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Exclusif – Riposte de la Matmut au libre choix: les experts, otages des assureurs

L’expert agréé, bras armé des assureurs pour contourner la loi Hamon ? C’est ce que préfigure cette note de la Matmut et AMF Assurances envoyée par  aux cabinets d’expertise de leur réseau. Le texte les encourage, ni plus ni moins, à « oublier » le taux de main d’œuvre des réparateurs d’un même secteur pour les mettre en concurrence sur le coût de réparation global trop élevé en identifiant et en imposant une «moyenne arithmétique». Ceci pour favoriser leurs réparateurs : ceux au « vrai taux horaire » faible…

Le courrier à envoyer aux assurés (Cliquez sur l’image pour télécharger le document)

Le courrier à envoyer aux assurés (Cliquez sur l’image pour télécharger le document)

Une info venue de nos lecteurs-correspondants!Nous le pressentions dans notre article « La bataille est gagnée… mais pas la guerre » : les assureurs n’allaient tout de même pas rester les bras ballants face à une loi Hamon instaurant –enfin, disent les carrossiers– le libre choix du réparateur ! Il fallait de toute urgence trouver une parade à un texte rendant effectivement à l’automobiliste son droit le plus strict de consommateur et au carrossier, celui d’aller le séduire librement… C’est désormais chose faite pour AMF Assurances et la Matmut, filiales du groupe éponyme. Et il se murmure même que d’autres éminents donneurs d’ordres fourbissent des armes assez similaires.

La promptitude de cette contre-attaque que nous transmet un lecteur le prouve : avant même la promulgation de la loi Hamon, la Matmut et AMF Assurances savaient déjà comment la contourner, avec la complicité forcée d’experts qui voient ici leur indépendance encore battue en brèche. Du côté des deux compagnies d’assurances, la riposte était prévue depuis longtemps, puisque la note qu’elles viennent d’envoyer à leurs experts agréés est datée du mois de décembre 2013. Elle n’attendait plus que le vote favorable du Sénat pour être lancée.

Le subterfuge du dépositaire

Sous couvert de questionner la conformité de certains dépositaires de véhicules accidentés (dépanneurs, remorqueurs, voire concessionnaires faisant sous-traiter la réparation carrosserie) quant à leur code APE ou leur atelier, la note précise plus loin son véritable but : éliminer les factures aux «coûts non concurrentiels». Entendre « non concurrentiel pour les assureurs », et non pour les réparateurs. Dans le viseur des deux compagnies, bien sûr, se trouvent les factures aux taux horaires réels, les tarifs publics affichés par le professionnel dans son atelier et qu’il n’a théoriquement plus à craindre de pratiquer.

La Matmut et AMF Assurances tombent d’ailleurs le masque dès le troisième paragraphe de la note. «Nous entendons que l’assuré soit mis face à la réalité lorsqu’il s’adresse à un réparateur dont le coût de réparation est élevé, soit pour les raisons ci-dessus (la conformité, NDLR) ou soit parce qu’il entend retenir une méthode onéreuse.» D’autant que, selon le courrier, «il relève des prérogatives de l’expert en automobile d’avoir à rechercher le juste coût de la réparation du dommage», renvoyant à un texte de Lionel Namin, juriste et secrétaire général de l’ANEA. Et, ce, en dépit du libre choix dont bénéficie l’automobiliste. Cette référence à la chambre syndicale des experts indépendants, par ailleurs, gênera sûrement aux entournures plus d’un expert libéral…

Considérer le «coût global»

Pour arbitrer, la Matmut et AMF Assurances encouragent donc leurs experts à considérer le «coût global» de réparation, et non plus le taux de main d’œuvre. Question de probité, bien sûr. Les deux donneurs d’ordres n’en font pas mystère à leurs experts : «Si les tarifs horaires constituent d’évidence une composante majeure de ce coût, ils ne doivent pour autant jamais être mis en avant comme constituant le problème, ceci tant vis-à-vis du réparateur que de l’assuré, au risque de se retrouver en situation délicate au plan juridique».

