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Tribune libre – Profession de foi pour un expert indépendant

Très engagé dans la promotion d’une expertise auto libre et indépendante des donneurs d’ordres, Jean-Marie Lagardère, expert et patron du cabinet éponyme sis à Gradignan (Gironde), s’escrime depuis plusieurs années à mobiliser les représentants des automobilistes et des professionnels de la réparation-collision. L’homme nous présente ici sa vision des clés de cette indépendance…

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Une info venue de nos lecteurs-correspondants!« En préambule, il faut préciser que l’indépendance de l’expert est indissociable de la liberté de choix de l’automobiliste. Nous vivons dans une démocratie de type libéral et par conséquent les citoyens ont la liberté de choix des produits comme des prestataires, dans le respect de la législation en vigueur.

« Or, ce droit est bafoué par les assureurs qui choisissent à leur place :
– l’indépendance de l’expert, c’est la garantie pour l’automobiliste d’une prestation réalisée dans de plus brefs délais, sans attendre par exemple l’accord d’un expert conseil pour effectuer le dépôt des conclusions.
– c’est l’instauration d’un dialogue constructif entre le propriétaire du véhicule, « son expert » et « son réparateur », pour gérer au mieux des intérêts de l’automobiliste la destination du véhicule dans le respect des textes du Code de la route et des obligations législatives vis-à-vis des usagers de la route.

« Le propriétaire du véhicule aura aussi la possibilité d’assister à l’expertise, ce qui n’est pas le cas avec les experts d’assureurs. Ainsi il pourra être informé instantanément de l’état de son véhicule, des éventuelles conséquences du sinistre, de l’importance des réparations, sur le fonctionnement des différentes procédures VE, VEI, RSV, mises en place par les pouvoirs publics.

« Lors du classement VEI (véhicule économiquement irréparable) :
L’automobiliste aura la garantie d’obtenir la véritable valeur de marché de son véhicule et selon le cas se verra proposer une réparation économique réalisée avec des pièces de réemploi sous le contrôle de « son expert ». Cela évitera les classements « VEI » abusifs et arbitraires alimentant les réseaux de véhicules volés et souvent réparés hors de nos frontières.

– Autre point non négligeable –

« L’expert pourra enfin réclamer l’entier préjudice au responsable du sinistre ou à l’assureur de ce dernier lors du recours direct (dommage matériel, location, perte de jouissance, immobilisation, perte d’exploitation, remorquage, gardiennage, préjudice de dépréciation).

« Il s’avère que ce dernier préjudice n’est jamais pris en compte par l’assureur ; or il existe bel et bien. Il est valorisé dans d’autres pays de l’Union Européenne, notamment en Allemagne. Nous avons tous constaté la réticence des potentiels acheteurs d’un véhicule accidenté même lorsqu’il a été réparé dans les règles de l’art.

« De même, il s’avère que certains garagistes interrogent le site des cartes grises de la préfecture avant de procéder à la reprise d’un véhicule. S’ils constatent un classement « VE », la valeur de reprise est régulièrement minorée dans des proportions importantes. L’expert indépendant sera alors l’interlocuteur idoine de la réclamation du préjudice au responsable et/ou à son assureur.

« Il est également important de dénoncer la pression exercée par les assureurs et leurs experts sur les réparateurs afin que soient installées des pièces de réemploi pour réparer des véhicules parfaitement réparables avec des pièces neuves dans le cadre de leur valeur de marché alors que dans le même temps, ils déduisent de la Valeur de remplacement à dire d’expert (NdlR : la VRADE) le montant des travaux à réaliser sur des dommages hors sinistre au prix fort avec des pièces neuves au tarif constructeur.

« Cette méthode est à proscrire, l’expert indépendant n’en fera pas usage.

« Elle est de nature discriminatoire puisqu’elle ne peut être appliquée que sur les véhicules les plus courants, excluant totalement les « hauts de gamme » au simple fait que les pièces d’occasion concernant cette catégorie de véhicules sont rares voire inexistantes.

« Par conséquent l’économie de l’assureur se réalise sur l’automobiliste moyen et peu fortuné.

« La généralisation du missionnement de l’expert directement par l’automobiliste permettra également au consommateur « assuré » de réclamer une diminution de la prime ou de la cotisation du fait que l’assureur direct n’aura plus à mandater l’expert ni à animer son réseau d’auxiliaires techniques extérieurs qui sont en fait des auxiliaires régulateurs économiques.

