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Pièces de carrosserie « libérées » après 10 ans: quand l’Enfer est carrossé de bonnes intentions…

Certains parlementaires avaient un instant fait évoluer l’amendement 184 pour obliger les constructeurs à accepter la concurrence des pièces de carrosserie sur les véhicules de plus de 10 ans. Avec une naïveté certaine, ils pensaient ainsi permettre aux ménages à faible pouvoir d’achat de remettre en état leurs véhicules à moindre frais.

10 ans: le piège à double détente
En revanche, les indépendants réparateurs comme distributeurs ont, eux, immédiatement identifié le danger. Un instant, ils ont eu très peur que l’amendement ne soit adopté en l’état. Car il était totalement contre-productif et ressemblait plus à un piège à double détente servant les intérêts monopolistiques des constructeurs qu’à une avancée profitable aux consommateurs.

Première détente du piège : il aurait fait croire à la grande majorité de ceux qui connaissent peu le dossier que les constructeurs avaient accepté l’ouverture. Mais cela aurait été sur le faux marché des véhicules de plus de 10 ans qui n’intéresse personne car économiquement marginal et du coup, industriellement trop petit (voir « Pièces de carrosserie « libérées »: attention, rien n’est encore fait….).

Et c’est là que la deuxième détente du piège se serait déclenchée et le piège refermé. Fatalement, seules des productions exotiques auraient été tentées d’approvisionner ce trop petit marché. Et fatalement, il se serait agi de productions incertaines que les constructeurs auraient rapidement pu stigmatiser comme l’évidente démonstration du risque qu’ils pressentaient : eux seuls sont capables de distribuer des pièces de qualité et sécurisées.

Favoriser nos industriels et nos emplois
Yves Riou, le secrétaire général de la Feda, le démontre très bien : «si, comme nous le souhaitons, le marché total des pièces de carrosserie s’ouvrait à la concurrence, même avec un délai de 1 à 2 ans par exemple, le très grand volume potentiel des pièces concurrencées permettrait de structurer une filière industrielle de qualité. Les actuels sous-traitants français des constructeurs pourraient, grâce au volume important d’un marché redynamisé par des prix concurrencés, investir et adapter leur outil industriel pour servir le nouveau débouché des indépendants avec des pièces de qualité d’origine», explique-t-il; «dans ce cas, l’ouverture favoriserait nos industriels, nos emplois, sans oublier l’intérêt des consommateurs».

En revanche, l’ouverture aux seuls véhicules de plus de 10 ans s’apparenterait selon lui à un inévitable scénario-catastrophe: «Les industriels sérieux, français ou même européens, ne pourraient financer leur accession au marché au travers de trop petites séries. Nous verrions alors déferler des productions incertaines de lointains pays et nous ne pourrions pas éviter que certains circuits se mettent à les diffuser.»

Les constructeurs n’auraient alors plus qu’à se baisser avec gourmandise pour saisir des dizaines de pièces hasardeuses mettant en lumière de réels problèmes de sécurité ou de qualité. Voilà qui ruinerait à coup sûr les années d’efforts déployés par la Feda, la FFC, la FNAA et les associations de consommateurs pour démontrer que la concurrence est possible et souhaitable.

Pour un peu, on se demanderait si cet amendement des 10 ans n’a pas été soufflé dans des oreilles parlementaires par les constructeurs eux-mêmes…

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