La méthode préconisée pour retrouver le coût concurrentiel cher à la Matmut/AMF Assurances est la suivante : les experts doivent faire jouer la concurrence locale entre réparateurs afin de « dresser une moyenne arithmétique » du coût de réparation, « devenant de fait l’estimation du coût de la remise en état » ! Tout d’abord, l’expert devra vérifier la réalité des dommages et expertiser le véhicule accidenté sans chiffrer le montant de ces dommages dans le procès verbal remis à l’assuré mais en soulignant, par écrit, la nécessité de « recherches complémentaires quant à l’évaluation du dommage ». Car celui-ci risque de s’exposer à un montant anticoncurrentiel.

L’expert doit ensuite procéder à un petit benchmark des réparateurs du secteur, à «structure et équipement comparables» (bonne chasse…) ou capables de réaliser les travaux expertisés. D’abord en évaluant le coût de remise en état du véhicule par l’établissement dépositaire choisi par l’assuré, puis ceux d’au moins trois réparateurs des environs, en retenant les tarifs publics, même si ces réparateurs sont déjà agréés Matmut/AMF Assurances et pratiquent, en réalité, des tarifs bien inférieurs. Une méthode évidemment imparable pour obtenir une «moyenne arithmétique» du coût global de réparation supérieur au coût réel de réparation dans un atelier agréé Matmut/AMF ! En opposant ainsi des réparateurs voisins, voilà qui peut aussi,en passant, permettre de diviser ceux qui veulent se rassembler localement pour mieux communiquer le libre choix (voir «Les carrossiers indépendants nancéiens à l’affiche»).

L’expert complice… et récompensé par la Matmut !

Non content de saborder sa propre crédibilité en tant que professionnel indépendant diplômé d’Etat, l’expert doit également convenir de toute une somme d’incartades sur son rapport d’expertise qui, «par exception», bien entendu, ne doit pas valider de facture mais simplement faire état d’estimations et des opérations à effectuer sans préciser ni temps opératoire, ni taux de main d’œuvre, au profit de la fameuse «moyenne arithmétique» du coût de réparation global !

Bien évidemment, une telle procédure nécessite d’autres formes d’ententes anticoncurrentielles de la part des experts agréés Matmut/AMF, notamment d’appliquer tous strictement les mêmes consignes s’ils partagent un même secteur, sous peine de voir s’envoler des opportunités de business. Des opportunités largement au profit de la Matmut/AMF, moins à celui de « ses » experts… L’abus de position dominante des donneurs d’ordres sur l’expertise ne peut plus, dans ce cas, être relégué au rang des théories du complot. Au moins les deux donneurs d’ordres consentent-ils, «en cas de conclusions rédigées en désaccord, à accepter que la note d’honoraires soit portée à une fois et demi les honoraires de base». En grand seigneur face à un avilissement réel de professionnels censés être indépendants. Que ne doit pas consentir un expert, aujourd’hui, pour conserver des volumes de travail…

Que les réparateurs, menacés dans le libre affichage de leur taux horaire ou dans leur droit de faire sous-traiter les réparations, et les experts outragés qui ne sont pas encore au courant de la note, se rassurent toutefois : l’information circule déjà vite dans les sphères d’influence. Certaines organisations professionnelles travaillent déjà sur cette étrange approche. Ne serait-ce que pour, elles aussi, dresser les barricades nécessaires pour préserver un libre choix à peine né. Et déjà martyrisé.

On attend bien évidemment vos réactions…

Voir, depuis la publication de cet article, les diverses réactions des organisations professionnelles

Note de l'article
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27 Commentaires concernant “Exclusif – Riposte de la Matmut au libre choix: les experts, otages des assureurs”

  1. [quote name= »CATALAN »] Autre question: comment une compagnie d’assurances rembourse un client sur simple rapport d’expert, sans facture du réparateur? [/quote]

    Tout simplement parce que c’est la loi. Un assuré qui subit un dommage n’est pas obligé de faire réparer.

  2. bonjour ou bonsoir,
    juste pour répondre au romancier de « réponse d’expert » ([b]NDLR: témoignage n°23[/b]). Il raconte quoi? Serait-il si ignorant du fonctionnement des assurances?

    Il faut savoir que toutes fonctionnent sur le même principe d’échange: un coût moyen qui doit être inférieur à 1400 € et réclament une indemnité à l’assurance adverse de +-6000 €? Pourquoi, à partir du moment où un sinistre dépasse +-6000 euros, doit-on en référer à l’expert conseil? Autre question: comment une compagnie d’assurances rembourse un client sur simple rapport d’expert, sans facture du réparateur? Où passe cette TVA que déclare les compagnies? comment elles le justifient????

