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Voiture communicante « Fun2Drive » : la révolution est en marche

C’est par la voie assez inhabituelle d’une panne aléatoire d’un de nos véhicules d’entreprise que nous avons redécouvert les potentialités révolutionnaires du projet Fun2drive de Bosch. Quand il sera déployé ainsi que d’autres systèmes similaires, la relation entre consommateur et réparateur changera d’un seul coup de dimension. Et définitivement…

Parfois, le hasard d’un cas particulier vient éclairer à merveille un cas général. Le cas particulier, c’est le nôtre, aussi banal qu’agaçant : une des voitures récentes de notre parc «entreprise» affichait régulièrement une alerte aussi absconse qu’anxiogène -«faites réparer moteur», et/ou «Service»- sous la forme d’une alerte intermittente et aléatoire que le concessionnaire de la marque ne pouvait interpréter avec sa propre « valise ». En désespoir de cause, ne sachant même pas nous dire si l’alerte était potentiellement immobilisante ou non, potentiellement dangereuse pour le moteur ou non, il allait même jusqu’à nous conseiller… «de trouver un autre concessionnaire (sic), mais surtout, d’éviter les agents (re-sic) !»

Avant d’entamer un fastidieux tour du réseau concerné et après d’autres incidents électroniques mystérieux, nous avons donc décidé de demander à Bosch, à l’origine d’une partie du développement du système hybride concerné, de brancher son KTS et d’essayer de faire mieux. Force a été de constater que le diagnostic est cette fois tombé en 3 minutes chrono, avec précision et clarté : «température gaz d’échappement avant filtre à particules». Il faut donc changer la sonde de température concernée…

Fun2Drive : simplification et transparence…
C’est là que le cas particulier débouche sur le cas général : cette problématique hélas classique nous a alors donné envie de la ré-explorer à la lumière des potentialités du projet Fun2drive de Bosch (voir «La voiture communicante sera la plus ouverte possible»). Car ce prochain diagnostic embarqué sur lequel l’équipementier travaille nous aurait probablement « raconté » une toute autre histoire : le boîtier Bosch connecté en permanence sur la prise EOBD aurait envoyé ce diagnostic dès la première alerte et en termes clairs sur l’appli «Fun2drive» installée sur notre Smartphone. Il aurait simultanément précisé si le défaut détecté impose un arrêt immédiat ou permet de continuer à rouler sans risque pour nous ou le véhicule.

Nous aurions alors immédiatement pu, soit déclencher la venue d’une dépanneuse (référencée par Bosch ou par notre assurance), soit décider de télétransmettre le diagnostic vers un réparateur de notre choix parmi les ateliers géo-localisés par l’appli de Bosch, une appli ouverte par définition à tout réparateur ou réseau de réparateurs.

A son tour enfin, le dit réparateur nous aurait rappelés, soit pour nous confirmer attendre la dépanneuse et notre véhicule, soit pour nous proposer un créneau défini en fonction de sa charge de travail et/ou en fonction de la réception de la fameuse sonde à changer.

Bref : au lieu de nous agacer et de nous inquiéter des jours durant, nous aurions alors vécu un vrai moment de transparence et d’efficacité. Nous serions devenus des consommateurs heureux et sereins car capables de comprendre et maîtriser la chaîne d’événements imposés par la défaillance de notre véhicule. Nous aurions trouvé un réparateur tout aussi ravi, à qui ce diagnostic embarqué par une voiture devenue communicante aurait rendu toute la noblesse de sa fonction: réactivité, disponibilité, technicité… et là aussi, transparence. En un mot : une révolution profonde et définitive de la relation consommateur/voiture/réparateur…

Des enjeux phénoménaux
Bosch a encore quelques étapes à franchir dans son projet Fun2Drive qui débouchera d’abord par le marché des flottes : fiabiliser, miniaturiser (le bloc connecté sur la prise EOBD est encore un peu volumineux), atteindre un prix d’abonnement suffisamment attractif auprès du client final comme auprès du réparateur ou du réseau de réparateurs qui souhaiteraient entrer dans l’appli et bénéficier de ses vertus commerciales. En équipementier germaniquement prudent, Bosch refuse de donner un délai pour la première étape des flottes et surtout, pour la seconde étape qui ouvrira alors l’application à tout automobiliste. Mais c’est en revanche certain : dans les deux cas, c’est pour demain. Et peut-être même dès cette année…

Ce sera évidemment une révolution qui fera passer la relation réparateur-consommateur de l’âge de pierre à l’âge d’or. Car au-delà du diagnostic d’une défaillance, le système est évidemment orienté « préventif » en prévenant en temps réel des échéances du carnet d’entretien.

Autant dire que cette révolution se déroulera sur fond de combat entre de tels systèmes ouverts à tous les réparateurs et les systèmes fermés que les constructeurs développent également, mais au seul profit a priori de leurs réseaux primaires et secondaires (voir «Clients ateliers : le Smartphone, arme de captation massive ?»). Dans un contexte ou les entrées-atelier se raréfient au fur et à mesure que le parc se renouvelle, la guerre va bientôt commencer. En fait, dès que Bosch proposera sa première version «flottes».

Car les constructeurs ne vont pas aimer et leurs réseaux non plus, eux qui trustent l’entretien des parc « entreprises » : le « Fun2Drive » renforcera les gestionnaires des dites flottes dans leur recherche d’alternatives après-vente moins coûteuses pour des véhicules d’entreprise récents par définition. Ce système Bosch -ou tout autre système concurrent ouvert- viendront les encourager à basculer plus massivement du réseau constructeurs vers d’autres opérateurs…

Le diag’, moteur du devenir de l’après-vente
Cela pose bien sûr la question du devenir des réparateurs isolés, thème abordé lors du dernier Automechanika (voir « Les réels dangers du diagnostic à distance« ). Pourront-ils eux aussi entrer, seuls et facilement, dans cet âge d’or du «client électronique» ? Bosch certifie que oui, même si la marche risque d’être haute pour un simple indépendant… En tout cas, Bosch confesse volontiers que la liste des réseaux qui piaffent d’impatience s’allonge régulièrement…

D’ici à la généralisation de tels systèmes ouverts ou fermés, une autre catégorie d’acteurs aura probablement connu son âge d’or : les entreprises qui développent et commercialisent des outils de diagnostic similaires à celui de Bosch. Car si le diag’ devient ainsi une clé majeure d’accès aux prestations après-vente et ce, à la même vitesse que les Smartphones se généralisent, les enchères autour des acteurs de bases de données et de diagnostic ne vont pas tarder à démarrer. Et à monter très haut.

Un conseil : achetez des actions…

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1 Commentaire concernant “Voiture communicante « Fun2Drive » : la révolution est en marche”

  1. je pense que Bosch n’est pas coté en bourse, donc pas d’actions. La tête de Bosch est une fondation entièrement privée, à vérifier.
    Pour le système à venir, je l’attends depuis longtemps ainsi que le carnet d’entretien du véhicule communiquant en Bluetooth avec notre DMS pour la captation complète des interventions réalisées et à venir sur le véhicule.

    NDLR: 😉 Cette conclusion sur des actions à acheter était « pour de rire ». Cela dit, vous avez tout à fait raison: Bosch est une fondation qui n’est pas cotée en Bourse. Alors, achetez des actions des entreprises qui développeront des systèmes concurrents! 🙂

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