« L’assureur pourra alors exercer totalement son métier et seulement son métier, à savoir : l’indemnisation des sinistres.

« Une négociation pourra alors s’instaurer entre professionnels (assureurs, experts, associations de défense des consommateurs) pour calculer l’impact de la baisse de la prime du fait du mandatement direct de l’expert par l’automobiliste. Actuellement, que vous soyez générateur ou victime de sinistre, ou que vous n’en ayez pas, vous contribuez à travers le règlement de la prime ou de la cotisation, à alimenter le budget expertise des assureurs. Cette méthode n’est pas vraiment équitable.

Sur un plus large plan politique

« Le mandatement de l’expert par l’automobiliste permettra la régulation des flux d’expertises et la création de nombreux cabinets d’expertise indépendants.

« La concentration de missions d’expertises par les assureurs, sur des cabinets dévolus à leurs dogmes, est préjudiciable à la célérité de gestion des dossiers.

Concernant le domaine de la réparation-collision

« A terme, la pression exercée par les assureurs ne permettra plus au technicien de réaliser des réparations de qualité au simple fait que pour dégager un bénéfice permettant la seule survie des ateliers, les prestataires n’auront d’autres choix que d’utiliser des produits, des ingrédients et des pièces de moindre qualité. Là aussi, c’est l’automobiliste qui subira un préjudice.

« Pour toutes ces raisons il est urgent de promouvoir l’expertise indépendante

« L’heure est venue aujourd’hui d’exiger la liberté de choix pour l’automobiliste et de rétablir le droit aux assurés à une indemnisation plus juste et pleinement acquise.

8 raisons de plébisciter l’expert automobile indépendant
  • Liberté de choix – CONVENTION DE SAUVEGARDE DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTÉS FONDAMENTALES ;
  • Garantie d’une prestation réalisée dans les plus brefs délais sans blocage à, l’initiative des services de gestion des assureurs ;
  • Participation aux opérations d’expertise au souhait du propriétaire du véhicule ;
  • Communication directe et permanente entre l’automobiliste et son expert ; information instantanée sur la réparabilité, les procédures (VE, VEI, RSV) ; l’établissement des dossiers réglementaires ;
  • Conseil technique ; élaboration de la véritable valeur de marché du véhicule ; étude des possibilités de « réparation économique » pour sauvegarder les intérêts des automobilistes et imposer la remise en état avec des pièces neuves de qualité constructeur pour tous les autres cas ;
  • Recours direct de l’entier préjudice à l’encontre du responsable du sinistre et/ou de son assureur (dommage matériel, location, perte de jouissance, perte d’exploitation, immobilisation, remorquage, gardiennage, préjudice de dépréciation, c’est-à-dire la perte de valeur de marché d’un véhicule ayant subi une réparation importante de ses infrastructures) ;
  • Obtention d’une minoration de la prime ou cotisation d’assurance du fait de la suppression du service « expertise » des sinistres-collision (actuellement, que l’automobiliste soit un générateur fréquent de sinistres ou qu’il n’en ait jamais eu, il participe au coût de la gestion de sinistres de la même façon) ;
  • Pérennisation de la réparation « dans les règles de l’art ». La pression « économique » exercée par les assureurs sur les prestataires ne permettra plus, à terme, de réaliser des réparations fiables et durables dans le temps. »

Jean-Marie Lagardère

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6 Commentaires concernant “Tribune libre – Profession de foi pour un expert indépendant”

  1. Bonjour,

    Bravo pour ce message qui résume bien les faits. Moi-même expert depuis plus de 15 ans, j’ai aussi choisi de travailler en indépendant sur la région parisienne. Je n’ai aucun mandant assureur régulier et travaille principalement avec des particuliers dans le règlement de litiges liés à l’achat, vice-caché, mauvaise réparation,… Je fais régulièrement des rapports pour du recours direct pour des assurés à l’étranger. J’ai pu constater à quel point les assureurs, aussi bien en tant qu’expert qu’en tant qu’assuré, sont rétissant à l’utilisation du recours direct. Ils forcent le plaignant à passer par son assureur, afin de lui imposer l’application des conventions IRSA, malgré souvent l’expression claire et net de son refus, quitte à jouer de mauvaise foi en le déclarant responsable d’un sinistre où il est indéniable qu’il est victime!!!
    De plus, la concentration des missions d’expertise vers des grosses structures va vers toujours plus de gestion « à la chaîne », à coût réduit, où l’expert salarié est finalement le grand perdant, en même temps que le réparateur et l’assuré…. Je crois que tant que l’assuré ne paiera pas lui-même son expertise et que le relationnel assureur-expert ne sera pas interdit dans l’intérêt de l’assuré et du réparateur, nous ne seront pas « indépendant » au sens premier du terme tel qu’il était entendu à la base.