    Pour le problème Matmut, l’expert doit faire obligatoirement trois devis sur le secteur géographique le plus proche et au tarif affiché et non pas au tarif préférentiel? Alors vite, dès que vous avez un désaccord, informez vos collègues (pas facile) et faites un devis avant le passage de l’expert. Lui, il va avoir trois fois plus de travail pour un tiers de plus: quelle ironie, déjà que des GROS cabinets d’expertise sont incapables de traiter les dossiers en temps et heure et que leur SOIT DISANT 3G NE PASSE PAS et ne laisse rien au moment de l’expertise. Il faut réclamer un canevas immédiat!!!!

    A bientôt et merci, MR LEVAILLANT, pour votre réaction digne d’un HOMME…

  3. [i] »Je suis expert d’assureur et je m’estime totalement indépendant[/i] », nous dit Réponse expert. Soit!

    Les statistiques faites par vos mandants révélant vos résultats mensuels n’influent donc en aucun cas vos décisions dans certains cas??? En êtes-vous bien sûr?

    Attendu que les experts ayant de mauvaises stats aux yeux des assureurs sont sortis de leurs réseaux d’experts…

  4. [b]Citation en provenance du commentaire précédent de Réponse Expert:[/b]

    [i]Bonjour, ok pour le contradictoire, ok pour expert indépendant mais qu’est-ce que cela veut dire?
    Pourquoi l’expert payé par le réparateur ou l’assuré serait plus indépendant que les autres? Pourquoi cet expert soit disant indépendant ne serait-il pas tenté d’augmenter la valeur du véhicule, ou de prendre en considération d’autres dommages pour faire plaisir au réparateur et au propriétaire du véhicule et gagner des parts de marché? L’indépendance, vaste sujet, mais toujours avec de la suspicion…

    Qui conseillera au mieux l’assuré sur le choix de l’expert, si ce n’est son assureur qui en à l’expérience.[/i]

    [b]Voilà la réponse :[/b]

    Oui le contradictoire entre personnes compétentes d’une même profession. Qu’est ce que cela veut dire?

    Pourquoi l’expert payé par l’assureur serait-il plus indépendant que les autres? tous les experts se doivent d’être indépendant. Pourquoi l’expert soit disant d’assurance ne serait-il pas tenté d’abaisser la valeur du véhicule, ou de ne pas prendre en considération des dommages qui sont imputables au sinistre pour faire plaisir à l’assureur et gagner des parts de marché? L’indépendance, vaste sujet, mais toujours avec de la suspicion des deux côtés.

    Qui conseillera au mieux l’assuré sur le choix de l’expert, si ce n’est son réparateur qui en a l’expérience et qui connaît les hommes de terrain?

    Dans ce débat d’indépendance, il convient d’abord de respecter les réparateurs qui sont ceux qui interviennent sur le véhicule et sont d’abord les prestataires de leurs propres clients.

  5. [quote name= »Expertus »]Bonjour à tous.

    Je pense sérieusement qu’il faut mettre en avant le principe du contradictoire qui est primordial dans ce genre de situation.

    Alors pourquoi ne pas demander à un expert indépendant de procéder à l’expertise du véhicule sur demande du propriétaire avant que celui-ci soit expertisé par l’expert mandaté par l’assureur?

    Dans ce cas-là, le débat concurrentiel s’installe entre deux experts et le réparateur n’a plus à se justifier.

    Messieurs les réparateurs non agréés, parlez-en à vos clients. Je pense que le coût d’une telle expertise doit se situer aux alentours d’une heure de main d’œuvre pour le réparateur qui n’a pas à abaisser son taux horaire.

    Si vous souhaitez que le monde change, appliquez les mêmes principes que ceux que vous critiquez et pensez surtout CONTRADICTOIRE.[/quote]

    Bonjour, ok pour le contradictoire, ok pour expert indépendant mais qu’est-ce que cela veut dire?
    Pourquoi l’expert payé par le réparateur ou l’assuré serait plus indépendant que les autres? Pourquoi cet expert soit disant indépendant ne serait-il pas tenté d’augmenter la valeur du véhicule, ou de prendre en considération d’autres dommages pour faire plaisir au réparateur et au propriétaire du véhicule et gagner des parts de marché? L’indépendance, vaste sujet, mais toujours avec de la suspicion…

    Qui conseillera au mieux l’assuré sur le choix de l’expert, si ce n’est son assureur qui en a l’expérience? Posez-vous, vous-même la question sur le choix d’un expert médical, bâtiment, ou industriel, vous vous fieriez à votre instinct, ou au hasard pour le choisir? bien sur que non.

