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Avenir de l’après-vente (suite): TCG Conseil-CNPA, l’étude «qui fait causer»…

En annonçant un avenir très inquiétant pour l’après-vente constructeur au profit des indépendants, la toute récente et très commentée étude de TCG Conseil pour le CNPA a aussi généré interrogations, voire scepticisme. Mais au vu de sa méthodologie et des périmètres étudiés, elle n’est pas aussi suspecte qu’elle en a l’air de prime abord…

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Le moins que l’on puisse en dire, c’est qu’elle fait parler, cette étude sur l’avenir de l’après-vente à 2022 qu’a commandée la branche concessionnaires du CNPA à TCG conseil (voir «Entretien-réparation : avenir radieux pour les indépendants, odieux pour les RA1/RA2 ?)». Elle a effectivement eu son petit succès : rien que sur notre site, elle a été lue plus de 3 300 fois depuis vendredi dernier ! Et plus les jours s’écoulent, plus elle semble étonnante à beaucoup d’acteurs de l’après-vente, voire même suspecte pour certains d’entre eux.

Nos lecteurs fidèles, à l’instar de celui-ci, ont même parfois fait allusion à cette autre étude réalisée en 2012 puis 2014 par le BCG (Boston Consulting Group) pour l’ACEA (Association des constructeurs Européens d’Automobiles) et que nous avions scannée dans «Étude après-vente ACEA-BCG : chiffres cryptés… et décryptés». Il est vrai qu’elle avait dit tout et surtout le contraire de cette prospective CNPA/TCG…

Pour revenir au récent document de TCG Conseil et pour mémoire, les projections présentées prédisent qu’en 2022, 64,8% des volumes et 60% de la valeur du marché de l’après-vente seront détenus par les indépendants au détriment des réseaux constructeurs. Les mêmes indépendants qui n’en détenaient en 2013, toujours selon la même étude, “que” 60,4% en volumes et 53,7% en valeur. Bref, la projection assez catastrophiste a fait se demander à certains si TGC Conseil ou le CNPA n’avaient pas un peu forcé le trait pour dramatiser l’avenir proche et mieux défendre les intérêts menacés des seuls réseaux de marque…

Retour aux (justes) sources de TCG Conseil…
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Thomas Chieux

Nous avons donc contacté Thomas Chieux, l’un des deux fondateurs et animateurs de TCG Conseil. Aux sceptiques qui se demandent notamment si tous les scenarii possibles ont bien été pris en compte avant d’aboutir à ces chiffres, sa réponse est claire : «nous avons prolongé les tendances sur les bases actuelles du business et seulement sur ces bases. Nous avons bien évidemment tenu compte de multiples paramètres évolutifs, comme la progression des contrats d’entretien, des “pas” d’entretien, de la fiabilité des véhicules et des composants, etc. Mais pour répondre précisément à votre question, nous n’avons pas chercher à quantifier l’impact que pourraient avoir, dans un sens positif ou négatif, d’éventuelles réactions comme une intensification des stratégies multimarque des constructeurs ou de leurs réseaux, des mutations logistiques importantes ou d’éventuelles révolutions technologiques ou légales. Nous sommes restés sur les bases du “business as usual” et sur les projections qu’il suppose à l’horizon 2022

Autre nuance d’importance : l’étude n’a pas voulu tenir compte de l’entièreté du marché après-vente, précise Th. Chieux, ce qu’il dit avoir d’ailleurs clairement précisé lors de la présentation des résultats la semaine dernière. Pour mieux identifier les basculements entre rechange constructeur et rechange indépendante, l’étude s’est donc volontairement concentrée sur le seul périmètre concurrentiel que se disputent réseaux de marque et indépendants : les entrées-atelier en entretien, en panne et en “incidents” mécaniques, pneus compris.

Retours en garantie et réparation-collision exclus

Du coup, l’étude a par exemple exclu de son champ le marché des retours en garanties puisque traités par les seuls RA1 et RA2. Ce n’est pas anecdotique : Thomas Chieux évalue cette activité à quelque 3% du marché actuel en volume et à un peu plus en valeur. Quelques pourcents qu’il faudrait donc ajouter au crédit des seuls réseaux de marque pour avoir une idée plus claire du marché total et de sa répartition, ce qui viendrait ainsi minorer en partie leur recul annoncé.

L’étude ne tient pas non plus compte du marché de la réparation-collision : sa répartition valeur/volume entre indépendants et réseaux constructeurs viendrait elle aussi amender en partie les pronostics délivrés, la part de marché des RA1 et RA2 en la matière étant considérable.

Alors certes, la branche concessionnaires du CNPA a utilisé cette étude pour mieux souligner les inquiétudes et l’avenir précaire de l’après-vente des réseaux constructeurs. C’est somme toute son droit et même sa fonction. Et une fois bien compris le champ restreint des marchés étudiés et une fois bien intégré le fait qu’il ne s’agissait là que de prolonger les tendances actuellement connues du marché, l’étude de TCG Conseil est donc plus solide qu’elle n’a pu le sembler de prime abord.

Le pire est-il certain ?

Remis dans ce périmètre restrictif des seuls marchés totalement concurrencés, l’étude et ses chiffres en cruelle défaveur des réseaux constructeurs apparaissent donc plus logiques et somme toute, sincères. Mais le pire n’étant de toute façon jamais certain, les constructeurs peuvent encore réagir. Et en ces temps difficiles où les distributeurs VN crient famine, il n’est sûrement pas inutile pour eux de voir le CNPA alerter ainsi les autorités et “leurs” constructeurs sur des lendemains qui pourraient encore plus déchanter qu’aujourd’hui.

Comme l’étude TCG Conseil l’explique “en creux”, il reste donc aux dits constructeurs à écrire un avenir qui, justement, sache s’affranchir des habitudes pour réinventer l’après-vente de leurs réseaux…

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1 Commentaire concernant “Avenir de l’après-vente (suite): TCG Conseil-CNPA, l’étude «qui fait causer»…”

  1. Les concessionnaires financent l’ensemble de leurs activités par le seul atelier, ce qui est un suicide conduisant à des taux M.O de plus en plus chers, avec des clients de plus en plus économes. Il leur reste ce que personne ne veut faire: les pannes électroniques, peu rentables, puisque utilisant un personnel qualifié et mieux payé et un outillage coûteux. Le reste est passé aux mains des spécialistes et MRA qui se régalent avec les freins, les amortisseurs, les batteries, les révisions, les vidanges, les distributions.
    Le partage est fait et rien ne fera venir un client en concession pour acheter une batterie le double du prix, sous prétexte de soutenir le service ventes…

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