit (près de 4 000 pages vues sur ce site pour l’article «IDLP quitte Alliance/Groupauto-Partner’s-Precisium»). Les rumeurs qui bruissaient dans les allées de la dernière édition du salon Automechanika ont donc été confirmées fin septembre ; un petit mois avant la convention qui devait réunir toute la “famille Precisium”… Inévitablement, cette épine dans le pied de Precisium Groupe a été à nouveau évoquée lors de sa récente convention à Huelva, en Espagne. Et si le chef d’entreprise Alain Landec est connu pour ne pas manier la langue de bois, il avoue qu’en tant qu’homme, l’épisode a été douloureux : «Plus qu’un partenaire (NdlR : historique), c’est un ami qui s’en va».

«Aveugles»

Avec le recul, le futur ex-président de Precisium Groupe (devenu depuis président de la Feda), reconnaît avoir été aveugle. «Plusieurs signaux auraient dû nous mettre la puce à l’oreille, explique-t-il : tout d’abord le départ pour IDLP de Julien Lefort, à l’époque directeur des achats de Precisium Groupe et pressenti pour prendre ma succession à la tête du groupement de distribution ; ensuite : ce distributeur a organisé -sans en parler- les États Généraux du Diesel…» Le départ d’IDLP n’aurait donc pas forcément pour raison première une réaction épidermique à un changement d’actionnariat, mais aurait été plus froidement planifié…

Quant à l’arrivée de Blackstone, catalyseur supposé du départ du groupe familial du groupement de distribution, il apparaîtrait selon le patron de Precisium plutôt comme un prétexte. Car Alain Landec ne souscrit pas aux arguments qui ont pu être avancés dans la presse, notamment dans nos colonnes, où Patrice Godefroy expliquait vouloir reprendre son indépendance car n’ayant pas été prévenu du changement dans le capital.

Le futur président de la Feda répète en effet à l’envi que «le capital de Precisium Groupe est détenu par les mêmes actionnaires qu’avant cette arrivée». Ensuite, le changement d’actionnariat s’est avéré être tout sauf une surprise, dans la mesure où Weinberg Capital Partners avait signifié dès 2011 son intention de se retirer du capital d’Alliance Automotive. Enfin (et surtout), cet argument aurait pu être avancé après une certaine période de vie commune, au lieu de servir d’argument quelques semaines seulement après ce rapprochement…

Minimiser l’événement… et son impact

D’abord, le tandem Alain Landec/Florence Galisson a souhaité relativiser, déclarant qu’il n’y aurait pas d’hémorragie. «IDLP jouissait d’une situation confortable au sein du groupement – d’aucuns diraient privilégiée, avance Alain Landec ; son départ ne devrait très vraisemblablement pas en entraîner d’autres.» Au contraire : certains adhérents étaient en effet, de par l’ampleur nationale d’IDLP, concurrencés sur leur propre zone de chalandise par un distributeur arborant le même panneau.

Pour Alain Landec, le départ d’aucune entreprise, quelle qu’elle soit, n’est de toute façon insurmontable. Certes, IDLP affiche un très respectable chiffre d’affaires de 115 millions d’euros ; mais A. Landec tient à rappeler que les achats du distributeur auprès de la centrale ne représentaient, eux, “que” 27 millions d’euros. Une perte élevée, soit, mais dont la résorption s’avèrerait à la portée du nouvel ensemble…

Et comme pour rassurer sur la capacité du regroupement de groupements à “boucher la voie d’eau” ouverte par ce départ, Eric Girot, directeur de Groupauto également présent lors de ce point presse, conclut : «le secteur de la distribution est en train de bouger, et ce n’est pas fini !» A bon entendeur…

«Un dol»

La page semble donc bel et bien tournée. Reste que pour Eric Girot, au-delà de la «brutalité de la décision», une chose ne passe définitivement pas : la vente du distributeur POPS, un spécialiste peinture situé en Essonne et membre de Precisium à IDLP, dont on connaît les appétits de développement (il s’est notamment porté acquéreur de Ouest Injection l’année dernière…).

«La signature de la vente de POPS a eu lieu début septembre, se souvient Eric Girot ; et le lendemain… nous recevions une lettre de Patrice Godefroy signifiant sa décision de sortir de Precisium Groupe.» En clair, ce n’est pas “fair” : tout avait été, là encore, secrètement orchestré en amont. «Vous imaginez bien que si nous avions été au courant de ses réelles intentions, la vente ne se serait pas faite, souligne le directeur de Groupauto qui estime donc «qu’il y a eu “dol”.»

L’expression juridique un peu absconse est particulièrement lourde de signification. Car en Droit, le dol est une manœuvre de l’une des parties au contrat basée sur la tromperie ou la dissimulation d’éléments entraînant le consentement de l’autre partie au contrat, consentement qu’elle n’aurait pas donné si elle avait eu connaissance de ces éléments…

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1 Commentaire concernant “Départ d’IDLP de Precisium : E. Girot et A. Landec disent leur vérité !”

  1. Une société comme I.D.L.P. a la dimension capitalistique et l’autonomie pour s’écarter d’un groupement qui représente plus un coût qu’une valeur ajouté pour sa croissance. Ce n’est à mon avis que la bonne stratégie visionnaire et pragmatique d’une entreprise historique qui anticipe l’arrivée en France de nouveaux groupes comme LKQ ou d’autres. Cette indépendance même si elle reste relative sur le marché de l’aftermarket P.R., lui permettra de capitaliser sur le partenariat , plutôt que l’adhésion à un groupement leader. En tant que spécialiste du diesel, il sort du shéma de communication quelque peu généraliste qu’offre les groupements aujourd’hui et c’est une force aujourd’hui d’être et de rester un spécialiste.
    Si PRECISIUM relativise l’importance de ce départ (non anticipé) et son volume d’achat intra (Cf. « que 27 M€ ») sur un marché aftermarket P.R. qui bouge très vite, on peut imaginer la réflexion de leurs fournisseurs pour 2015.

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