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Le CNPA présente son rapport sur « La Mobilité en chiffres »

Il est appelé à être présenté tous les ans. Le rapport sur “La Mobilité en chiffres”, dévoilé pour la première fois ce jeudi 27 octobre, doit servir d’outil au CNPA pour «préparer l’avenir» de la filière aval de l’automobile, chère au président de l’organisation professionnelle, Francis Bartholomé. Lequel en a également profité pour évoquer le récent  “rapport Batho” et annoncer la préparation d’une charte éthique «engageante pour chaque adhérent».

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«C’est une nouvelle étape après celle qui s’est ouverte lors des États Généraux du CNPA en mars 2015, organisés sur la base de notre idée de « pacte de mobilité », et le Mondial de l’Automobile qui vient de s’achever sur une bonne note», annonce Francis Bartholomé. La nouvelle étape évoquée par le président national du CNPA, c’est l’arrivée du tout nouveau rapport économique sur “La Mobilité en chiffres”, fruit de six mois de travail collaboratif entre la commission économique et statistique du CNPA, le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) et l’appui des études de la Banque de France, dont Francis Bartholomé est conseiller technique pour la région Grand Est.

L’ensemble de la maison CNPA associée

Des études certes limitées aux entreprises au bilan annuel de 750 000 euros minimum, mais en nombre suffisant pour tirer un portrait clair de la façon dont les Français font usage de l’automobile et dont le parc évolue chaque année. «Depuis dix ans, le CNPA ne fournissait plus sa vision chiffrée de la filière aval de l’automobile dans un document dédié, souligne Francis Bartholomé. Ce premier rapport sur la mobilité des Français est pour nous l’opportunité de montrer la part de l’automobile dans les déplacements de nos concitoyens, de mieux connaître l’état du parc roulant et les évolutions de consommation : c’est un outil de prospective et un véritable baromètre de ce qui n’est autre que le cinquième secteur économique du pays, à savoir la filière aval de l’automobile, qui dispose d’un poids économique considérable et n’a, en cela, rien à envier à la filière industrielle.»

Tous les métiers représentés par le CNPA y ont été associés et y sont donc représentés. L’ouvrage, très dense, est donc divisé en treize chapitres : transports intérieurs de voyageurs, de marchandises, parcs de véhicules terrestres motorisés, immatriculations de véhicules terrestres motorisés (dont remorques et semi-remorques), dépenses de consommation et indices de prix à la consommation des ménages, données sociales de la branche aval, données économiques de la branche aval, distribution, contrôle technique, carburants, lubrifiants, véhicules hors d’usage (VHU) et auto-écoles.

L’automobile : solution de mobilité n°1 pour encore longtemps

En quelques points clefs, Francis Bartholomé et Ariel Cabanes, directeur de la prospective et des affaires publiques du CNPA, sont revenus sur les éléments essentiels du rapport. «Le premier étant que la voiture restera le premier objet de mobilité de demain, pour des raisons de couverture de territoire évidentes et prégnantes en régions», se félicite d’abord le président du CNPA. En effet, Paris et son agglomération exceptés, la part de la population active utilisant principalement une voiture particulière, un camion ou une fourgonnette pour se déplacer à son travail chaque jour était quasiment la même en 2012 qu’en 2007, qu’il s’agisse d’usagers de la route urbains ou ruraux. A l’inverse, l’évolution a été flagrante en termes d’énergie : en 2000, le parc VP n’était diéselisé qu’à 34% contre 62% en 2016 !

Pour ce qui est du poids des différentes classes d’âge des véhicules, là aussi, l’évolution a été forte entre 2000 et 2016 : le parc de 4 ans et moins représentait alors 38% du total des VP en circulation, contre à peine 31% aujourd’hui. Et les véhicules de 10 ans et plus ne pesaient que 25% du parc total contre 37% cette année ! Et en ce qui concerne l’âge moyen du parc, là encore, la tendance est à la hausse, que l’on considère les VP dans leur ensemble, uniquement ceux passés au contrôle technique et même les véhicules hors d’usage. Si le parc VP avait 7,6 ans d’âge moyen en 2000, il en a 8,8 aujourd’hui. Le parc contrôlé au CT, lui, était âgé de 10,5 ans en 2000 contre 11,4 ans en 2016. Enfin, les VHU ont vieilli également : ils avaient 16,8 ans en 2000 et ont désormais 17,5 ans d’âge lorsqu’ils sont cédés pour démolition.

