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Equip Auto 2011 – Un bilan prometteur

Samedi, Equip Auto a fermé ses portes sur un pré-bilan satisfaisant : en attendant un comptage définitif, il affiche +10 à +12 % de visiteurs, soit 101 000 entrées probablement réalisées. Un score qui s’avère donc supérieur aux prévisions initialement conservatrices des organisateurs (96 000 espérés) et permet un retour au-dessus de la barre symbolique des 100 000 entrées. De quoi effacer la descente aux enfers des 91 000 tickets de 2009 et finir, somme toute, pas si loin des 106 160 entrées de l’édition «pré-crise» de 2007.

Mieux que 2009
Il s’en trouvera bien sûr pour stigmatiser des évidences volumétriques qu’il faut au moins constater. Et relativiser: certes, le monde de l’après-vente s’est concentré sur les 100 000 m2 des seuls halls 5 et 6. Mais ces 100 000 m2 bondés accueillaient tout de même 25 % de surfaces louées en plus. Ne boudons pas le plaisir d’Equip Auto : il serait en effet malvenu –et presque malhonnête– de reprocher à l’édition 2011 d’avoir finalement mieux mis en scène qu’en 2009 des exposants cette fois-ci en plus grand nombre et visités par plus de professionnels.

Car mieux vaut, évidemment, définitivement, cette version 2011 d’un salon ramassé au sens propre, donc plus dense et mieux rempli, que celle de 2009, plombée par la crise et qui donnait l’impression de se ramasser, cette fois au sens figuré, parce qu’étalée dans 4 halls à moitié pleins et totalement incapables de cacher l’injuste misère que leur faisait toute une planète en complète implosion financière… Cette année, les allées étaient plus régulièrement pleines, les visiteurs plus régulièrement aux portes de stands plus petits certes, mais qui remplissaient la totalité des halls. Il s’en sont même trouvés qui regrettaient 2009 : quand le flux pouvait être traité en profondeur, parce que suffisamment clairsemé…

Restons encore un instant deux ans en arrière pour nous souvenir aussi que l’édition 2009 sortait finalement grandie de son passage en force contre un climat de possible annulation (voir «Equip Auto 2009: bilan globalement positif !»). Claude Cham, patron de la Fiev et président d’Equip Auto, savait il est vrai qu’il n’avait guère le choix : l’annulation conjoncturelle aurait valu enterrement définitif du Salon. Et avec lui, des espoirs qu’il porte, au-delà d’en être la vitrine, d’une filière française de toute une profession, de l’amont industriel jusqu’à l’aval du plus petit des MRA. Equip Auto devait survivre, comme prototype d’une filière rassemblée que Claude Cham rêve encore d’inscrire dans une harmonie à l’Allemande, lorsque les petites chapelles trop multiples et dissonantes s’oublient assez pour s’en aller bâtir une seule et même cathédrale…

Du bon et du mauvais business…
Pour toutes ces raisons, il faut donc au moins mesurer l’édition 2011 non plus à l’aune des rêves défunts (Equip Auto ne remplira probablement plus jamais 5 halls…) mais à celle des perspectives que 2009 esquissait. Et à ce titre, 2011 a confirmé la mutation du Salon festif d’antan en Salon business, plus feutré mais indiscutablement fonctionnel.

Bien sûr, on entendra cette fois moins d’exposants chanter bruyamment, comme en 2009, les louanges du chiffre d’affaires signé sur place. La dernière fois, les bonnes surprises commerciales étaient remarquées car inespérées dans cette ambiance de fin d’un monde que les exposants avaient osé braver ; cette fois elles sont plus normales, donc plus discrètes, mais néanmoins réelles. Les exposants équipementiers, distributeurs, de matériels et de services sont globalement contents d’être venus – ou revenus : on a parlé commandes, business, perspectives. On a signé de nouveaux adhérents, de nouveaux contrats, de nouveaux marchés. Bien sûr, il n’y avait pas assez de visiteurs. Il n’y en a jamais assez. Mais il y avait apparemment suffisamment de MRA, ces réparateurs qui font la masse et qui sont réputés durs à mobiliser, pour remplir les stands des fabricants d’équipement de garage et boucher les allées quand ici ou là, on y organisait quelque animation…

Il y a toutefois le bon business des exposants… et le mauvais business du Salon. Comme en 2009, les mesquineries du Parc des Expositions et ses tarifs prohibitifs pour les petites choses du quotidien ont encore gâché la fête. Par exemple quand il a fallu louer, à prix d’or, des écrans et des projecteurs pour organiser des opérations « demi-finale de rugby », après avoir payé connexions et autres obligations techniques à des prix étalonnés sur la valeur du lingot… Quand le Salon comprendra-t-il qu’une réelle partie de son déficit d’image vient de son incapacité psycho-rigide à faire des petites remises qui entretiennent l’amitié?

Ce qui ne tue pas…
Quant à Equip Auto, il a su montrer en 2011 qu’il a tiré les enseignements de 2009. Ce qui ne tue pas rend plus fort : il a donc organisé des forums, des tables rondes, des lieux de rencontres pour faciliter l’identification de nouvelles tendances, de nouveaux besoins. Il a tenté de construire des espaces comme le village FFC, où les fortes identités pros peuvent se reconnaître et avoir envie de se retrouver. A renforcer pour 2013 : les visiteurs ont de plus en plus besoin de décodeurs, de guides de visites qui leur permettent de mieux traquer les réponses qu’ils viennent chercher à Villepinte pour répondre à des problématiques-métier toujours plus complexes.

Reste maintenant à Claude Cham un défi à relever : réussir à refédérer autour de ce point d’orgue biennal. Ce ne sera pas le plus facile. Mais tous ces halls vides qu’il nous a fallu longer avec nostalgie, chaque jour, en allant du parking presse aux halls 5 et 6, ne tendent-ils pas leurs ventres vides aux conventions, aux congrès, aux rendez-vous inversés ou pas, aux salons régionaux, aux anniversaires d’enseignes, qui pourraient aussi venir renforcer le visitorat ?

Mais cette histoire-là reste aussi à écrire à contre-courant…

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