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Bancs de géométrie: 3D ou classiques?

prism_v.jpgBien que la crise économique n’aie pas épargné l’automobile et que la LME aie lourdement impacté les besoins de trésorerie, il semble que le marché des bancs de géométrie se maintienne. «On a constaté un fléchissement de l’ordre de ± 10 à 15% par rapport au point le plut haut du marché qui culmine sur la dernière décennie à 1 600 appareils vendus», explique Olivier Grapeloup, directeur de la filiale France de Snap-On Equipment. «Aujourd’hui, le marché français des bancs de géométrie est un marché de remplacement mature, qui comptait en 2009 autour de 1 400 unités vendues», ajoute-t-il.
Pour Jean-Louis Daoud, P-dg de la société Provac, il y a eu lors de la crise un gel des investissements, mais le secteur qui a le moins souffert est celui des bancs de géométrie car selon lui, «ils sont très rentables pour leurs propriétaires». Dans ce contexte, vers quel matériel se tournent les clients?

3D ou systèmes classiques?
Il va de soi qu’un pneumaticien spécialiste réalisant quotidiennement une dizaine de contrôles de géométrie doit se tourner vers un système de contrôle 3D des trains pour des raisons de rentabilité et de fiabilité. Les systèmes 3D ne sont pas vraiment plus précis que les systèmes classiques, mais leur avantage se situe principalement au niveau du temps nécessaire à la mesure des angles, grâce à des cibles qui se posent sur les roues pour réaliser le contrôle. Plus rapides, ils présentent en revanche quelques inconvénients. D’abord, ils coûtent plus cher ; ensuite, il faudra pour installer un système 3D un emplacement et un pont spécifique équipé d’une potence destinée à soutenir les cameras numériques. Cette installation impose un atelier vaste et un investissement supplémentaire pour accéder à la 3D. Néanmoins, ces systèmes offrent une technologie rapide et performante, et ils attirent aussi quelques petites structures en recherche de rentabilité. Dernier avantage du 3D face à ses concurrents: la quasi-absence de SAV due à des cibles quasi-incassables et aucune nécessité de calibrage de l’appareil une fois monté. Cela permet de combler -partiellement- l’écart de prix entre les deux technologies.
Pour les autres ateliers, soit l’ensemble des réparateurs «non spécialistes», le marché propose des solutions classiques. Plus abordables, elles fonctionnent avec des capteurs infrarouges appelés POD qui se fixent aux roues. Ces derniers sont fragiles (voir encadré «Systèmes classiques: attention à la casse»), mais ils sont aussi plus longs à mettre en place que les cibles d’un 3D et sont rechargeables… A ce titre, il faut bien vérifier le niveau de charge de la batterie !
A la croisée des chemins se trouve le Prisme de John Bean, qui propose une alternative portable composée de 2 POD et offrant 8 points de mesure en se contentant de 2 cibles sur l’avant (système d’imagerie) et 2 POD à l’arrière (fonctionnant à infrarouges).

Environnement PC ou Linux?

La quasi-totalité des appareils fournis est équipée de PC qui permettent de gérer les opérations de mesures des angles de trains. Bien sûr, les contraintes de l’atelier (poussière, huile ou températures variables…), sont prises en compte et la plupart des PC sont dits blindés et utilisent plus volontiers une prise USB pour utiliser les mises à jour qu’un lecteur de DVD qui n’aime pas la poussière…
Cependant, la société Provac, qui distribue les produits Hunter, a décidé d’aller à contre-courant en proposant un appareil fonctionnant sous environnement Linux à la place du traditionnel Windows (pour les inconditionnels subsiste la possibilité d’opter pour ce dernier).

Tarifs et maintenance
Ce choix pour un matériel d’atelier se justifie selon Jean-Louis Daoud, P-dg de Provac, par l’absence de bug mais aussi par le fait que les bancs de géométrie ont une durée d’utilisation en atelier allant de 6 à 10 ans. Cette durée d’exploitation, assez longue, est plus que suffisante pour que le PC souffre de problèmes de fiabilité pouvant grever la rentabilité de l’atelier. Les systèmes de géométrie 3D ont maintenant fait leurs preuves en s’imposant outre-Atlantique dans près de 90% des ateliers de réparation.

