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Véhicule connecté : Genivi Alliance s’ouvre au big data

Regroupant près de 150 membres dont des constructeurs d’automobiles, le consortium Genivi Alliance propose une plateforme ouverte de développement d’applications pour les systèmes d’info-divertissements embarqués dans les véhicules. Et se lance dans le big data via une plateforme connectée…

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C’est un fait : les véhicules deviennent de plus en plus électroniques et connectés, génération après génération. A tel point qu’on ne peut même plus les qualifier d’ordinateur sur roues mais bien plutôt de… 30 ordinateurs sur roues ! Pour donner une idée du contenu électronique et informatique présent dans les véhicules modernes, Steve Crumb, directeur exécutif de Genivi Alliance, explique ainsi qu’«une automobile comporte aujourd’hui plus de lignes de code qu’un avion de chasse» !

Le 27 avril dernier, le consortium Genivi Alliance a fait halte à Paris dans le cadre d’un rendez-vous semestriel entre ses membres. Créé en 2009 par BMW et Intel, il regroupe des acteurs de secteurs divers mais qui tous se retrouvent dans des produits applications pour le monde de l’automobile : des constructeurs bien sûr (BMW on l’a vu, mais aussi PSA, Renault-Nissan, Jaguar-Land Rover, Mercedes-Benz, GM, Volvo…), des équipementiers (Actia, Valeo, Magneti Marelli, Visteon, etc.) et une foultitude d’intervenants dans le monde de l’informatique, de l’internet et des nouvelles technologies. Son champ d’action : l’info-divertissement. Soit le maillon qui permet à tout véhicule de communiquer avec l’extérieur, que ce soit par le biais du GPS, de système d’assistance du conducteur, de la connexion à des services internet, etc. Tout ou presque, sécurité exceptée !

«Contrer Google»

La mission de Genivi est donc de faire en sorte que la multitude d’intervenants en matière d’info-divertissement puissent parler le même langage en créant un environnement ouvert où souplesse de développement, évolutivité et, in fine, partage des coûts, sont les maîtres-mots. Et de l’aveu même d’un constructeur, de contrer Google… A tout le moins s’en affranchir.

Et c’est à travers une plateforme sous linux et en open source associée à divers modules de développement que Genivi propose à ses membres la réalisation de leurs produits et services connectés. Chacun peut ainsi piocher dans cette «boîte à outil» afin de bâtir son produit et le personnaliser selon l’objectif recherché. Cette architecture présente ainsi un triple intérêt pour ses membres : en permettant l’utilisation libre de logiciels et le redéploiement de solutions existantes sans frais d’exploitation, les coûts de développement sont significativement abaissés. De même, le temps de développement est considérablement réduit avec cette boîte à outil. Enfin -et c’est le but premier de cette association-, elle présente la vertu d’initier une communauté de constructeurs, d’équipementiers, d’intégrateurs, d’éditeurs de logiciels et autres start-ups qui parlent tous le même langage. Car abstraction faite des fonctions de sécurité du véhicule où des standards internationaux ont fort logiquement été mis en place, rien de tel n’existe en matière d’info-divertissement. La logique de Genivi est donc de passer d’une logique actuelle de systèmes propriétaires à celle de plateforme collaborative.

Bien sûr, d’autre choix sont opérés par certains constructeurs : outre Google, depuis longtemps incontournable dans ce domaine, Ford par exemple reste sur sa logique de système en propre avec SmartLink – que vient d’ailleurs de rejoindre Toyota pour de futurs développements communs. Bien sûr, l’association multiplie les accords pour rendre fonctionnelles et donc intégrables des applications initialement conçues sous Androïd par exemple. Reste que la direction de Genivi estime que linux devrait s’accaparer 50% de part de marché mondial à l’horizon 2020.

RVI : première plateforme ouverte de données véhicules

Ce rendez-vous parisien a aussi été l’occasion pour l’alliance d’annoncer le lancement de sa nouvelle plateforme Remote Vehicule Interaction (RVI), sa solution d’accès à distance aux données fournies par le véhicule. Cette deuxième pierre à l’édifice Genivi alliance consiste en une plateforme ouverte et connectée, qui doit permettre une intercommunication entre le véhicule et son environnement : les infrastructures routières, la maison connectée de son propriétaire, son téléphone portable voire sa montre. Là encore, il s’agit par ce biais de tenter de dégager un standard afin que le véhicule s’intègre le plus aisément possible dans son environnement lui aussi connecté.

Au-delà, le module RVI ouvrira un vaste champ d’investigation dans le cadre de l’élaboration de dispositifs connectés. Vaste est peut-être même un peu faible à l’aune de deux chiffres donnés par Yves Bonnefont, directeur général de la marque DS et présent à cette journée : 90% des data existantes sont apparues durant ces deux dernières années ; le groupe PSA -certes en pointe sur ce thème, mais il n’est pas le seul- dispose déjà au niveau européen d’un parc roulant connecté qui s’élève à 1 million de véhicules. Ces deux seuls chiffres donnent une vague idée de la masse des informations possiblement récupérables et exploitables -une masse en croissance exponentielle- afin de fournir à l’automobiliste (consommateur) le meilleur service au meilleur moment. Au regard de ces chiffres et de cette expansion, on est presque étonné de la récente annonce du patron de PSA qui, dans le cadre de son plan  »Push to Pass », ambitionnait de retirer (seulement?) 300 M€ de la commercialisation de ces datas

Pour Alexandre Corjon, Alliance Global Vice President Engineering Systems chez Renault-Nissan, qui a annoncé en septembre dernier qu’il allait adopter la plateforme IVI pour l’ensemble de ses modèles d’ici 2020, la personnalisation du produit automobile va de plus en plus s’opérer à travers les logiciels embarqués dans les véhicules et leur connectivité. Et bien entendu les données qui pourront être récupérées. Afin que «le véhicule Renault dans lequel vous montez soit VOTRE Renault…», explique-t-il en synthèse. Ou comment, à travers la connectivité du véhicule et les possibilités quasi-infinies de personnalisation qui en découlent, les constructeurs entendent aujourd’hui faire d’un produit de masse un exemplaire unique pour le consommateur…

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