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Dekra détaille la phase expérimentale de tests d’émissions polluantes

Après la parution du décret relatif au contrôle des émissions polluantes, les réseaux de contrôle technique s’apprêtent à participer à la phase expérimentale de tests des méthodes de contrôle et des valeurs de référence. Groupe leader du secteur, Dekra a donné quelques précisions sur la façon dont seront conduits ces tests et comment ceux-ci permettront de construire le protocole de contrôle qui sera finalement retenu par l’UTAC/OTC.

pollution

Le décret instituant les nouvelles normes de contrôle des niveaux de CO2 et de NOx lors du contrôle technique, incluses dans la loi de Transition énergétique et paru le 19 juin dernier, ouvre la voie à une phase expérimentale de tests des méthodes de contrôle et des valeurs de référence pour déterminer comment sera créé le protocole que devra utiliser, dès le 1er janvier 2019, l’ensemble des centres de contrôle technique en France.

Comme nous le précisions dans notre précédent article sur le sujet, une vingtaine d’établissements devraient participer à cette phase entre le 1er septembre prochain et le 1er mars 2017. Un arrêté désignant les centres participants et les matériels testés est actuellement en attente de publication. Bien évidemment, Dekra, qui détient quelque 25% de parts de marché sur le contrôle technique des véhicules légers au travers de ses trois enseignes (Dekra, Norisko Auto et Autocontrol), sera de la partie avec quatre centres : deux situés en Île-de-France et deux dans le grand ouest, qui effectueront les tests sur les véhicules de leurs clients habituels, venus pour leur visite obligatoire.

Cinq prototypes d’appareils de mesures testés

«Nous avons sélectionné des centres en propre (NdlR : le groupe Dekra en compte environ 150 en France au total) et pas l’un de nos 1 515 centres franchisés pour participer à cette phase de tests, souligne Karine Bonnet, directrice générale adjointe du contrôle technique, chargée du marketing, du réseau et des ventes de Dekra. Puisque les véhicules devront être testés avec le matériel habituel des centres d’abord puis avec les prototypes des fabricants d’équipement de contrôle ensuite, nous ne pouvons pas nous permettre d’exiger de nos franchisés de prendre plus de temps sur chaque contrôle pour tester tous les véhicules deux fois : ce serait trop long et leur ferait perdre en productivité et en rentabilité.»

Concrètement, chaque centre participant à la phase expérimentale recevra l’un des cinq prototypes d’appareils de contrôle sélectionnés par l’Organisme technique central (OTC) : l’OpaciNox de Capélec ou l’un des analyseurs 5 gaz proposés par Bosch/Spheretec, AVL DiTest, Nouvelle Fog Automotive et Actia. La machine de ce dernier, notamment, est couplée avec un banc de charge à rouleaux quand les autres appareils procéderont à l’analyse des émissions avec le véhicule démarré mais statique.

Processus d’homologation

Mais en bons prototypes, lesdits appareils ne seront pas ceux qui seront retenus par l’OTC une fois l’application effective. Il reviendra à l’OTC, en effet, de collecter chaque semaine sur les machines les résultats et les analyser avant de proposer des méthodes de contrôle adaptées et les valeurs de référence, le tout avant le 1er juillet 2017. «C’est le ministère des Transports qui, au vu des remontées de l’OTC sur les mesures et les appareils, élaborera le cahier des charges de l’analyseur-type dont devront se doter les centres de contrôle technique, explique Geoffrey Michalak, directeur général adjoint du contrôle technique, chargé de la technique, de la QSE et des méthodes chez Dekra. Ce n’est qu’une fois ce cahier des charges fixé que les fabricants d’équipements de contrôle pourront adapter leurs appareils et les faire homologuer par l’OTC.»

Le ministère des Transports devra aussi arbitrer sur les paramètres économiques de «nouveau» contrôle technique. En effet, selon Geoffrey Michalak, «celui-ci devra rester conforme aux trois grands principes du contrôle technique : être rapide, facile à réaliser et n’exiger aucun démontage, de façon à ce qu’il puisse toujours durer une trentaine de minutes». Sur le plan du matériel, le ministère devra là aussi jouer les arbitres : «les coûts matériels peuvent varier du simple au décuple», confirme Geoffrey Michalak.

«S’il suffit d’ajouter une cellule NOx aux analyseurs existant chez les fabricants d’équipement, le coût pourrait se situer autour de 3 000 euros, mais si les centres doivent acquérir un appareil entièrement nouveau, le montant peut s’élever à 30 000 euros s’il comprend également un banc de charge à rouleaux», ajoute-t-il. Ce qui, évidemment, n’est pas un investissement anodin pour des contrôleurs dont les centres, compte tenu de l’absence de numerus clausus dans la profession, ont parfois de grandes difficultés à être rentables.

Le flou des NOx et des particules

Comme le rappelle très clairement Nicolas Bouvier, directeur général de Dekra Automotive, «l’objectif de ces nouvelles mesures d’émissions polluantes est de contribuer à rendre le parc roulant français plus propre et que le niveau d’émissions des véhicules soit satisfaisant au regard des normes environnementales». Et si cela doit passer par des contre-visites, tant pis pour l’automobiliste, mais tant mieux pour les contrôleurs et les réparateurs aussi, eux dont les réseaux se préparent à la prévention de ces contre-visites au travers du concept d’Eco-Entretien.

Mais cette phase expérimentale va se révéler semée d’embûches pour toute la profession, en particulier en ce qui concerne les mesures de NOx et de particules. «Nous avancerons à l’aveugle», confirme Karine Bonnet. Et Geoffrey Michalak de préciser que «nous ne connaissons pas les seuils acceptables de NOx lorsque l’on contrôle un véhicule qui a déjà quatre ans (NdlR : âge du premier contrôle technique pour les VL) : nous ne connaissons que les seuils d’homologation du véhicule, mais transformer la formule de test en mesures faciles et rapides lors du contrôle sera plus compliqué». Encore un point sur lequel l’OTC devrait avoir à trancher.

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