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« Clim’ mortelle » (suite): le vrai danger est ailleurs

Deepcool

Voilà peut-être la campagne qu’aurait dû lancer la députée européenne Michèle Rivasi en lieu et place de sa croisade aussi bruyante qu’incertaine contre le nouveau fluide frigorigène 1234yf. Car s’il est un scandale naissant en matière de climatisation auto, c’est apparemment celui du fluide de substitution Deepcool, également baptisé Duracool.

Ses attraits : il est moins cher que l’actuel R134a  et, comme il ne s’agit pas d’un fluide frigorigène de type «HFC», le pro (ou le particulier) qui l’utilise n’a pas à fournir d’attestation de capacité ou d’aptitude, ni à subir la formation qui va avec, ni à s’astreindre, comme la loi l’exige aussi, à comptabiliser les volumes traités et récupérés. Bref : pas de contrainte, pas de surcoût et pas d’amende…

Ce Deepcool commence donc logiquement à rencontrer un certain succès, sur les forums de bricoleurs bien sûr, mais peut-être aussi dans les ateliers qui n’ont pas pu ou pas voulu payer le prix des exigences de la nouvelle législation en matière d’entretien et de réparation de boucles de climatisation.

Gros risques…
Le problème, c’est que ce «Deepcool» est à base d’hydrocarbures. Résultat : s’il n’a pas d’impact sur l’effet de serre (argument largement utilisé par les distributeurs de ce produit), il est en revanche 20 000 fois plus inflammable que les fluorés type R134a et le nouveau 1234yf. Cette fois, le danger d’inflammation et même d’explosion est réel et avéré.

Pour cette raison, le Deepcool n’est donc pas homologué par les constructeurs et ne le sera jamais. C’est la très sérieuse AFCE (Alliance Froid Climatisation Environnement) qui a tiré le signal d’alarme fin novembre sur son site. Elle y rappelle les risques que prend toute personne, à commencer par le professionnel, qui mettrait un tel fluide dans une climatisation auto en remplacement du R134a :

  • risque d’explosion ou de brûlures lors de la manipulation ;
  • risque de blesser le réparateur suivant qui ne peut savoir qu’un fluide hautement inflammable a été mis en lieu et place du R134a.

Du coup, l’utilisateur s’expose également à un refus de prise en garantie et surtout à un refus des assurances de couvrir tout accident matériel ou humain suite à l’utilisation de ce fluide.

Législation poreuse…
Mais comme souvent, la législation n’a rien prévu en la matière. Aussi dangereux soit-il, ce Deepcool ne peut donc pas être interdit à l’heure actuelle. L’AFCE annonce avoir informé les pouvoirs publics, mais ces derniers semblent peu mobilisés en la matière. Après tout, de l’essence, de l’huile et en proportion, une once de Deepcool en plus dans une voiture : un peu plus ou un peu moins de produits inflammables, est-ce vraiment préoccupant ?

Ça le deviendra évidemment au premier incident. Mais à ce moment-là, comble de l’ironie, c’est peut-être le R134a ou le 1234yf qu’on accusera spontanément en premier, fort des fausses certitudes martelées par la campagne de presse de Michèle Rivasi. On le fera en toute bonne foi, même si ce sera au mépris du bon sens…

voir aussi:

« Clim’ mortelle » (suite): l’étrange témoignage du Parlement européen…

Clim’: la fausse alerte au « gaz mortel »!


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7 Commentaires concernant “« Clim’ mortelle » (suite): le vrai danger est ailleurs”

  1. [quote name= »scillia »]Je trouve dommage que pour soulever un problème, il faille toujours que les gens dénigrent un autre sujet. Sur le coup, je trouve votre article agressif; si l’on pense chacun pour soi, chacun dans sa paroisse, rien ne bougera.

    Mon conseil serait de voir que l’un de ces produits est un fléau pour l’air qui est respirée dans des voitures et semble être dangereux en cas d’accident; et que l’autre est inflammable, donc les deux sont dangereux!!!!!! point!!!!!

    Alors soyez plus prudent dans vos propos, ne faites pas d’amalgames et merci pour l’intention qui reste bonne, j’en suis sûre![/quote]

    Désolé de déterrer le sujet, je trouve cet article…scandaleux. Le gaz deepcool ou duracool, est un gaz utilisé dans les système de refroidissement depuis DES ANNEES sans que vous l sachiez. Il est en effet utilisé dans vos réfrigérateurs ! Le gaz deepcool ou duracool n’a rien de mystérieux ou magique : c’est un mélange de butane/propane c’est à dire de GPL. A titre d’exemple c’est le même gaz que dans un briquet ou dans la bouteille de gaz de votre cuisinière. Sa dangerosité n’est réelle que si le mélange air/gaz atteint 50% et que vous lui fournissez une flamme/étinclle. or ces condition sont rarement réunies même en cas d’accident automobile. En outre la quantité nécessaire au fonctionnement du circuit est tellement faible que le risque est quasi nul. Il faut environ 190g de deepcool pour un système de climatisation automobile soit environ 0,330 litres de gaz = c’est tout juste une cartouche de gaz pour réchaut de camping.
    Les affirmations de cet article ne sont basées sur aucun fait réel. A ce jour il n’y a pas eu d’accident de clim avec ce système à déplorer. Et pour cause.