    Pourquoi les experts d’assureurs ne seraient-ils pas indépendants? Les instructions données aujourd’hui par la Matmut sont déjà appliquées depuis des années par de nombreux cabinets, parce qu’il n’est pas concevable que certains réparateurs s’engraissent (eh oui) injustement sur le dos d’autres réparateurs, sur le dos d’assureurs et d’assurés dont les primes sont calculées d’année en année en fonction des couts de sinistre annuels pour tous les assurés confondus. Laisser dériver les prix globaux sans contrôle est la porte ouverte aux augmentations de prime, aux abus et excès en tous genres.

    Faire un tour de caisse sur une voiture à 6000 euros: n’est-ce pas du vol? On le voit souvent aujourd’hui. Faire récupérer les franchises aux assurés: n’est-ce pas contraire à l’équité entre assurés, contraire au code des assurances et à l’équilibre des primes d’assurance? Le réparateur en fait-il cadeau sur ces deniers personnels ou le répercute-t-il de manière déguisée sur ses taux horaires ou des pièces remplacées qui ne le sont pas? Tst-ce honnête?
    Qui paye au final? le consommateur bien entendu.
    Sous forme de libéralisme, la France a laissé faire n’importe quoi en matière de liberté de prix.
    Les réparateurs honnêtes ont été mis à mal par certains réparateurs malhonnêtes qui leur font de la concurrence déloyale, car faire récupérer une franchise ou réparer un dommage non garanti, n’est pas travailler sur le même pied d’égalité.

    Il aurait fallu que vos syndicats de réparateur ou le législateur mette en place des taux horaires encadrées (avec une fourchette hausse et basse) en fonction de la structure et de la localisation de l’entreprise.

    Si vous voulez sauver ce qui reste de la profession, il faudrait peut-être l’envisager car sinon un jour, la franchise sera à un tarif astronomique et vos ateliers seront encore plus vides.
    Au contraire, on a laissé faire et nous en arrivons à la situation actuelle: les assureurs ne veulent payer que le juste prix. Il fallait s’y attendre.

    En qualité de consommateur, je n’irai pas acheter ma baguette dans un magasin ou elle est affichée à 5 euros, même si on me promet qu’elle est la plus savoureuse. Par contre si j’avais une FERRARI, j’accepterai de payer plus cher la révision et je n’irai pas la faire en grande distribution ou dans un garage NO NAME qui facture au taux de FERRARI.

    En qualité de consommateur qui paye un service, je fais travailler la structure qui a le meilleur rapport qualité/prix. Il n’est pas honnête de demander aux assureurs de payer le prix fort pour la même prestation et ce que je n’accepterai pas moi-même.

    Je suis expert d’assureur et je m’estime totalement indépendant.

  6. Votre site est parfait!! Enfin des gens qui disent la vérité!!!

    Je vais vite m’abonner à votre site!!

    Trouvons un texte de loi pour que les carrossiers moissonnent des experts indépendants….

  7. Bonsoir,
    pas d’inquiétude: les assureurs vont dégraisser pour préserver leurs gains.

    En effet, tout leur staff inutile de pseudo statisticiens, émetteurs d’analyses fumeuses, vont devoir « travailler » sous d’autres cieux, leur inutilité chronique semblant mise en évidence désormais ainsi que leur incompétence notoire.

    Ouf, l’atmosphère va redevenir respirable et chacun va retrouver son rôle utile pour ceux qu’ils servent, les assurés victimes d’accidents.

  8. Consommateur agacé / 16 février 2014 á 12 h 28 min / Répondre

    Bonjour,
    L’ennemi n’a pas de nom, il s’appelle Finance.
    Néanmoins, aujourd’hui nous connaissons un de ses visages, celui des assureurs quel que soit leur appellation.
    En fait, convenons qu’il faille les remettre à leur juste place d’indemnisateurs et non d’acteurs décideurs à sens unique.

