Inscription à la news letter
Notre magazine

Etonnant: l’ANEA s’attaque à AXA… et au BCA!

Le 20 août, l’ANEA (Alliance Nationale des Experts en Automobile) s’est fendue d’une bien inattendue circulaire qui part bille en tête à l’assaut des pratiques d’AXA. Et notamment du traitement particulièrement clément que l’assureur réserve à BCA Expertise ! Reconnaissons-le : même si elle a parfois le sommeil lourd, L’ANEA à une sacrée pêche au réveil…

Cliquez sur l’image pour télécharger la circulaire intégrale

 

Nous avons souvent trouvé l’ANEA bien peu encline à s’emparer des débats qui agitent un monde de l’expertise pris en otage en bien des points par les assureurs. Et de taquiner son attentisme dans nos colonnes. Il ne sera pas dit qu’à l’inverse, nous ne savons pas relayer ce coup de gueule qui vient contredire cette impression assez communément partagée par nombre d’experts. Cette fois, force nous est de constater que l’ANEA, même sans grand entraînement en la matière, s’est jetée sans échauffement dans le grand bain de la lutte syndicale.

 L’ANEA sabre au clair!

Dans cette circulaire du 20 août dernier à l’inhabituel titre guerrier («ANEA dénonce les méthode d’AXA»), le contenu est combattant : «Plusieurs cabinets ou entreprises d’expertises ont eu la mauvaise surprise d’être appelés par AXA, en ce début de mois d’août, pour être informés qu’ils sont concernés par une sous-performance qui sera sanctionnée par une minoration de leurs honoraires pouvant aller jusqu’à 10%», dénonce d’entrée le président Philippe Ouvrard ; «Sur la forme nous dénonçons la méthode consistant à informer ces entreprises la veille pour le lendemain (en gras dans le texte) sans leur laisser ni le temps, ni le recul nécessaire, pour analyser les nombreuses et confuses statistiques communiquées par AXA, qui relèveraient cette sous-performance motivant la sanction à effet immédiat !»

L’ANEA ne baisse pas de ton : «Cela n’est pas acceptable, tout comme la manière dont AXA semble vouloir entretenir sa relation avec ANEA et son réseau d’Experts prestataires libéraux. Sur le fond encore, nous avons décidé d’en référer aux autorités compétentes en charge de notre profession (toujours en gras dans le texte). Nous estimons que cette sanction financière peut porter atteinte à l’action de sécurité publique conduite par les experts concernés. En effet, il faut espérer que la minoration des honoraires ne se fasse au détriment de la sécurité routière ou des règles élémentaires de la déontologie !». Diable : voilà l’ANEA qui confirme maintenant nos constats et nos inquiétudes qu’elle a toujours refusé d’évoquer avec nous…

Et elle ne s’arrête pas là, cette ANEA qui prend maintenant d’assaut la sacro-sainte forteresse du BCA. Encore en gras dans le texte : «Sur le fond enfin, nous nous interrogeons sur le caractère anticoncurrentiel d’une sanction qui n’est pas la même entre les cabinets libéraux et les Agences BCA. Pour ces dernières, AXA agit uniquement sur le volume de missions», s’enflamme un décidément téméraire Ph. Ouvrard ; «Le BCA échappe ainsi à une minoration de ses honoraires et pour causeTiens donc, L’ANEA oserait-elle enfin s’interroger sur l’ambigu actionnariat du BCA ? Apparemment, oui et la menace est lourde :  «Si nos doutes sont confirmés, nous saisirons dans les prochaines semaines l’Autorité de la concurrence». AXA prendra-t-il le risque d’une telle inquisition ?

En attendant un hypothétique passage à l’acte, le président de l’ANEA annonce qu’il va déjà prendre langue avec Jean-Robert Lopez, le délégué inter-ministériel à la sécurité routière, «pour lui faire part de nos craintes, associées à des sanctions qui touchent la rémunération de nos professionnels dans l’exercice de leur fonction».

Mieux vaut tard que jamais

«Cette brutale annonce, en plein milieu de cette période estivale, est encore plus préjudiciable pour nos entreprises qui préfèrent décider sur le champ de « jeter l’éponge » en renonçant à travailler avec AXA, faute de pouvoir discuter cette décision avec une hiérarchie qui serait “en congés”, selon les dires du service des Prestataires auto chargé de prendre contact avec les intéressés», s’agace aussi Philippe Ouvrard.