  2. Je trouve dommage que pour soulever un problème, il faille toujours que les gens dénigrent un autre sujet. Sur le coup, je trouve votre article agressif; si l’on pense chacun pour soi, chacun dans sa paroisse, rien ne bougera.

    Mon conseil serait de voir que l’un de ces produits est un fléau pour l’air qui est respirée dans des voitures et semble être dangereux en cas d’accident; et que l’autre est inflammable, donc les deux sont dangereux!!!!!! point!!!!!

    Alors soyez plus prudent dans vos propos, ne faites pas d’amalgames et merci pour l’intention qui reste bonne, j’en suis sûre!

  3. Bonjour,
    article intéressant mais qui manque cependant d’objectivité !
    En effet, le lobbying des grands industriels fait et défait les lois comme cela l’arrange. Ainsi, ce qui est « dangereux » aujourd’hui ne le sera pas demain si cela permet à ces mêmes industriels/politiques de se remplir les poches. N’oubliez pas les « experts », les labos « indépendants » (financés par les industriels)… Bref, l’information au global est vérolée, influencée par des conflits d’intérêt.
    Le gaz de schiste est bien autorisé aux U.S alors que c’est un vrai poison… pourquoi n’est-il pas interdit?
    Pour le Duracool, je pense sincèrement que les industriels n’avaient rien à gagner avec un produit non breveté par leurs laboratoires et tout sera fait pour le dénigrer.
    Le seul juge de paix est d’essayer par soi-même avant de se faire une opinion dictée.

  4. BOUTARD JEAN LOUIS / 29 janvier 2012 á 9 h 34 min / Répondre

    On nous fait porter le chapeau sous toutes les coutures mais dans tous les cas ce sont toujours les mêmes qui payent les surprises! Pouvons-nous, nous professionnels accepter de telles tricheries dans la fabrication de produit dangereux?
    Où sont les personnes qui surveillent la fabrication de tels produits?

  5. Votre article est basé sur les dires de l’association AFCE dont les deux plus gros membres sont Honeywell et Dupont = l’énorme consortium mondial (50 Milliards d’Euros) qui commercialise le HFO1234yf … (lobbying ?)
    Le HFO1234yf contient du fluor dont la décomposition thermique en cas d’incendie est possible en acide fluorhydrique = mortel avec 1 gramme ! Inflammable à 405°C.
    Alors que les Hydrocarbonés HC n’ont pas de fluor, donc pas de dégagement possible d’acide fluorhydrique. Inflammable à 891°C.
    Effectivement vous avez raison d’écrire concernant les hydrocarbonés : « Ses attraits : il est moins cher que l’actuel R134a et, comme il ne s’agit pas d’un fluide frigorigène de type «HFC», le pro (ou le particulier) qui l’utilise n’a pas à fournir d’attestation de capacité ou d’aptitude, ni à subir la formation qui va avec, ni à s’astreindre, comme la loi l’exige aussi, à comptabiliser les volumes traités et récupérés. Bref : pas de contrainte, pas de surcoût et pas d’amende…
    L’AFCE annonce avoir informé les pouvoirs publics, mais ces derniers semblent peu mobilisés en la matière. Après tout, de l’essence, de l’huile et en proportion, une once de Deepcool en plus dans une voiture : un peu plus ou un peu moins de produits inflammables, est-ce vraiment préoccupant ?»
    Plus de renseignement sur les Hydrocarbonées, notamment sur http://www.freezeurope.com
    Les données techniques d’auto inflammabilité des différents fluides frigorifiques évoqués sont facilement consultables et incontestables sur les sites des différents fabricants (fiches de données de sécurité, MSDS en anglais) :
    – R134a HFC 743°C F: fluor, « décomposition thermique: acide fluorhydrique »,
    – HFO 1234yf HFC 405°C F: fluor, « décomposition thermique: acide fluorhydrique »,
    – HC 12a HC 891°C pas de fluor, donc pas d’acide fluorhydrique possible,
    – Co2 HO pas de fluor mais pression de service très élevé > 40 bars.
    Yves

  6. Comment reconnaître dans un circuit que le « Deepcool » à été employé lors d’un précédent remplissage? Qu’adviendra-t-il si ce gaz est mélangé avec le R134a? Quels risques pour l’intervenant,son équipement et [que faire] du gaz ainsi recyclé?

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