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DOCUMENT – Quand la MAAF impose « son » expert à son assuré

Cette fois et sur de fallacieux prétextes, c’est la MAAF qui s’en va punir un assuré d’avoir osé choisir son expert sans passer par celui que l’assureur voulait désigner. L’assuré en a pourtant le droit. Mais aussi, où irait-on si en plus de la Loi Hamon et du réparateur librement choisi, le consommateur s’en allait maintenant restaurer l’indépendance de l’expert ?

Maaf AIS

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lecteur 110Encore un de ces documents qui prouvent que l’indépendance de l’expert devient chose toute relative. Cette fois, c’est la MAAF qui, dans le cadre d’une procédure VEI (Véhicule Économiquement Irréparable), envoie ce courrier à son client assuré. La lettre lui explique benoitement que “son expert” lui fait savoir «que [son] garagiste a décidé de faire appel à son expert habituel». Et que ça ne se passera pas comme ça.

Qu’importe si ce n’est pas, en l’occurrence, le garagiste qui est “fautif” mais l’assuré qui a fait appel à l’expert de son choix. L’assureur décide quand même unilatéralement que ne seront donc pas réglés «les éventuels frais afférents», qu’il ne sera donc pas «tenu de la levée du gel en préfecture et de la délivrance du certificat de conformité». Et tout cela pourquoi ? «Parce qu’il ne s’agit pas de la procédure normale». Et comme ce n’est pas “normal”, la MAAF informe l’assuré qu’elle se «dégage de toute responsabilité» !

Juste parce qu’il a décidé de faire appel à un expert non-désigné par la MAAF, l’assuré découvre qu’au-delà des frais non pris en charge, il devra donc se dépatouiller de tout car son assureur ne se sent plus tenu de rien… Et pour faire bonne mesure en guise de conclusion, la MAAF laisse entendre que, comme elle «ne sera pas destinataire du rapport d’expertise, document indispensable à [son] indemnisation», l’assuré prend le risque de ne pas être indemnisé. Comme dit la pub : «C’est la MAAF que j’préfère !»

Un quasi-chantage

Et tant pis si elle recevra évidemment le rapport, au moins si elle en fait la demande. Et tant pis si l’usage veut que les frais de suivi VEI par l’expert soient pris en charge par l’assureur, a fortiori quand l’assuré n’est pas responsable du sinistre, ce qui est justement le cas dans ce dossier.

Et tant pis surtout si l’expert est indépendant par essence et que son rapport reste tout aussi opposable à la MAAF que celui produit par l’expert qu’elle aurait aimer pouvoir désigner pour traiter ce dossier. Après tout, c’est bien fait pour l’assuré : où va-t-on si, en plus de cette scélérate Loi Hamon qui veut que l’automobiliste choisisse librement son réparateur, il veut maintenant exercer son droit de choisir librement son expert ?

La MAAF exercerait une pression (on n’ose dire un chantage) qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Mais il ne s’agit certainement là que d’une malheureuse initiative individuelle qui ne saurait engager l’assureur lui-même. Au moins esquisse-t-elle une nouvelle fois une tendance lourde : le réparateur, comme l’expert, ne sauraient impunément exercer librement leurs métiers sans que le consommateur, dès lors qu’il encourage de telles audaces, n’en soit au moins puni in fine.

Et si les experts doivent se poser une question en guise de morale, c’est aussi celle-là : que reste-t-il de l’indépendance de l’expert initialement agréé et dans ce dossier écarté, s’il doit ainsi compter sur l’assureur pour lui ramener un client raté ou lui garantir un volume “protégé” ? Et par extension, quelle crédibilité accorder alors à son impartialité exigée par la loi quand il va ensuite aller dire à un réparateur que le devis est trop cher, en se pensant tenu de renvoyer l’ascenseur à son donneur d’ordres ou, au moins, de lui en tenir la porte ? Et cette question-là dépasse de loin le seul cadre de ce courrier, aussi symptomatique soit-il…

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10 Commentaires concernant “DOCUMENT – Quand la MAAF impose « son » expert à son assuré”

  1. Tant qu’à imposer son expert, son garage, qu’ils gardent tous leurs voitures! Garagistes, y a tellement d’argent a gagner!!!! Mdr!!! Y a quelques années, c’était la GMF qui avait fait ses propres garages: quoi de mieux??? Leur assurance, leur expert, leur garage!!! Et au bout d’un an: fermés!!!!
    Eh oui, impossible de gagner de l’argent avec des taux de main d’œuvre à ras les pâquerettes!!!! Et des temps barémés si bas!!! Moi je dis: laissons-les faire; quand plus personne ne sera là pour réparer, il restera les grands garages qui seront à 100-120 euros HT de l’heure et là, on verra le coût du sinistre…

  2. Le libre choix de l’expert est une réalité reconnue par la loi (code de la route).

    Alors Messieurs et Mesdames les assurés, pourquoi confier l’expertise à celui chargé de vous indemniser?