Un parc plus fiable… mais à mieux contrôler

Néanmoins, «le parc est de meilleure qualité aujourd’hui, les véhicules s’avèrent plus fiables, mieux conçus et surtout mieux entretenus», souligne Francis Bartholomé, en évoquant le chiffre de 17,7% de contre-visites de 2015 contre 20,4% en l’an 2000. Mais, selon le président du syndicat professionnel, cela peut aussi signifier que le contrôle technique n’est plus suffisamment armé pour évaluer les défauts des véhicules actuels, plaidant notamment pour un renforcement du CT, à l’instar des représentants de la branche métier du contrôle technique au sein du pôle Contrôle, Maintenance et Réparation du CNPA.

L’occasion pour Francis Bartholomé et Ariel Cabanes d’évoquer le tout récent “rapport Batho”, qui préconisait lui aussi, quoiqu’avec un peu plus de fermeté, un renforcement du contrôle technique. «La plupart des propositions du CNPA ont été retenues et mises en perspective dans le rapport parlementaire conduit par Delphine Batho, reconnaît Francis Bartholomé. Le CT tient un rôle pivot dans la conformité du parc.» Celui-ci affirme également avoir été entendu sur les problématiques de gestion du parc, même si le président du CNPA, d’avis d’encourager les propriétaires de vieux véhicules Euro 3 ou 4 à passer à des modèles Euro 5 ou 6 pour assainir le parc, souligne que la solution en la matière n’est pas encore trouvée.

«Cela pourrait, par exemple, passer par faire reprendre la main au professionnel sur le marché du VO entre particuliers : faire cadeau de la TVA sur les VO récents aux clients, dans le cadre d’un marché entre particuliers rendu au pro, pourrait convaincre les automobilistes de remplacer leur vieux véhicule, plaide Francis Bartholomé. De toute façon, l’Etat ne la touche pas, cette TVA, lors de transactions VO entre particuliers.» Toujours dans la logique de l’entretien du parc, le CNPA se félicite de l’appui du rapport à «une logique d’éco-maintenance», selon Ariel Cabanes. «Le travail effectué par la Feda sur l’Eco-Entretien est remarquable, mais Eco-Entretien est un label commercial ; il est très important qu’il puisse y avoir un label commun à tous les professionnels sur l’eco-maintenance.»

Bientôt une charte éthique

Presque en guise de conclusion de la présentation de ce premier rapport économique sur «La Mobilité en chiffres», Francis Bartholomé a tenu à souligner le besoin de redorer l’image de marque des professionnels de la filière aval automobile. «Le rapport Batho est venu suite à de longues périodes d’auditions dans le cadre de l’affaire Volkswagen (NdlR : le « dieselgate« ). Lorsque nous avons fait nos propositions, nous avons constaté que nous trainions notre image de garagiste, avec tous les travers que cela comporte, notamment l’idée très répandue que nous cherchions d’abord à trouver notre profit ; je veux donc me fixer comme objectif de redorer l’image de marque de nos métiers.»

D’où l’idée d’une… charte éthique, signée par chacun des adhérents du CNPA. Celle-ci, selon le président de l’organisation professionnelle, serait en cours d’achèvement après la présentation d’une première version aux différents métiers hébergés dans la Maison de l’Automobile. «Je veux une charte qui engage ses signataires et j’irai jusqu’à l’exclusion si celle-ci n’est pas respectée par nos adhérents, insiste Francis Bartholomé. C’est un enjeu de crédibilité pour nos métiers que le respect de la qualité technique, de la sécurité, du respect de l’environnement et surtout du client.»

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