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Equip Auto 2017 – la FNA affronte l’avenir connecté

À l’occasion de cette nouvelle édition d’Equip Auto, la Fédération Nationale de l’Automobile (FNA) a mis sur pied une conférence. Animée par Florence Duprat, journaliste à BFMTV, elle était développée autour de 4 tables rondes ayant pour fil rouge : “l’avenir de la réparation automobile indépendante face aux véhicules connectés”. Elle a réuni un parterre d’experts en la matière qui ont échangé leur point de vue. Gérard Polo, président de la FNA, a veillé au bon déroulement de cette conférence.

Après une introduction rapide de Gérard Polo, qui rappelait que cette conférence était une première pour l’organisation, même si elle possède un laboratoire de réflexion interne (le FNA Club Service), les débats s’engageaient auprès de Bernard Julien, Thierry Leblanc et Gérard Sgobbo pour aborder “le véhicule connecté – autonome – étendu ? Exploitation de la donnée ? De quoi parle-t-on ?”. « Le constructeur explique que le véhicule fonctionnera mieux s’il reste connecté avec lui. Mais cette approche permet surtout de mieux gérer les entrées garages et l’approvisionnement en pièces », commente dès le début B. Jullien. Pourtant, même si le constructeur cherche à conserver la main mise sur le sujet, l’écosystème du véhicule connecté est très ouvert : constructeur, réparateur, assureur, assisteur, etc.

Trois scenarii peuvent découler selon l’angle des décisions européennes, poursuivait l’universitaire. Si les constructeurs conservent la main sur les données en lecture comme écriture, ils seront alors maîtres du jeu. S’ils perdent face à Bruxelles, le danger peut venir des assureurs. Enfin, si l’on reste dans l’état actuel des choses, la filière doit impérativement s’organiser pour s’assurer l’avenir du numérique. T. Leblanc rappelle de son côté le travail sur la sécurisation des données effectués par Bosch et la publication de son étude nommée : Connected Car Effect 2020.

Pour lui, « les données appartiennent au propriétaire ou au conducteur du véhicule ». Et depuis la création de Bosch Car Service en 1921, l’entreprise a toujours fournie ses données. « Il faut que toute la filière soit unie pour peser à Bruxelles », martèle-t-il encore. « Il ne faut pas subir mais être acteur. Les datas peuvent aussi être utilisées pour vérifier le comportement du conducteur et lui offrir des tarifs adaptés », conclut G. Sgobbo.

Gagnant-gagnant

Si la mobilisation générale est annoncée pour les données du véhicule, elle doit aussi l’être pour le eCall. C’est justement le thème de la deuxième table ronde qui traite du “eCall : comment l’appel d’urgence va devenir opérationnel en France ? Quels impacts pour les usagers ?” « Le eCall européen respecte le libre choix », assure Catherine Henaff. « Peut-on être certain de la répartition impartiale vers les réparateurs ? », s’interroge Antoine Tarieux, dont la groupe gère une structure d’eCall privé. Et l’on peut aussi se poser la question pour les dépanneurs-remorqueurs, puisqu’une partie travaille avec les assisteurs et d’autres non.

Aussi, « comment sont orientés les appels eCall. Il faut travailler avec les assisteurs afin de définir la cartographie exacte de l’intervention, ceci pour une solution gagnant-gagnant », estime Philippe Gimenez. Et l’on peut dire que ce travail existe déjà, puisque « depuis 2 ans, il y a des réunions avec les dépanneurs, la FNA, le CNPA », souligne C. Henaff. Il en résulte qu’il n’y a pas de changement sur autoroutes par exemple. Si une certaine forme de lobbying existe pour le eCall, il faut aussi que les professionnels indépendants développent le bCall, autre enjeu des années prochaines.

Idéalisation des produits

La troisième table ronde était consacrée au « cadre juridique des véhicules connectés ; les enjeux concurrentiels notamment pour les réparateurs indépendants ». Si en Allemagne les associations d’automobilistes s’organisent pour conserver les données, remarque Brigitte Castell, « nous avons centré nos travaux sur 4 préoccupations », souligne de son côté Kevin Fock-Yee : préservation de la vie privée, sécurité (cyber-malveillance, etc.), santé (risque sanitaire), information (56% des français ont peu d’informations sur l’objet connecté).

Au final, « le consommateur ne doit pas se retrouver captif de quelques acteurs du marché », assure-t-il encore. « Parfois les développeurs veulent une idéalisation des produits, ce qui n’est pas forcément la réalité », remarque de son côté G. Sgobbo. « L’Union européenne reconnaît un ensemble de droits aux utilisateurs des données. Les constructeurs cherchent donc à capter ces infos sur leurs serveurs avant de les redistribuer sur une architecture ouverte », analyse L. Ostojski. En conclusion, s’il y a bien péril en la demeure, le monde automobile professionnel indépendant a aussi une très bonne expérience avec ce qui s’est passé pour les données techniques.

Plus vite et mieux

La dernière des tables rondes était dédiée aux “solutions opérationnelles : les ateliers connectés”. Qu’il s’agisse d’appareils connectés, d’applications autonomes, ou de carnets d’entretien électroniques, le monde de la réparation évolue chaque jour. « Le réparateur va pouvoir travailler plus vite et mieux », estime Philippe Bouvier. Et les recherches vont bon train depuis des décennies comme le souligne de son côté P. Audouit : « depuis 1985, nous essayons de trouver des outils pour faciliter le travail du réparateur. Par exemple, le nouveau carnet d’entretien digital Sélène permet d’informer le client sur le suivi de son véhicule ». Un outil que les professionnels souhaitent tester rapidement comme c’est le cas de J-L Renaud, qui au passage s’inquiète aussi de l’utilisation des données recueillies par l’atelier connecté.

On pourrait aussi parler des outils comme Car CD, qui regroupe les données de 51 constructeurs et est maintenant totalement “responsive” (affichage automatique sur ordinateur, tablette ou smartphone). Pour conclure cette table ronde, B. Jullien estime que « la portabilité des données d’un garagiste à l’autre est aussi une notion très importante ». « Le combat va être encore long. Il faut que surtout que fassions passer le message que le libre choix des consommateurs est un véritable acquis. Ce sera sans nul doute long, mais nous y arriverons », assure au final Gérard Polo.

Les intervenants de la table ronde :
  • Bernard Jullien, universitaire.
  • Thierry Leblanc, DG de Bosch Aftermarket France et Benelux.
  • Gérard Sgobbo, président de la branche maintenance et président FNA09.
  • Catherine Henaff, secrétaire générale du SNSA.
  • Antoine Trarieux, directeur service connectés IMA.
  • Philippe Gimenez, élu branche dépannage-remorquage.
  • Brigitte Castell, conseiller technique FNA.
  • Kevin Fock-Yee, juriste de l’AFF (Association Familles de France).
  • Laurent Ostojski, juriste de la FIEV.
  • Philippe Bouvier, responsable marketing Bosch Aftermarket.
  • Patrick Audouit, directeur Centarauto.
  • Jean-Louis Renaud, président FNA85.
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