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Libre choix du réparateur : les fédérations s’expriment!

ajte-logo_webInvités par l’Association des Journalistes Techniques automobile Européens (AJTE) à débattre jeudi matin des incidences du libre choix des réparateurs par l’assuré automobiliste, les « présidents-carrossiers » des organismes professionnels que sont le CNPA, la FFC Réparateur et la FNAA, respectivement Yves Levaillant, Patrick Nardou et Jean-Paul Veyrac, ne pouvaient rêver mieux que cette date pour une telle réunion : la veille de ce débat en effet, le législateur a (enfin) définitivement gravé dans le marbre cette disposition tant attendue par la profession (voir «Libre choix du réparateur: la bataille est gagnée… mais pas la guerre»).

Les organisations sont évidemment contentes, mais guère naïves : il va leur falloir rester mobilisées et attentives. Une bonne part de l’efficience de la loi dépend encore d’un arrêté d’application qui définira la forme de l’information de ce libre choix vers le consommateur… Les trois présidents martèlent en chœur leur souhait d’être partie prenante à la rédaction de cet arrêté afin que l’amendement ne soit pas vidé de son contenu. Etre parties prenantes donc… «et faire en sorte que l’arrêté sorte vite et bien», précise Jean-Paul Veyrac !

Car «jusqu’ici, le marché échappait au carrossier sans agrément», synthétise Patrick Nardou. En face, la rentabilité des carrosseries agréées s’érodait : le professionnel devait seul (ou presque) supporter le coût des services gracieusement mis à la disposition de l’assuré automobiliste par son assureur en plus des remises en pied de facture… Bien sûr, la baisse structurelle du marché n’est pas étrangère à l’emballement du déséquilibre entre assureur et carrossier. Mais Yves Levaillant (CNPA) relève toutefois que malgré le fait «qu’entre 2000 et 2013, quelques 16% de carrosseries ont disparu en France», les dépôts de bilan sur l’exercice 2013 risquent bien de voir leur nombre augmenter significativement. «On est arrivé au bout d’un système», conclut le président de la FFC Réparateurs…

Objectif communication
Une fois passée la ‘gueule de bois’ de la victoire –car il s’agit d’une avancée indéniable pour toute la profession–, et à condition donc que le décret soit clairement rédigé en faveur d’une délivrance systématique et efficace de cette information, il reste encore à savoir ce que cela peut concrètement changer pour les professionnels sur le terrain.

Et là, c’est moins évident : un automobiliste a un accident en moyenne tous les 8 ans environ ; et son premier réflexe est d’appeler son assureur qui ne manquera pas de l’orienter vers ses ateliers agréés (même s’il a désormais l’obligation de l’informer de son libre choix de réparateur…). Dans ce contexte, quel bénéfice la profession pourra-t-elle réellement tirer de ce texte ? «Le facteur numéro un de décision pour les consommateurs reste la proximité ; nous sommes des entreprises de proximité, nous avons su nous rendre visibles, notamment en nous diversifiant avec le dépannage, la mécanique, etc. A nous de jouer là-dessus, et de devenir des ‘super-commerçants’ pour emporter la décision du consommateur», estime Patrick Nardou.

Des super-commerçants qui doivent aussi devenir de super-communicants. «Il va falloir saisir la balle au bond que constitue cet amendement, déclare en effet Yves Levaillant (CNPA), afin que les consommateurs sachent qu’il existe près de chez eux un professionnel qui, agréé ou non, est à même de réparer son véhicule dans les règles de l’art.» Et d’évoquer les initiatives faites en local, à l’image de ces carrossiers nancéiens, unis dans une campagne d’affichage pour informer les automobilistes de leur possibilité de faire réparer leur véhicule chez le professionnel de leur choix (voir «Les carrossiers indépendants nancéiens à l’affiche»). Ou encore cette initiative menée depuis plusieurs années par le CNPA dans le département de la Loire (42), dont est membre le président national de la branche carrosserie du CNPA : «Nous avons proposé aux adhérents de financer des campagnes de communication locale. Un ‘appel aux dons volontaires’ qui a donné des résultats», explique-t-il.

Patrick Nardou reconnaît que ce ne sera pas facile : «après 20 ans de mauvaises pratiques (pour ne pas dire 30), on ne va pas renverser la vapeur du jour au lendemain». Mais le nouveau président de la branche carrosserie à la FNAA insiste lui aussi sur ce point : «tout tourne autour de l’information. Il va falloir se rapprocher des associations de consommateurs afin que nos messages soient relayés auprès des automobilistes. Il va falloir combattre le discours des assureurs qui n’ont sûrement pas dit leur dernier mot !»

La communication est donc un passage obligé. Un passage qui va prendre du temps…

Vers une intersyndicale ?
La récente passation de pouvoir au sein de la branche carrosserie de la FNAAi a vu Jean-Paul Veyrac remplacer Serge Vallet. Ensemble, ces derniers avaient alors émis un même souhait : la re-formation d’une intersyndicale, afin de défendre d’une seule et même voix la profession auprès des interlocuteurs du secteur, qu’il s’agisse des donneurs d’ordre, des plateformes de gestion de sinistres ou bien des Pouvoirs Publics…

Au cours du débat, Jean-Paul Veyrac a annoncé qu’il allait rencontrer ses homologues le 4 mars prochain afin d’en discuter. Si rien n’est encore fait, l’idée est d’ores et déjà louable. Sera-t-elle pour autant pertinente ? Dans quelle mesure ne sera-t-elle pas polluée par d’autres dossiers concernant la profession de carrossier-réparateur, au premier rang desquels figure par exemple la libéralisation des pièces de carrosserie ?

Il faudra bien trouver un terrain commun. Lorsque l’on voit les méthodes appliquées par les donneurs d’ordre à l’univers de la réparation-collision ou du dépannage, et lorsque l’on sait qu’à travers leurs nouveaux services (type garantie panne mécanique), assureurs et apporteurs d’affaires investissent progressivement le secteur de la réparation mécanique (voir «Covéa met-il le loup des agréments dans la bergerie mécanique ?»), on peut à bon droit se demander s’il ne serait pas encore plus judicieux de créer une véritable intersyndicale des métiers de l’entretien-réparation automobile, autrement plus transversale et œcuménique qu’une intersyndicale ‘réduite’ à la carrosserie…

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