    Ils sont obligatoires et obligataires, la belle aubaine!!! Toutefois, il faut rappeler qu’ils ne produisent rien hormis de l’argent, beaucoup d’argent!!! Mais pour qui, pour quels privilégiés particuliers?

    Les remises arrières et autres, occultes voir Suisses, sont désormais légion dans ce milieu qui en veut toujours plus.
    Il faut donc les ramener à la réalité, l’enrichissement sur le dos des autres a ses limites, il faut voir qu’elles sont atteintes ce jour!!!

    Donc, il faut qu’ils assurent, un risque évalué, sous-évalué et font payer des primes sans corrélation avec les risques actuels, pour toujours plus de gain financier.

    Assurez Messieurs, faîtes votre boulot et laisser les autres professionnels de la collision automobile, Réparateurs, experts, Avocats faire leur travail sans ordres fallacieux et mafieux.

    Chacun doit retrouver sa place et surtout vous qui vous déclarez donneurs d’ordres alors que seul l’assuré peut prétendre à ce titre.

    A bon entendeur et que la justice s’empare de ces malversations colossales.. Les langues vont finir par se délier, il en va de l’intérêt de notre société et de la France….

  9. les compagnies imposent de plus en plus leur loi.
    Après les coûts de sinistre, la remise en question des méthodologies constructeur(mépris de la sécurité), l’incitation à proposer l’achat de véhicule, la remise en question des temps constructeur, la pression sur les experts et les réparateurs, la pression sur la gestion des cabinets d’experts et l’ANEA, le mépris des lois en raison de leur puissance financière et sociale, le mépris des instances diverses, leur maillage politique, social, juridique et fiscal avec la complicité de leurs experts-conseil et de leurs experts soumis, le totalitarisme est à notre porte. Les consommateurs ont du soucis à se faire. Il est vrai que 2014 met en valeur les jeux olympique et Moscou en particulier…

  10. En tant que carrossier, je suis choqué de ces instructions faites aux experts qui n’ont plus d’indépendance que le vague souvenir de leur métier originel.

    En tant qu’élu patronal, je suis atterré de voir à quel point certains assureurs (tous?) ignorent les fondamentaux du droit, ou feignent de l’ignorer et qu’une mutuelle aussi importante que la Matmut/AMF ait osé officialiser, en l’écrivant, cette instruction. Je vous en remercie!

    Non messieurs les assureurs: votre instruction aux experts repose sur une mission sans fondement légal ou réglementaire. Et sous couvert de vouloir encore et toujours faire quelques euros d’économie sur le dos des réparateurs et des experts, vous exposez deux professions à, si ce n’est mourir, du moins dépérir et ne plus être en situation d’assurer une qualité de réparation pour les usagers et de ne plus pouvoir payer leurs compagnons.

    Nous allons donc encore devoir vous rappeler vos limites: celles de l’expertise et prendre à témoin les pouvoirs publics de ces dérives inqualifiables.

    [b]Yves LEVAILLANT Professionnel de la carrosserie et président des carrossiers du CNPA[/b]

  11. Allez Messieurs les Réparateurs, votre avenir s’éclaire à ce moment précis. Emmenez avec vous les experts réellement indépendants afin que se remette normalement en marche la roue économique de ces professions.

    En effet, l’édifice financier savamment tissé par les assureurs se fissure enfin par les derniers abus de position dominante exprimés.

    Il faut faire respecter la loi sur l’expertise, donc:
    -exit le BCA:Illégal,
    -exit les plateformes d’expertises internes de certains assureurs, Niort, Nantes, Strasbourg et autres CAR, Coach, Astree: Illégal…

    Ce serait du boulot avec et pour l’Anea mais ça ne semble pas être dans l’objectif de cette association servant les intérêts de ses dirigeants et des donneurs d’ordre uniquement.

    Alors Nettoyons la place, le droit est avec nous et pas d’inquiétudes, personne n’a de mémoire d’homme connu un assureur faire faillite… Par contre belle opacité sur l’utilisation des gains engrangés depuis tant d’années.
    Capitaliste, Mutualiste pas de partage!!!!

  12. Bonjour à tous

    Vous vouliez des éléments prouvant la main mise des assureurs sur les experts? Eh bien, en voilà une irréfutable et accablante.