Classicisme français
En Europe, et plus particulièrement en France, la situation est différente et les systèmes classiques restent majoritaires. D’abord parce que la technologie 3D est chère avec des tarifs qui tournaient autour des 15 000 HT. Aujourd’hui, même si le prix du marché semble se stabiliser autour des 12 000 € HT (attention toutefois au prix des options !), l’écart avec les systèmes classiques reste encore important. Certes, ces systèmes 3D nécessitent une faible maintenance en évitant le calibrage annuel nécessaire sur les systèmes classiques. Les systèmes CCD qui s’appuient sur une technologie vieille de 10 ans, désormais fiable et similaire sur plusieurs marques, sont logiquement mieux positionnés, avec des tarifs évoluant entre 8 500 et 9 500 €.
«Cette différence de prix est souvent un facteur-clé lors de l’achat de matériel, d’autant que la différence de tarif peut permettre au garagiste de s’équiper d’un autre matériel comme une équilibreuse ou un outil de diagnostic», analyse Olivier Grapeloup.

A RETENIR
Le contrôle et le réglage de la géométrie des trains roulants d’une automobile est une opération qui permet un roulage droit, avec des pneumatiques qui souffrent et s’usent moins rapidement. En effet, après quelques milliers de kilomètres, il devient difficile de garder un réglage optimal des trains, et des vibrations commencent à se faire sentir. Même en passant outre l’inconfort occasionné, c’est le véhicule et donc le capital du client automobiliste qui se détériore en prenant du jeu. Grâce aux bancs de géométrie, il est possible de contrôler les angles de pivot, le parallélisme, la chasse du véhicule… mais aussi de déceler une jante voilée parfois à l’origine de dérèglements et de tremblements lors du roulage. Pour toutes ces raisons, il est donc important pour un atelier de posséder au moins un banc de contrôle de la géométrie des trains roulant. C’est aussi le cas pour les carrossiers désireux de prendre en charge des procédures VGE (Véhicule Gravement Endommagé) qui obligent le réparateur à procéder aux réglages de trains grâce à un banc de contrôle de géométrie.

Systèmes classiques: attention à la casse
Parce qu’ils reposent sur une technologie éprouvée, les systèmes classiques sont présentés comme des produits fiables. C’est certes le cas, mais cette technologie comporte toutefois un talon d’Achille. Les POD (Portable Device), qui sont les appareils fixés à la roue pour réaliser les mesures sont des éléments «bourrés» de composants électroniques. S’ils viennent à tomber, leur casse est plus que probable et nécessitera un échange. Dans ce cas, c’est le plus souvent le distributeur qui propose une solution de réparation ou de substitution des POD. Or, cette dernière prend en règle générale 48 à 72 heures, ce qui peut représenter pour un gros faiseur un manque à gagner important. L’emploi d’un système CCD dit classique requiert donc une attention particulière au niveau de la manipulation des fragiles POD, tandis que les cibles des systèmes 3D peuvent subir un choc sans occasionner de casse ni d’étalonnage supplémentaire.

Rav suit le mouvement
Rav est présent sur le marché des bancs de contrôle de géométrie avec des appareils d’entrée de gamme, comme le 1760/1780 BTH proposé à 8 500 €, mais aussi avec des solutions très haut de gamme (vendues plus de 30 000 €) qui peinent à trouver leur public en France pour d’évidentes questions de budget. «Pour combler cette lacune dans la gamme, nous allons sortir dès Automechanika notre premier système 3D», annonce L. Mayeux, directeur commercial de Rav France. La filiale fonde beaucoup d’espoirs sur ce nouveau matériel puisque Rav France espère augmenter sa part de marché pour atteindre 25%.

Arnaud Gauthier

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