    En effet, en France et dans le reste du monde, le condamné n’est jamais celui qui a fixé la peine (logique implacable).

    Alors pourquoi l’indemnisation suite à un sinistre est-elle fixée par celui chargé d’indemniser (la logique implacable a ici disparue) ?

  3. PAS LA MÊME CHOSE DE FAIRE UNE SUPER PUB TÉLÉ SUR LE TARIF ET D’ABUSER DES
    RÉPARATEURS SUR LES REMISES IMPOSÉES ET LES TARIFS BRADÉS DES EXPERTS

  4. Encore une fois,les assurances contrôlent tout!!!! Les documents sont bien là, présents; alors que font les syndicats censés défendre la profession??? Juste prendre les cotisations…

    NdlR: Vous n’êtes pas le premier à vilipender les organisations professionnelles sur ce site. Pour les fréquenter assidument dans le cadre de notre métier de journalistes, soyons justes: les fédérations professionnelles, pour la plupart, s’occupent des problématiques des professions et tout particulièrement de la réparation-collision. Nous avons bien dit: pour la plupart…
    Leur métier est, il faut le reconnaître, bien plus compliqué que le nôtre, qui est de poser des questions et d’interpeler en utilisant le porte-voix de notre journal et de notre site. Poser la question est somme toute simple (même si nos enquêtes sont longues, circonstanciées et parfois « couronnées » de procès vengeurs). Mais trouver les réponses de fond, celles qui peuvent modifier ou redresser une tendance est bien plus long, plus technique, plus légal, plus politique. Les syndicats professionnels travaillent par définition au long cours et souvent, dans un nécessaire silence synonyme d’efficacité.
    Alors croyez-nous: la plupart du temps et pour reprendre une sympathique image, les organisations professionnelles sont comme les canards: calmes en apparence, elles pédalent pour vous sous la surface des choses…

  5. Bonjour à tous, après une lecture en diagonale de l’article, il est utile de rappeler que les Mutuelles se comportent comme des compagnies d’assurance.
    Si leur objectif inavoué consiste à brasser des millions sur le dos de leurs assurés, de leur réseau d’experts/réparateurs ou réparateurs/experts, qu’elles aient au moins la décence, voire la dignité de ne plus se prénommer MUTUELLE.
    Il y a 80 ans, naissait la MAIF (qui semble d’ailleurs vouloir se retirer d’un partenariat). Pour nous autres, il y a 40 ans, la mutuelle signifiait que les bénéfices réalisés en cours d’années étaient redistribués à ses sociétaires.
    Comment ? En réduisant d’autant la prime d’assurance l’année suivante.
    Maintenant, dans la foulée des Bonnets Rouges, il est temps que la réflexion pour un libre choix de son réparateur, un libre choix de l’expert pour examiner le véhicule endommagé fasse l’objet d’une Mutualisation des informations et des actions.
    Merci à Après Vente Auto de nous relayer toutes ces informations.
    Je sais qu’un syndicat d’experts, tout jeune, SNDEA, adhère à cette réflexion.
    Je sais que cette même démarche est entreprise dans le monde de la réparation automobile par certaines corporations.
    Il serait temps à mon sens, sur le plan régional/national, de promouvoir des assises pour signifier aux assureurs la volonté des consommateurs que nous sommes tous, de faire expertiser et réparer son véhicule, qui plus est non responsable en cas de sinistre = Recours Direct, librement, sans se faire imposer un garage et un expert de « réseau ». Quel réseau ?
    Une fronde ? Oui, contre l’impunité des décisions arbitraires prises par les puissants assureurs, au mépris de certains articles de la Loi, qui précise pourtant que chaque assuré, non responsable, a le droit de faire examiner son véhicule chez un professionnel de la réparation (qui a une obligation de résultats, de son choix, par un technicien expert en automobile, inscrit sur la liste nationale (qui a une obligation de moyens et de sécurité)de son choix.
    Point barre.
    Toutes les autres interprétations ne sont recherches de profits, dans un monde, il est vrai, où le libéralisme est aujourd’hui la référence, bien différent, en définitive, de la notion de mutualisation (des données, des moyens, des outils, des informations etc…)
    Wilfried