    Il serait opportun de présenter ce document à la DGCCRF pour avoir leur avis sur la question du détournement de clientèle et du contournement manifeste de la nouvelle loi Hamon.

    En tout cas, ne comptez pas sur l’ANEA pour aller contre ces consignes car ils sont plus que jamais les serviteurs et les complices des assurances.

    Allons-nous continuer, chers confrères, à être les guignols de ces gens-là qui bafouent vulgairement notre profession et nous pressent comme des citrons, avec leurs soit-disants coûts sinistres qui ne servent qu’à vous écraser moralement en vous martelant que vous n’êtes pas bons!!!

    Combien d’entre vous oserons appliquer ces méthodes infâmes et illégales pour continuer à faire du tort au monde de la réparation automobile??

    Rassurez-vous: quand il n’auront plus besoin de vous, ils vous oublieront et vous remplaceront sans remord par des solutions moins coûteuses, même si elles sont illégales.
    Ne restons pas passifs devant ces méthodes; refusez-les.
    Votre survie en dépend aujourd’hui .

    Courage: osons changer les choses.

    David

  13. Excellent « Conscience Expert », excellent!!

    La base du missionnement rappelée à tous!!!
    Et de fait, pour rester dans la LÉGALITÉ, et non dans l’égalité, tant prônée par nos amis mutualistes (autant que la fraternité), il faut que le PROPRIÉTAIRE du véhicule, ou le détenteur de la carte grise mandate par ÉCRIT l’expert. (Dura lex, sed lex… La loi est dure, MAIS c’est la loi).

    Donc, depuis des lustres, toutes les missions délivrées uniquement par les assureurs n’ont pas de valeur, vu que l’assuré (a priori propriétaire du véhicule), n’a rien écrit.

    Nos amis des revues périodiques à l’usage des consommateurs et des automobilistes ont du grain à moudre pour quelques semaines pour informer leurs lecteurs sur l’usurpation d’identité faite par les assureurs sur le missionnement d’expert dans le cas de sinistres survenus!

    Dès lors qu’on fait quelque chose à votre place, on usurpe! Dura lex, sed lex.. Bis repetita placent (Les choses répétées deux fois plaisent…)

    Depuis la loi permettant le groupement de personnes physiques pour ester un responsable de dommages, on peut imaginer quelques groupements à naître dans les semaines à venir; qui sait: il paraît que le changement c’est maintenant.

    Les armadas de juristes salariées par les assureurs auraient du mettre le doigt sur ce point depuis des années pour assurer une vraie légitimité à leurs patrons. Mais elles n’ont rien vu, toutes ces armadas, plus concentrées sur les dossiers litigieux à payer le plus bas possible!

    D’autre part, la Matmut et AMF ayant montré l’exemple sur les desseins de chacun, réparateurs, à vous de jouer! Le système des agréments est en fin de vie, la liberté de choix du réparateur est légale (ou presque), la liberté des prix aussi! Prenez le contrepied des emporteurs de business qui veulent gérer VOS entreprises en votre lieu et place en invitant vos clients à mandater des experts indépendants, LIBRES et HUMAINS.

  14. Allez, rions en ces temps très moroses, et parlons LÉGALITÉ.
    Seul l’expert mandaté par le propriétaire du véhicule peut exercer, le texte est sans équivoque:
    [i] »Article R326-1 Code de la route
    Modifié par Décret n°2006-1808 du 23 décembre 2006 – art. 2 JORF 31 décembre 2006
    L’expert en automobile doit indiquer à la personne qui envisage de faire appel à lui
    le prix de sa prestation.
    L’expert ne peut se substituer au propriétaire du véhicule que s’il en a reçu mandat écrit.[/i] »

    Donc, les petits entrepreneurs de l’expertise, adoubés par les assureurs, devraient mieux réfléchir avant de se donner aux donneurs d’ordres, corps et âmes et de se faire avaler bientôt à force de compromissions. Puisque les autres experts sont morts!

  15. En regard des recommandations imposées là aux experts, nous ne pouvons que constater leur perte d’indépendance totale.
    L’abus de position dominante des donneurs d’ordre sur leurs experts est ainsi exposée! La subordination de ces derniers est malheureusement affligeante et bien réelle.

    Car, ceux qui croient avoir la chance de travailler pour ces assureurs vont trouver cette étude concurrentielle tout à fait normale et vont vite déchanter.

