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Dieselgate (suite) : des clients VW lésés font appel aux experts du SEAI

L’association Action Auto Défense, issue du collectif “Action de groupe Volkswagen” qui réunit plusieurs milliers de propriétaires de véhicules du groupe VAG lésés par le Dieselgate, a fait appel au Syndicat des experts en automobile indépendants (SEAI) pour effectuer des tests d’émission polluantes, de consommation et de performances moteur avant et après le rappel de leurs véhicules par le constructeur.

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La toute jeune association Action Auto Défense (AAD), créée le 25 octobre 2015, a pris à bras le corps la protection des automobilistes lésés dans l’affaire du Dieselgate Volkswagen. Logique, puisque AAD est née du collectif “Action de groupe Volkswagen”, lequel regroupe aujourd’hui quelque 10 000 membres, tous propriétaires de véhicules produits par Volkswagen Auto Group (VAG) et tous concernés par les mesures prises par le constructeur à la suite du scandale.

Ou plutôt par les non-mesures, car comme le souligne l’association, les clients de VW aux Etats-Unis, pays d’où est venue la tempête, se sont vu promettre par le groupe VAG un montant de 5 000 dollars en guise d’indemnisation… quand les clients européens ne se sont rien vu proposer du tout. Par conséquent, AAD et son secrétaire, l’ancien journaliste de L’Automobile Magazine et d’Auto Plus Khalid Zarrougui, ont choisi d’agir et d’anticiper le rappel des véhicules des adhérents par Volkswagen et de les soumettre à un test de consommation, une analyse de la pollution aux NOx et une mesure sur banc de puissance.

Veiller à la conformité des véhicules

L’objectif ? Vérifier l’efficience de la solution technique choisie par le groupe VAG pour remédier aux éventuels dysfonctionnements et surtout assurer la préservation des caractéristiques techniques et contractuelles “constructeur” des véhicules. «A ce jour, l’autorité de sécurité automobile allemande, le KBA, n’a validé le rappel que d’un seul véhicule du groupe, l’Amarok, affirme Khalid Zarrougui. Et il ne s’est jamais prononcé sur les conséquences de la rectification. Nous craignons qu’à la suite de l’opération, de nombreux clients du groupe VW voient la consommation de leur voiture augmenter et la puissance diminuer.»

En réalité, ce sont une dizaine de véhicules-témoins des quatre marques incriminées de VAG –Volkswagen, Audi, Seat, Skoda– qui seront sélectionnés au hasard pour subir les tests, avant leur rappel et après. «Des tests qui seront conduits auprès d’un organisme spécialisé dans les mesures de puissance moteur, d’émissions et de consommation mais qui n’est pas l’un de ceux dont sont clients la majorité des constructeurs : nous souhaitions un opérateur le plus indépendant possible», insiste Florian Mourgues, président du Syndicat des experts en automobile indépendants (SEAI). Logique que l’organisation professionnelle, dont les experts adhérents superviseront les tests, ait choisi de s’en remettre à un centre d’essai neutre, elle dont la raison d’être est justement la prise de distance avec toute relation contractuelle avec quelque donneur d’ordre que ce soit, constructeur compris.

Un protocole-type proche des conditions réelles d’usage

Pour AAD comme pour le SEAI, il était essentiel de «partir sur un protocole de tests basé sur les conditions réelles d’utilisation du véhicule», selon Florian Mourgues. D’autant que les Real driving emissions (RDE) sont l’une des grilles d’analyse aujourd’hui privilégiées –elles seront applicables dès 2017 en Europe– pour lire les performances des véhicules en matière d’émissions polluantes, tout comme les WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures) sont appelées à devenir elles aussi la référence pour tout processus d’homologation des véhicules, parce qu’elles reproduisent au plus près les conditions réelles d’usage d’un véhicule. Au contraire du protocole NEDC –et ses mesures faites en laboratoire– utilisé aujourd’hui par les constructeurs.

L’indépendance et l’exigence du SEAI sont les raisons principales pour lesquelles AAD l’a choisi pour superviser les tests. «L’AAD s’était rapproché des autres organisations professionnelles et réseaux d’experts mais ceux-ci n’ont pas donné suite, affirme Florian Mourgues. Ses responsables ont ensuite pris connaissance de notre existence, puisque nous nous sommes créés à peu près en même temps. Nous nous sommes rencontrés et nos points de vue ont rapidement convergé.» Par-dessus tout, c’est l’intérêt ultime de l’automobiliste qui compte le plus tant pour AAD que pour le SEAI, et ce sont tout de même 950 000 clients qui sont concernés par  Volkswagen et son Dieselgate.

«L’automobiliste est au cœur de tout ça mais il n’a pas de syndicat pour le défendre (NdlR : même si des associations comme 40 Millions d’Automobilistes ont élevé la voix sur le sujet du Dieselgate), il nous est donc apparu naturel de mettre au service des 950 000 clients concernés, et au service de la vérité, notre excellence technique, notre rigueur déontologique, notre méthodologie, nos analyses objectives et indépendantes, dans le souci de préserver les intérêts d’une seule et même personne : le propriétaire du véhicule.» Ainsi, si la phase de test prouve que Volkswagen a respecté les normes que sa campagne de rappel est censée rétablir, le SEAI s’engage à «reconnaître et à prouver aux propriétaires des véhicules que le constructeur a été honnête», affirme Florian Mourgues. Si tout se passe bien, ces tests devraient s’étaler de mai à septembre prochains.

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1 Commentaire concernant “Dieselgate (suite) : des clients VW lésés font appel aux experts du SEAI”

  1. Bonjour à tous.
    Nous ne pouvons que saluer cette initiative citoyenne prise par deux associations, l’une représentant les usagers trompés par un constructeur, l’autre, des professionnels indépendants mettant leurs compétences au service des propriétaires de véhicules.
    Le S.E.A.I. s’inscrit bien dans une démarche première d’écoute de la demande des usagers.
    Il intervient ensuite pour conseiller, assister et vérifier dans des domaines techniques, qui sont le cœur de métier de l’expert en automobile.
    Nous pouvons regretter simplement que cette profession soit encore trop souvent associée au monde de l’assurance.
    Aux acteurs du S.E.A.I de gommer cette imagine négative et montrer leur réelle indépendance, en magnifiant l’excellence de leurs prestations !
    C’est sur ces bases, volontairement exigeantes, qu’est né ce jeune syndicat.
    Félicitations à son Président, Florian Mourgues, pour le travail déjà accompli en si peu de temps.
    Wilfried Reinermann expert en automobile.

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