C’est bien, même si c’est un peu tardif. Ph. Ouvrard devrait peut-être nous lire plus assidûment : il aurait su tout ça dès le 15 mai dernier s’il avait lu «EXCLUSIF – AXA et ses experts (suite): les dessous du contrat»). Un article pourtant fort lu et commenté (3 597 pages vues au 21 août pour 13 commentaires) qui soulignait d’ailleurs que de nombreux adhérents souhaitaient voir l’ANEA monter promptement au créneau sur ces mêmes sujets…

La promptitude a pris son temps, mais mieux vaut tard que jamais. Au moins le président de l’Alliance a-t-il maintenant l’occasion de vivre ce que les carrossiers ressentent depuis longtemps en matière d’unilatéralité des décisions qui s’imposent à eux. D’ailleurs, la circulaire de l’ANEA en parle : «Nous relevons d’ores et déjà que certaines règles de gestion de la société AXA remettent en cause le respect des règles déontologiques élémentaires ainsi que celui des règles définies dans la charte de bonnes pratiques Experts/Réparateurs».

Allez : sans rancune et bienvenue au Club de la réparation… collisions !

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (10 votes, moyenne : 4,20 sur 5)
Loading...

12 Commentaires concernant “Etonnant: l’ANEA s’attaque à AXA… et au BCA!”

  1. Malgré une météo pluvieuse mi-août, le vent s’est levé (pas une tempête) une légère brise qui ne sera qu’éphémère. L’ANEA sort de sa torpeur en ouvrant une paupière. Mais son passif est tellement lourd qu’elle va se refermer très rapidement. En effet cette organisation n’a aucun pouvoir et a été asservie par les assureurs depuis des décennies (les anciens syndicats d’expert). Jamais au grand jamais ils n’ont été en état de mener une action cohérente à l’encontre des assureurs qui ont toujours décidé à leur place. Ces derniers se sont même attribué l’initiative en matière de dispositions réglementaires (procédure VGA, VGE). À aucun moment les experts ont refusé le diktat imposé dans la gestion de ces mesures.
    Pire: les experts se sont mis à genoux et ont accepté l’aumône que leur donnaient les compagnies pour effectuer ce type de mission. Les professionnels de l’expertise sont en péril exception faîte du BCA qui appartient aux assureurs et exécutent à la lettre leurs directives. Il paraît important de rappeler que les experts ne peuvent maîtriser leur avenir ou projeter des plans sur la comète, ils sont totalement asservis et contraints d’accepter les méthodes peu recommandables des compagnies. S’ils veulent sauver leur métier ils devront individuellement faire part officiellement de leur désaccord sur la politique d’autruche menée par l’ANEA et se rassembler entre eux pour imposer le dialogue et le respect des règles de bonne conduite entre les professionnels de la réparation automobile et les vrais experts libéraux. (Il est facile de dissocier les experts libéraux des experts du BCA en se rendant sur le site de la sécurité routière vous tous les experts sont référencés). Le pseudo coup de gueule relève de la pièce de boulevard avec un mauvais interprète.

    • Je viens de lire votre intervention dont le pessimisme m’interpelle.
      Dans nos rangs, certains de nos Confrères ont le même discours en évoquant aussi le passé, la torpeur de nos représentants, leurs compromissions, etc…
      Nous ne reviendrons jamais sur ce qu’à été hier !
      Le vent d’automne se lève et même si, comme vous le dites, il ne s’agit pas et fort heureusement d’une tempête, c’est bien la force du vent qui pourra faire avancer le voilier s’il a choisi sa destination… et son cap.
      Je travaille depuis un peu plus de vingt ans avec nombre de clients anglophone-saxons et même si tout n’est pas rose chez eux, loin s’en faut, j’ai retenu une de leurs forces dans le business qui est TÉNACITÉ et PRAGMATISME.
      Si nous restons isolés chacun chez nous, il ne se passera bien entendu rien.
      Si, au contraire, nous établissons ensemble une destination et un cap à suivre, les choses seront peut-être longues, mais nous avons toutes les chances d’aboutir. Et vous savez pourquoi ? Parce que c’est nous qui sommes en contact avec LE CLIENT, cette « chose » totalement inconnue des compagnies !!!
      De grâce, courage, détermination et… optimisme.

