Inscription à la news letter
Notre magazine

« Dieselgate »: le délicat communiqué d’un Bosch impliqué mais tenu à la confidentialité

Ce week-end, le journal allemand Bild a révélé que c’est Bosch qui, en 2007, a fourni le logiciel qui modifie les résultats anti-pollution de 11 millions de véhicules du groupe VW. Le journal a toutefois précisé que ce logiciel était initialement «prévu uniquement pour des tests (internes) et non pour la conduite normale» et que Bosch avait souligné à l’époque dans un document que son installation sur les véhicules serait «illégale». Dans cette situation extraordinairement inconfortable, Bosch a donc choisi de ne communiquer qu’auprès de qui l’interrogeait. Mais du bout des lèvres, nature même de la relation commerciale avec les constructeurs oblige…

bosch-trois_singes

Voilà sûrement la situation la plus inconfortable qui soit pour un équipementier de premier rang. Et peut-être même, son cauchemar absolu : se retrouver impliqué dans un scandale déclenché par son client constructeur. C’est ce que Bosch vit depuis que le journal allemand Bild a révélé, ce week-end, que c’est l’un de ses logiciels de test qui s’est retrouvé installé sur les 11 millions de véhicules Diesel que le groupe Volkswagen a ainsi truqués pour obtenir de meilleurs résultats aux tests anti-pollution.

Ce « dieselgate » plonge le premier équipementier mondial dans une situation qu’il n’apprécie sûrement pas, surtout si, comme semble l’avoir constaté Bild, ce logiciel a été fourni à Volkswagen en 2007 dans le seul cadre de tests internes. Et surtout si, toujours comme l’affirme le journal sur la foi de documents, Bosch avait clairement souligné que l’installation de ce logiciel sur des véhicules serait «illégale».

Seulement voilà : le fondement d’une relation fournisseur-constructeur, c’est la confidentialité. Absolue,  intrinsèque au métier et même, comme disent les philosophes, consubstantielle à cette relation. Même s’il est emporté dans une tourmente qu’il n’a pas décidé, même s’il craint que l’ensemble de son activité n’en soit durablement entachée, le fournisseur, aussi puissant soit-il, ne peut être délié de ses obligations que par le constructeur lui-même.

C’est avec cette marge de manœuvre d’un F1 entrant dans le tunnel de Monaco à 300 km/h, en pneus “slick” et sur sol mouillé, que le groupe Bosch a préparé ce communiqué que nous vous livrons tel, à une nuance près : dans ce texte où chaque mot a dû être pesé 1 000 fois par une armée de juristes, c’est nous qui avons mis en gras ce qui nous semble concerner directement l’affaire. Voilà donc l’intégralité de ce document :

“Procédure de l’EPA à l’encontre de VW aux États-Unis

“Pour les modèles VW mentionnés dans les comptes rendus, Bosch a fourni le système d’injection Common Rail ainsi que le module d’alimentation et de dosage pour le post-traitement des gaz d’échappement.

“Comme il est d’usage dans l’industrie automobile, Bosch en sa qualité d’équipementier livre les composants selon les spécifications du constructeur. La calibration de ces composants et leur intégration dans le système global du véhicule interviennent chez le constructeur.

“Il ne s’agit pas dans le cas présent d’un problème de principe lié au diesel, bien au contraire : la technologie diesel moderne constitue en effet le meilleur principe de combustion, celui qui permet d’obtenir les plus faibles émissions polluantes. Les moteurs diesel modernes sont incontournables pour atteindre les objectifs européens en termes d’émission de gaz à effet de serre. Le moteur diesel protège à la fois l’environnement et le consommateur.

“Bosch développe des systèmes d’injection et de post-traitement des gaz d’échappement capables de réduire les émissions dans toutes les situations de conduite et tous les états de fonctionnement, à savoir même à vitesse élevée et en forte accélération. Le diesel demeure une technologie clé essentielle pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de CO2. Et surtout : Bosch estime que le diesel recèle un nouveau potentiel de réduction du CO2, avec encore jusqu’à 10% de baisse potentielle à clé.

“Les émissions d’oxydes d’azote des véhicules diesel peuvent elles aussi être considérablement réduites. Le système Denoxtronic de Bosch permet par exemple d’obtenir jusqu’à 95% de réduction en dehors du cycle de mesure officiel. Bosch continue à soutenir le diesel.

Ce n’est donc probablement pas chez l’équipementier que les coupables expiatoires seront trouvés (voir Dieselgate Volkswagen : vers une “affaire Kerviel” sauce automobile…)

A suivre donc…

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (2 votes, moyenne : 4,00 sur 5)
Loading...

1 Commentaire concernant “« Dieselgate »: le délicat communiqué d’un Bosch impliqué mais tenu à la confidentialité”

  1. Bonjour,

    En effet, on sait bien que les équipementiers sont au service des marques et malgré la puissance du groupe BOSCH, on voit mal comment ce groupe serait l’instigateur d’une telle fourberie.
    Je me sens concerné parce que je suis un pro diesel depuis longtemps , depuis mon BTn en mécanique automobile obtenu en 1978.

    Bonne journée à tous

    Bruno DARBOIS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*