  6. Bravo pour cette information qui prouve une nouvelle fois de plus l’incompétence de certains gestionnaires !
    1/ ce n’est pas au réparateur de mandater l’expert chargé du suivi de réparations, mais à l’assurée…
    2/ peut-être que ce réparateur a de très bonnes raisons de ne surtout pas vouloir faire suivre les réparations par l’expert ayant chiffré les réparations(trop…) et qui va vouloir que soit suivi à la virgule près le premier rapport exagéré…
    3/ ce n’est pas l’assureur qui lève l’opposition VEI, ni l’expert d’ailleurs…; ce dernier doit fournir un second rapport papier à l’assurée qui doit aller ou envoyer le dit rapport à sa préfecture pour que soit lever l’opposition (le SIV ne permet pas aux experts d’enlever les VEI).
    4/ l’assureur n’est là que pour indemniser la valeur du véhicule; si l’assurée veut la conserver pour en faire un bac à fleurs ou la réparer, la valeur reste due et doit être payée à l’assurée (déduction faite de la valeur de récupération qui sera remboursée ultérieurement sur présentation de la facture des réparations).

    Bref, encore une nouvelle preuve d’un abus de pouvoir et surtout d’incompétence flagrante.

    Que cette assurée réclame par lettre RAR avec mise en demeure son indemnisation de la valeur, en rappelant que le choix de l’expert lui appartient (code de la Route), que tous les experts agrées VE en France sont habilités à suivre des réparations et qu’aucun assureur n’a le droit d’imposer tel ou tel expert…

    Si ce courrier est envoyé par un avocat, le chèque devrait arriver encore plus vite…

  7. Et là, Mr Montebourg, très prompt à s’attaquer aux auto-écoles, avocats, huissiers, etc., pour monopole, ne vient pas mettre son nez dans le monde des assureurs… Trop « dangereux », peut-être…

  8. Bonjour
    Quel scandale!! Comment un assureur comme la MAAF peut t’il oser se mettre ainsi hors la loi et faire un tel chantage à son client qui a osé, comme le code de la route l’autorise, faire appel à l’expert de son choix??
    Ce courrier est encore le parfait exemple de la perte totale d’indépendance des experts voulue et contrôlée par les assurances pour mieux les manipuler.
    Les propos tenus dans ce courrier sont purement scandaleux et castrateurs pour la profession, en tentant de faire croire aux assurés que c’est la MAAF qui va lever l’opposition du certificat d’immatriculation de son véhicule???
    Un tel courrier devrait normalement faire réagir l’ANEA, si c’était vraiment un syndicat en charge de défendre le métier d’expert. Mais n’y pensons pas.
    Ce courrier devrait être transmis à un magistrat afin qu’un rappel à la loi lui soit fait; car si la loi Hamon laisse à présent le libre choix de son réparateur, rien ne contraint l’assuré de ne pas faire appel à l’expert de son choix, tant que ce dernier en a reçu mandat écrit!!
    Alors quoi qu’en dise la MAAF et même si ce courrier d’intimidation est choquant pour la profession, elle se doit de respecter les lois et non pas de tenter « de faire sa loi ».
    Avis aux vrais experts indépendants, le combat ne fait que commencer et il ne faut rien lâcher car la loi et pour nous !!!!
    Salutations
    David

  9. Encore bravo à Après-Vente-Auto et son équipe! Encore un assureur épinglé dans ses excès! Il reste très curieux que d’aucun n’ait usé du plus élémentaire droit de réponse: est-ce la preuve de la qualité des informations transmises et analysées par Après-Vente Auto?
    Mais dites-moi, ils ont presque tous été pris la main dans le pot de confiture, les donneurs d’ordre !
    Pour avoir une réaction d’un des acteurs de cette mauvaise pièce pour l’avenir de l’emploi de milliers de personnes chez les réparateurs et les experts, faudra-t-il exhumer de vieux cadavres des placards des assureurs?
    Faudra-t-il se remémorer le Datex de la MAAF en 1985, son directeur, ses assistants à la carrière exemplaire malgré cet énorme scandale des épaves et de leurs cartes grises volantes…
    Faudra-t-il évoquer la louche activité des amicales des experts, bras de com gratuit pour les assureurs, amicales aux mouvements financiers démesurés…. Bref, pour moraliser et redorer ces professions, il faudra nécessairement ouvrir quelques placards afin que le consommateur sache enfin à quel point il est usurpé!
    Et il paraît que les placards sont nombreux….que de beaux feuilletons en perspective!
    À vous lire!
    Paul

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