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Système eCall: le Parlement européen d’accord, mais….

Le Parlement européen s’est prononcé en faveur de la généralisation de l’eCall, en tenant compte des arguments des indépendants craignant qu’il ne soit utilisé par les constructeurs et les assureurs pour orienter les automobilistes vers leurs réseaux et ateliers agréés. La balle est désormais dans le camp de la Commission…

Le « eCall« , c’est pour bientôt ! Ce système d’urgence, embarqué dans les véhicules, permet d’alerter automatiquement (ou manuellement, via le numéro unique d’urgence européen, le 112) les services d’urgence en leur transmettant des informations essentielles comme la situation géographique du véhicule, sa description ou encore sa direction. Ce système, s’il se généralisation à l’horizon 2015, pourrait permettre, selon les estimations, de sauver au moins 2 500 vies par an en Europe et réduire par ailleurs la gravité des blessures de 10 à 15% grâce aux interventions plus rapides des services d’urgence…

Une décision très attendue…
Le système, même s’il n’est évidemment pas condamnable en soi, a toutefois soulevé un vif débat côté filière indépendante. Cette dernière craint en effet que le système ne soit verrouillé par les constructeurs ou/et les assureurs afin que le véhicule soit prioritairement rapatrié dans les réseaux de marque ou les ateliers agréés, mettant ainsi à mal la concurrence entre acteurs de l’après-vente et le principe du libre choix du consommateur !

Les indépendants sont aujourd’hui rassurés : le Parlement européen a en effet réitéré son attachement à un service public européen en la matière, mais ouvert à tous les acteurs. En France, la Feda s’est réjouie -avant même la communication officielle du Parlement- que ce dernier ait opté finalement pour une plateforme interopérable, ouverte à tous les acteurs de l’après-vente automobile. «C’est un signal fort qui est donné à la Commission Européenne en faveur d’une proposition de loi pour l’introduction au niveau européen d’un service eCall, avec des dispositions bien argumentées pour la mise en place d’une plateforme télématique interopérable avec un accès libre et sécurisé, qui respecte le libre choix du consommateur», a ainsi déclaré Michel Vilatte, président de la Feda.

Sur ce point, «le Parlement  a demandé à ce que eCall soit accessible gratuitement et sans discrimination à toutes les parties prenantes telles que les services de pièces détachées et d’après-vente, les fournisseurs d’équipements, les ateliers de réparation et les fournisseurs de services indépendants, d’assistance routière et de services associés», souligne la FNAA dans son communiqué, qui milite elle aussi depuis de longues années pour la mise en place d’un système ouvert aux indépendants. L’organisation professionnelle s’est félicité de la décision du Parlement et a remercié les eurodéputés d’avoir tenu compte de ses craintes de voir le système détourné à des fins anticoncurrentielles.

Les constructeurs en embuscade
En revanche, la FNAA se dit rester vigilante jusqu’à sa mise en place… Car maintenant, c’est la Commission Européenne qui est chargée de mettre le « eCall » en musique. Et il reste à vérifier que la résolution du Parlement sera bien respectée et suivie par l’Exécutif européen dans la rédaction finale de la directive 2010/40/UE qui régira le eCall en Europe. Si les indépendants restent attentifs aux modalités d’application, c’est parce que certains constructeurs continuent de plaider une solution à deux niveaux qui gère bien sûr les cas urgents, mais aussi les « incidents » plus mineurs.

La FNAA rappelle ainsi que Peugeot et Citroën déploient déjà et font la promotion du ‘TPS eCall’ (« Third Party Services » ou services tiers en bon français), un système équipant d’ores et déjà 800 000 de leurs véhicules. Les constructeurs ‘filtre’ les appels d’urgence par le biais de leurs propres plateformes privées, au prétexte de ne pas saturer le service d’urgence. Un argument qui on s’en doute a généré la sympathie des autorités françaises -et potentiellement de tous les services de secours européens- pour le système TPS. Du coup, on oublie plus facilement que ce ‘filtrage’ en amont des attentes des automobilistes peut aussi permettre de leur proposer des services secondaires, ou de les rediriger vers le réseau après-vente du constructeur ou le réseau agréé de l’assureur en cas de besoins bénins (‘simple’ panne par exemple)…

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