  2. Ah que ces sujets sont difficiles et tellement polémiques… Les temps changent et celles et ceux qui hier ont éventuellement cru bon d’aller dans le sens des myrifiques propositions des compagnies alors considérées comme tellement « innovantes » apparaissent désormais bien tristes ! A défaut d’être pauvres…
    Mais l’heure n’est certainement pas aux règlements de comptes. Mieux vaut tard que jamais non ?
    Car, ne vous y trompez pas, vous avez bien de la chance d’avoir un support communautaire tel que celui-ci.
    Chez nous Agents Généraux, le climat est et reste depuis bien longtemps bien plus délétère que les petites « mauvaises humeurs » que je lis aujourd’hui. Sauf que nous n’avons pas de support pour vraiment échanger.
    Chez nous, toutes compagnies confondues, nous subissons de plus en plus de « discernements » (pour rester courtois…) lesquels, à défaut d’être réalisés en fonction de notre attitude bienveillante ou pas, sont calculés sur des critères pseudo-économiques. AXA et toutes les majors compagnies jugent de nos qualités en fonction de nos encaissements… et de la docilité avec laquelle nous suivons et que nous affichons et appliquons leurs (au pluriel…) plans de marche.
    C’est d’ailleurs très certainement une des raisons pour lesquelles on voit de plus en plus d’anciens inspecteurs devenir Agents Généraux. Le « formatage » est un critère de choix!!! Et nos élus nationaux qui ne sont bien entendu pas de la taille des « agences moyennes », cautionnent bien gentiment ces politiques destructrices. Ces confrères, absents depuis bien longtemps de leurs business, très proches des cadres dirigeants de ces compagnies, sont -comment dire pour ne froisser personne?- allez: déconnectés des réalités économiques de la grande masse de leurs adhérents.
    Les conséquences sont, comme vous pouvez l’imaginer, déplorables pour les clients. Las, c’est que très souvent, les perpétuels « passages en force » des compagnies et notamment les fameuses plateformes sinistres (au secours !) qu’elles ont le don suprême de présenter comme la nouvelle « solution suprême », avec sa pléthore d’avantages, contribuent encore un peu plus à la déréglementation globale d’un système qui fonctionnait bien jusqu’alors.
    Mais quand ces élus n’ont plus vraiment le « nez dans le guidon », ne sont plus dans l’action d’une activité journalière où se font jour toujours plus d’écueils, on assiste, chez vous comme chez nous et comme partout, à une certaine lassitude qui laisse parfois la place à la colère.
    Il y a quelques années, combien d’entre nous se sont pourtant laissés griser par ces sirènes ?
    Les temps changent avec une économie nationale extrêmement dégradée et qui est venue « réveiller » de force nombre de professionnels indépendants comme nous. Quand l’économie est florissante, ce fut le cas il n’y a pas si longtemps notamment dans les années 90, beaucoup ont cru à ces modèles économiques que l’on pensait pouvoir devenir, à terme, plus rentables que ceux que nous connaissions. Mais nous avions oublié un facteur majeur: toutes ces compagnies ont des « stratèges financiers » avec lesquels, nous le savons aujourd’hui, nous ne pourrons jamais lutter…
    Aussi, il est indispensable que les professionnels que vous êtes et que nous sommes, avec tous les réparateurs et autres intervenants indépendants, gardions en mémoire un élément crucial. Celui que les Compagnies jouent avec un « feu » qui risque d’incendier leurs propres maisons…
    Je m’explique. Le combat de l’application de la loi que certains d’entre vous mènent, s’il sait faire fi des petites luttes intestines sans intérêt, peut et… doit aboutir à une large information des professionnels Agents Généraux, Courtiers et réparateurs au profit du public pour renverser la vapeur.
    Cette action est conforme à la législation du libre choix, la seule qui fasse foi à la lecture des textes en vigueur. Nous ne devons pas avoir peur, nous ne devons plus avoir peur des actions ou réactions des compagnies mandantes… Car le risque est bien chez elles si demain nos actions réussissent avant que l’État et le législateur se réveille… Et quand le législateur se réveille, nous le savons tous, ça n’est pas toujours à bon escient… Croyez-moi, en interne, certains cadres le savent bien !
    Comme je l’ai déjà écrit par ailleurs, tous les syndicats et notamment les nôtres sont restés muets, aveugles et sourds face aux belles promesses de « développement commercial » que de telles mesures ne manqueraient pas de générer. On a même promis à certains d’entre eux « des rentabilises partagées », des nominations aux postes d’Administateurs et j’en passe! Pour ma part et je ne suis plus le seul, je me demande bien où sont ces mirifiques profits, les seules promesses qui m’intéressaient…
    Quant aux grands intervenants que sont les BCA et autres groupes de la « grande distribution pseudo-technique », c’est l’action commune de vulgarisation de ces « légitimes possibilités offertes à nos clients » (depuis longtemps…) qui les ramènera à la distribution de quartier.
    Gageons, dans ce cas, que les compagnies reprendront bien vite leurs billes, c’est à dire leurs participations financières.
    Pour cela, un seul mot d’ordre : INFORMATION DU PUBLIC!
    Quels meilleurs vecteurs que les réparateurs et les Agents Généraux et Courtiers? Non?
    Allez, courage et à bientôt.