  2. Bonjour à tous. Et bravo pour cet article criant de vérité. Aussi bien de la part de Jean-Marie que de l’agent AXA. Je crois savoir que Mr Le Fol, porte parole du gouvernement et ministre a, dans sa famille, un expert auto. Il connaît bien notre profession. Ne serait-il pas venu le temps de faire nous aussi « ce lobbying » que les assureurs savent tant faire depuis si longtemps et qui a amené la situation actuelle ?
    Affaire à suivre donc . Peut-être une association : « Ni-dépendants Ni-soumis » !!
    Bonne journée à tous

  3. Bravo pour ce cours exhaustif en la matière.
    Toutefois, aujourd’hui, le commun des mortels victime d’un sinistre n’a pas cette vision des choses, car sa compagnie lui indique bien que l’expert qu’elle a choisi pour lui ( ou le réparateur…) est totalement indépendant… Meme moi, Agent General AXA, il a fallu un concours de circonstances personnel (où j’ai perdu faute d’avoir fait confiance à ma compagnie…) pour que je mesure les terribles abus des services sinistres qui feignent de connaître les règles LEGALES (!!!) du Droit Commun !
    A quand un vrai regroupement de VRAIS Experts Indépendants communiqués déjà aux Agents Généraux et Courtiers délégataires des règlements sinistres ???
    Je reste a l’écoute.
    Bien cordialement.

  4. Bravo pour cette intervention très courageuse permettant de dire la vérité sur ce qui se passe réellement dans le monde de l’expertise automobile.
    Il est devenu très difficile aujourd’hui de pouvoir s’exprimer tant les pressions exercées par les assureurs sont fortes!!
    Nous en voulons pour preuve les procès en cours qui se mettent en place dès que l’on ose avouer la vérité au public.
    Il est grand temps que cela change et cela ferait le plus Grand bien aux professionnels de la réparation automobile qui souffrent. Doit-on encore attendre combien de tempsàa regarder disparaître les entreprises automobile ?
    Alors informons le grand public de ce qui se passe et donnons-lui les clés de pouvoir changer les choses tout en faisant respecter ses droits.
    Merci Jean Marie de cette courageuse intervention et attention au procès!!!
    David

  5. Absolument en accord avec ce qui précède. Nous tenons ce discours, jour après jour, dans les pages de notre site, en Val d’Oise, et plus largement, en Région, à contre courant de celui de la l’ANEA et du BCA.
    Et ce, pour une raison bien simple.
    La grogne des carrossiers s’est traduite par le décrochage de leurs panneaux d’agrément, et je salue le courage qu’ont eu ces chefs d’entreprise.
    Le taux horaire est à la hauteur de leur décision et curieusement, malgré la crainte d’autres, encore hésitants, leur atelier est rempli.
    Pour en connaître certains d’entre eux depuis une trentaine d’années, leur travail est toujours aussi minutieux et de qualité irréprochable.
    Avec cette différence : il est réalisé sereinement.
    Dans notre environnement professionnel, les confrères experts ont largement la culture d’expert en assurance, code APE 6622 – Z.
    Il sont dépendants du respect des procédures, toutes différentes les unes des autres, des statistiques, de ces contraintes qui mettent la boule au ventre de leurs collaborateurs, chaque matin, s’ils ne se font pas jeter des ateliers, en cours de journée.
    Le libre choix du réparateur et de l’expert est une évidence qu’il nous faudra marteler encore pendant de nombreux articles, rencontres, radios et plateaux TV, pour sortir à la fois le plus grand nombre de cette léthargie dans laquelle les assureurs ont plongé, assurés, réparateurs et experts dociles.
    Les voix se lèvent. Je leur apporte mon modeste concours, car convaincu de ce défit à relever : la liberté d’entreprendre et d’exercer notre métier, en toute sérénité.
    Bonne journée.
    Wilfried Reinermann expert en automobile, en Val d’Oise, code APE 6621-Z

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