Inscription à la news letter
Notre magazine

GAUF: Jean-Jacques Lafont analyse l’année 2009

JJ_Lafont.jpgDifficile d’évoquer la distribution de pièces de rechange sans aborder la mise en place de la LME et son impact concernant la réduction des délais de paiement. Une réduction qui a été brutale: "La LME a engendré une réduction des délais de paiement de 40 jours d’un coup", déclare en effet Jean-Jacques Lafont. Il poursuit : "Pour supporter le coût financier de la LME (de plusieurs dizaines de millions d’€), on a dû uniformiser nos relations commerciales avec nos fournisseurs; par exemple, ceux que l’on payait comptant jusqu’ici, ont alors été payés dans les même délais que les autres".

Le miracle de la facture récapitulative
Aussi, afin d’amortir au maximum les effets sur la trésorerie de ses distributeurs adhérents, le groupement a utilisé la méthode facture récapitulative en fin de mois. "La facture récapitulative était d’ailleurs pratiquée depuis plusieurs années, et nous a permis de diviser le risque lié à la LME de 40% environ", tient d’ailleurs à rappeler Jean-Jacques Lafont. Un choix mûrement réfléchi, et donc assumé pour le président de GAU: "Nous avons fait le choix de financer l’essentiel des effets de la LME, en limitant au maximum l’impact de la réduction des délais de paiement vers nos fournisseurs sur nos adhérents distributeurs. Nous aurions pu par exemple arrêter l’émission de factures récapitulatives vers nos distributeurs adhérents: nous ne l’avons pas fait, d’une part parce que notre situation financière était suffisamment saine, et d’autre part parce que ce n’est pas dans notre philosophie."
Et si l’on se souvient des ‘descentes’ opérées chez certains groupements de distribution ou centres auto à l’occasion d’Equip Auto (voir "pas de nouvelles de la DGCCRF…"), laissant entendre que la loi était mal appliquée et que la fameuse facture récapitulative était un moyen de la contourner, aucun avis ou recommandation n’a été prononcé par la DGCCRF. "Selon les juristes consultés par les groupements ou la Feda, comme nos fournisseurs d’ailleurs, la facture récapitulative respecte la loi à la lettre. Reste à savoir si l’administration fera une lecture différente de la loi", s’interroge en effet le président. de GAU.

Réductions de stocks mesurées…
Reste que, sur le terrain, il s’est mécaniquement opéré une réduction des stocks chez les adhérents. Certes pas dans les proportions parfois alarmantes que l’on prédisait lors de la mise en place des nouvelles mesures, mais une baisse tout de même significative. "La réduction des stocks a été comprise entre 5 et 10% chez nos distributeurs-adhérents, elle est assez peu significative; il convient de souligner qu’il faut ajouter à ces 5 à 10% une hausse annuelle de 10% du nombre de références de pièces en moyenne. Le taux de couverture a donc effectivement baissé, en valeur relative à cette croissance des références, de 15 à 20%!" Pour pallier ce qui aurait pu devenir une baisse du taux de service, les groupements, dont GAU, ont donc noué des accords avec les plateformes régionales…

Stratégies logistiques complémentaires
"Si la LME a contribué à légitimer les plateformes régionales dans le paysage de la distribution, ce facteur d’accélération conjoncturel n’occulte pas la question de leur rentabilité. Avec la multiplication des acteurs dans ce domaine sur un marché du dépannage par définition limité, il y aura peut-être une phase de concentration des acteurs", avance toutefois Jean-Jacques Lafont. "Les plateformes nationales ont elles aussi été légitimées par la LME. Sinon, elles auraient dû voir leur activité baisser à mesure qu’augmentait celle des plateformes régionales. Or, il n’en a rien été. Au moment où les distributeurs ont baissé le niveau des stocks, ils se sont appuyés sur nos plateformes nationales, qui ont enregistré + 25% de CA/jour en cumul à fin février 2010. La politique d’achats centralisés des groupements de distribution prend ici tout son sens", analyse-t-il.

Tout est affaire de mise en perspective: "Avec des équipementiers qui abandonnent leur logistique et européanisent leurs stocks, les plateformes nationales deviennent des relais régionaux à un niveau européen." Au-delà, il y a et aura toujours deux catégories d’acteurs selon Jean-Jacques Lafont : les distributeurs des villes et les distributeurs des champs. A ce titre, "les plateformes régionales sont peut-être une réponse à la problématique précise des grandes agglomérations ; reste que dans les zones rurales ou périurbaines, les distributeurs devront nécessairement continuer de stocker de larges gammes de pièces de rechange."

La prime à la casse : un choix écologique discutable…

"On parle beaucoup de la LME, mais la prime à la casse a eu un impact sur le marché plus important encore que la réduction des délais de paiement : sur le recul global de 5% de l’activité après–vente en 2009 (VL et PL confondus), nous estimons que 2 points sont dus à la crise du poids lourd, 2 points sont directement issus de la prime à la casse (NdlR : qui a engendré la mise au rebut d’environ 600 000 véhicules de dix ans ou plus), et un point seulement de la LME…", estime Jean-Jacques Lafont. Et d’enfoncer le clou : plutôt que cette "idée prétendument écologique", Jean-Jacques Lafont plaide, à l’instar de la Feda, pour un vaste plan d’éco-entretien du parc roulant âgé.

Internet: les adhérents ‘demandeurs’

Impossible de ne pas aborder non plus la question des ventes de pièces sur internet. Si les volumes sont toujours difficilement quantifiables, de nouveaux acteurs apparaissent régulièrement sur la toile. Premier constat du patron de GAU: "Les acteurs de la nouvelle économie communiquent quasi-exclusivement sur la remise consentie, pas sur le prix final. Les écarts de prix peuvent être importants, mais il faut raison garder: afficher -30, -40 ou -50% sur une pièce peu chère rend, en fait, l’écart réel peu significatif."
Dans un premier temps, Internet a fait peur aux traditionnels; aujourd’hui, il attire plus qu’il n’effraie: "Les adhérents sont demandeurs d’une réponse adaptée à la concurrence des acteurs internet. Le juste modèle permettant aux acteurs traditionnels de se positionner sur ce nouveau canal n’a pas encore été trouvé." GAU a rarement été pionnier dans l’émergence de nouveaux concepts; mais cela lui a très souvent évité d’essuyer les plâtres, et de ne s’approprier que ceux qui fonctionnent. Et sur le sujet d’Internet, il a peut-être bien raison d’attendre: aux dernières nouvelles, les sites marchands prennent peut-être plus de clients aux centres auto qu’aux distributeurs et réparateurs dits tradtionnels (voir "ventes de pièces par Internet: ça monte toujours…")…
 
Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (Pas encore de votes)
Loading...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*