    • Si vous en avez la possibilité, il suffit de ne plus missionner le BCA pour les sinistres de vos clients! Et de faire savoir que le BCA est illégal…

      • Le sujet est bien plus vaste et ne s’arrête pas au BCA… Mais chez nous, quels moyens avons-nous de connaître au plan national les experts indépendants qui seraient déjà capables de nous apporter une réponse ne serait-ce que sur le recours direct ? Comme je l’ai écrit, ces experts doivent être « identifiables », une campagne doit être menée par eux auprès des Agents et Courtiers gestionnaires de leurs sinistres; faute de quoi, l’action fera… Pschittttttt!

  3. Une fois de plus, je lis certains commentaires d’experts aigris, qui s’amusent à ressasser leurs rancœurs envers les dirigeants de l’ANEA!! C’est pitoyable car ils disent à la fois que les assureurs font ce qu’ils veulent et que l’ANEA a tort quand elle réagit et tort lorsqu’elle ne réagit pas….. Et toujours les petits pics de la rédaction!! Je me rappelle l’euphorie qu’avait suscité la lettre de SNDEA … Moi, je trouverais bien que toutes les actions positives pour la profession soient encouragées
    Jean-Sébastien

  4. Pourvu que les experts ne se fassent pas rouler dans la farine comme les  » pauvres » carrossiers. Courage bougeons

  5. Bien tardive réaction, qui apparaît à un moment où les grosses plateformes d’expertise se voient amputer, par l’un de leur client, d’un pourcentage de leur chiffre d’affaire.
    Pitoyable ? Vous avez dit pitoyable ?
    L’élan syndical serait approprié si l’Alliance avait fait preuve de pareille réactivité quand les Mutuelles et autres regroupements ont décidé d’écarter des techniciens experts à la compétence connue et reconnue, au prétexte que leur structure n’est plus appropriée.
    A 54 ans, se voir retirer non plus 10 %, mais souvent entre 40 – 50 % du chiffre d’affaires ne semble pas inquiéter les sages de la rue des Plantes.
    La novation et la réflexion, aujourd’hui, pour demain, réside dans la mise à disposition des compétences techniques pour tout le monde, avec des honoraires conséquents.
    Moins de dossiers à traiter, une assistance et un conseil de qualité et surtout, la stricte application des dispositions légales en matière de sécurité routière.
    Pourquoi ? Il est regrettable d’entendre çà et là, par des réparateurs, comme par des experts, que le suivi d’un véhicule en procédure V.E. n’est pas assurée en raison du faible montant des honoraires attribués par les mandants.
    La mission de sécurité routière de l’expert n’est-elle pas au cœur de son métier ?
    L’Anea a failli dans son rôle de rassemblement des techniciens experts responsables de la mission confiée. Elle a perdu son âme en occultant la mission de ses membres et favoriser les intérêts de ses grandes plateformes.
    Inacceptable, dommageable et regrettable.
    Demain, le soleil se lèvera.

  6. Bravo à l’ANEA et à son Président ! Plutôt que les gesticulations excentriques et verbales de certains marginaux de l’Expertise (seuls ou en groupe…), l’ANEA représentative de notre profession est légitime à entrer dans la bataille!
    Mieux vaut tard que jamais? Oui, mais n’oublions pas que les syndicats sont comme les canards…tranquilles en apparence en surface mais en forte activité sous l’eau pour avancer !

    Sam

    • Expert Indépendant / 22 août 2014 á 9 h 23 min / Répondre

      Belle intervention! Vous vous êtes enfin fait greffer des palmes à l’ANEA! Une chose est sûre: vous ne risquez pas le claquage!

  7. Expert Indépendant / 21 août 2014 á 23 h 24 min / Répondre

    Avisés depuis plus de deux ans de l’orientation BCA d’AXA, ANEA joue aujourd’hui au chevalier blanc! Pitoyable!
    Quelques experts ont été virés avec moins de six mois de préavis il y a deux ans! Aucune réaction d’ANEA. Aujourd’hui, c’est différent, AXA possède toujours 31% du capital du BCA ( COVEA AIS 32%), c’est un peu illégal mais bon: on fait comme si de rien n’était. Mais là, des membres du conseil d’Administration d’ANEA sont concernés: alors on défend ses petits intérêts entre amis, mince alors…
    Minable ANEA, tu vas vite rentrer comme lorsque la MAIF t’a renvoyée à tes cahiers d’écolier tout proprets ou quand les ACM continuent de faire des pieds de nez aux professionnels de l’expertise avec leurs plateformes illégales qui continuent de produire…
    Mais les chefs d’ANEA ne doivent pas être concernés pour une telle absence de réaction et de défense normale de l’exercice de la profession d’experts en automobiles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*