    Devenir complices d’une pseudo étude économique, alors que le rôle de l’expert est technique, pour se préserver un volume d’affaires, et perdre son âme d’expert en automobiles pour subsister, est bien pitoyable.

    La lecture simple de cette circulaire démontre clairement que les donneurs d’ordre font leurs lois puisqu’ils veulent continuer de contrôler les finances des petites entreprises que sont les carrossiers et les experts.

    Sacrifier une noble profession à l’autel des gains astronomiques des assureurs est terrifiant pour l’équilibre économique du secteur concerné car entraînant bon nombre de réparateurs et leurs compagnons vers de sévères difficultés.
    Ce sont encore les assurés, les Français, qui vont pâtir de cette situation!

  16. Bonjour à tous.

    Je pense sérieusement qu’il faut mettre en avant le principe du contradictoire qui est primordial dans ce genre de situation.

    Alors pourquoi ne pas demander à un expert indépendant de procéder à l’expertise du véhicule sur demande du propriétaire avant que celui-ci soit expertisé par l’expert mandaté par l’assureur?

    Dans ce cas là, le débat concurrentiel s’installe entre deux experts et le réparateur n’a plus à se justifier.

    Messieurs les réparateurs non agréés, parlez-en à vos clients. Je pense que le coût d’une telle expertise doit se situer aux alentours d’une heure de main d’œuvre pour le réparateur qui n’a pas à abaisser son taux horaire.

    Si vous souhaitez que le monde change, appliquez les mêmes principes que ceux que vous critiquez et pensez surtout CONTRADICTOIRE.

  17. Dans le cas de sinistres, les Porsche de Daniel HAVIS sont-elles réparées chez le moins disant???

    [b][u]Précision de la Rédaction[/u]: [i]enquête faite, si nous laissons ce commentaire après en avoir supprimé plusieurs sur le même sujet des « Porsche », c’est parce qu’il nous est finalement apparu que Daniel Havis a lui-même fait connaître dans la presse, à moult reprises, sa passion pour la belle mécanique allemande et [u]à chaque fois, en tant que patron de la Matmut[/u] (voir https://www.google.fr/search?q=Daniel+Havis+porsche&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls).
    Cela précisé, nos amis lecteurs doivent savoir que nous ne laisserons plus paraître d’autres allusions sur cet aspect de la vie du patron de la mutuelle, même si c’est lui-même qui, en l’occurrence, n’a pas su dissocier très clairement la frontière entre activité privée et activité professionnelle[/i][/b].

    IL y eut un bruit il y a quelques années, disant qu’une plateforme d’enchères inversées de la réparation était en cours de création entre Le Mans et Niort. On se dirige sur le même modèle économique, et économique c’est le cas de le dire!!!

  18. J’aime bien, en remarque 4/d: « [b][i]La nécessaire implication de l’expert pour la bonne mise en œuvre de cette procédure, nous amène, en cas de conclusions rédigées en désaccord, à accepter que la note d’honoraires soit portée à une fois et demi les honoraires de base.[/b][/i] ».

    ET SI ÇA C’EST PAS… DE LA CORRUPTION… C’EST QUOI !?

  19. Ah, ces assurances…. Ça ne les gène pas de faire travailler leurs garages agrées à ras les pâquerettes, mais ils voudraient commander aussi les garages non agrées et leurs clients. C’est toujours les mêmes qui ont le droit de gagner de l’argent (les carrossiers ont juste le droit de faire le boulot et d’obéir,c’est vraiment la magouille en France).

  20. Bonjour,

    Il restera à « évaluer » les ateliers :
    -Personnel titulaires du CQP ou CAP avec présentation obligatoire des diplômes
    -1 marbre ou 2 ?
    -Age maxi de la salle de peinture
    -Appareils de Diag quelle génération?
    -Banc de géo 3D ou pas?
    -Contrôles des soudures avec édition ticket ou pas?
    quelle note par critères : pour la salle de peinture 3 ou 2?
    Etc., etc.

    Les clients qui choisissent leur atelier ont un critère indémontable: ils leur font CONFIANCE.
    Jean Paul

  21. Pourquoi les réparateurs n’informent-ils pas leurs clients de leur droit de désigner l’expert de leur choix en lieu et place de l’expert d’assurance?

    Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a aucune loi qui interdit à l’assuré de choisir l’expert qu’il veut.

  22. Les réactions de ces premiers assureurs préfigurent simplement de ce que les autres feront. Malheureusement ils sont en position de force et il est à craindre que les experts exécuteront à la lettre les instructions reçues quitte à perdre leur âme.

    Cette profession est prise en otage depuis environ une décennie et elle ne représente plus une profession dite libérale mais des auxiliaires d’assurances. Il est à préciser que ceux qui vendront leur âme au diable feront toujours parti d’un syndicat qui n’a jamais pu rien faire pour défendre les intérêts de cette profession.

    Fait aggravant: l’ANEA n’a aucun pouvoir vis-à-vis des donneurs d’ordre. Un seul conseil aux intervenants: faire leur métier avec sérieux et moralité. Les assureurs ont pris la main sur la profession d’expert en automobiles en baissant leurs honoraires et les réduisant à la qualité de simple rapporteur. De jour en jour, les experts voient leur volume de dossiers se réduire sans aucune contrepartie. En l’état actuel des choses la partie est perdue pour les experts quand bien même leur organisation professionnelle voudrait les aider, cette dernière n’ayant aucun moyen d’action contre les assureurs.

    Il est à noter que la politique des trois singes ( je ne parle pas, je n’entends rien, je ne vosi rien) reste la règle. Bon courage pour l’avenir. Il est urgent que le monde de la réparation automobile réagisse contre ces mesures qui me paraissent pour le moins douteuses.

  23. Voilà une preuve de plus que les assureurs font ce qu’ils veulent et que les experts vont une fois de plus se retrouver entre le marteau et l’enclume !!!

    J’espère donc que les organisations professionnelles des réparateurs d’un côté, et celles des experts de l’autre (on peut rêver) vont taper du point sur la table…

    Messieurs les réparateurs, puisque la Matmut veut un coût moyen sur un secteur, et bien organisez vous pour avoir tous les mêmes taux horaires.

    Ne vous en faites pas pour les concessionnaires avec agréments et qui sous-traitent, leurs taux sont tellement hauts qu’ils sont hors jeu d’office.

    Comme cela, tous les réparateurs indépendants auront le même taux horaire, les experts ne pourront que constater les faits, et cela sera à l’assuré de vraiment choisir son réparateur sans contrainte de l’expert ou de l’assureur…

  24. Demander le chiffrage des 3 estimations à l’expert, et tout simplement le meilleur moyen de renvoyer en touche. Car au vue de ces documents, il deviendrai évident que l’écart tarifaire ne serai due qu’à la M.O. et donc de ce fait irrecevable.

    Par ailleurs, en cas de refus de communiquer ces estimations, il ne serai que trop facile de les recalculer, en appliquant le taux des dites structures, sur le procès verbale de l’expert, même si, à la base, il n’est pas chiffré.

    N’oublions pas que les prix sont libres!

  25. la plupart des concessionnaires à qui les assureurs donnent les agréments n’ont même pas de carrosserie: ils font sous-traiter. Avez-vous déjà vu une assurance être en déficit???

  26. SCANDALEUX!!!! INADMISSIBLE!!!
    Encore une fois, on va devoir se battre pour survivre. J’espère que tout va être mis en œuvre pour contrer cette mascarade. On en revient toujours au même: le pot de terre contre le pot de fer.

    Nous, il nous faut des années pour faire valoir nos droits et eux, avant même que les lois passent, il ont déjà la solutions. J’espère que les experts vont se rendre compte que c’est encore une belle illusion pour eux aussi et que s’ils valident tout ce que les assurances leur demandent, quand ils n’auront plus besoin d’eux, ils seront voués à disparaître comme cela déjà été le cas.

    Gaussen Cyril

  27. Matmut et MAF, ce ne sont pas deux mutuelles dont le P-dg est un collectionneur de Porsche? De mémoire, il me semble bien que ce monsieur possède au moins 8 Porsche.

    Ah, la rigueur et l’humanisme de la mutualité!!!

    Pour mémoire, pour chaque mission d’expertise, il faut que le propriétaire ou le titulaire de la carte grise ait donné mandat, par écrit, à l’expert automobile. Les missions envoyées par les assureurs seraient donc irrecevables en l’état?

    Quel(le) juriste peut éclairer ma pauvre chandelle miséreuse?

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