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Le Gan fait aussi de l’expert son arme anti-libre choix!

Décidément, la fièvre anti-libre choix agite même les assureurs qui, jusqu’ici, n’avaient pas encore pris part à la bataille. Le Gan faisait, en effet, profil bien bas par rapport à AXA et aux compagnies du groupe SFEREN. Pourtant, la filiale de Groupama n’y va pas par quatre chemins pour essayer de contourner la « loi Hamon » : elle le suggère directement à ses assurés, en leur conseillant l’expert qui va bien ! Tout en leur confirmant, toutefois, le « régime de libre concurrence » auquel « évolue désormais » la réparation automobile. Comme si ça n’avait jamais été le cas…

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Une info venue de nos lecteurs-correspondants!Les initiatives des compagnies d’assurances pour restreindre à leurs clients le libre choix de leur réparateur, pourtant entériné par la « loi Hamon », prennent la forme de messages plus ou moins frontaux. La Matmut, par exemple, préfère n’en rien dire à ses assurés et instrumentaliser purement et simplement l’expert pour leur « prouver » que « son » réseau de réparateurs agréés est moins cher que les garages non agréés, quitte à saborder la qualité de réparation. Le Gan, lui, préfère suggérer directement à ses clients de s’adresser à un expert tout désigné en vue d’une remise en état rapide, et surtout à moindres frais, du véhicule. En tout état de cause, le point commun entre les deux méthodes réside en l’instrumentalisation de l’expert en automobile. Une fois de plus…

L’assuré caressé dans le sens du poil…

C’est ce que prouve ce document, sobrement intitulé « Précautions à prendre avant réparation de votre véhicule », envoyé par la filiale de Groupama à l’un de ses assurés du nord de la France. Avec ce courrier ô combien sibyllin, Gan offre tout simplement à l’assuré sinistré le service d’un de ses experts agréés pour « évaluer les dommages subis par [son] véhicule », tout en lui rappelant que « la réparation automobile évoluant désormais dans un régime de libre concurrence, il est souhaitable que vous vous rapprochiez de ce technicien qui vous fournira tous les conseils utiles ».

Bien entendu, les conseils auxquels fait référence cette lettre sont davantage d’ordre tarifaire que d’ordre technique, l’assuré ne maîtrisant pas, en règle générale, les débats contradictoires entre l’expert et le réparateur. D’où l’idée de lui suggérer rapidement, par «précaution» donc, l’aide d’un expert validé par Gan. Un expert surtout capable de jouer le rôle de régulateur économique entre les différents carrossiers du secteur et de savoir réorienter l’assuré si le chiffrage du réparateur s’avère trop élevé au goût de la compagnie d’assurance. Prendre les devants pour ne pas se retrouver devant le fait accompli, c’est un peu le credo du Gan avec ce courrier.

…mais tenu en laisse

Pourtant, l’assureur exige bien de son client, en capitales dans le texte, de «S’ASSURER AUPRÈS DU RÉPARATEUR DE SON ACCORD sur l’estimation de l’expert». Comme pour préserver les formes de la «libre concurrence» et ménager la sensibilité de celui-ci. Mais surtout pour enjoindre l’assuré à bien se ranger du côté de l’expert, garant d’une réparation moins onéreuse, quitte à aller voir ailleurs si le carrossier se montre trop gourmand.

Car la prise en charge de la réparation est à ce prix, comme le prouve l’avant-dernière phrase du courrier. «Si vos garanties et les conditions du sinistre le permettent, vous n’aurez rien à débourser, Gan prendra en charge le coût de la réparation de votre véhicule», assure-t-elle. Quelles garanties ? Quelles conditions du sinistre ? Mystère… Deux points que le Gan se réserve, sans doute, le soin de définir a posteriori. Histoire de garder la main sur le véritable choix de son réparateur par l’assuré, finalement plus si libre que ça.

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3 Commentaires concernant “Le Gan fait aussi de l’expert son arme anti-libre choix!”

  1. GAN comme les autres, et je ne parle même pas de AMAGUIZ avec lesquels j’ai eu à faire traiter un cas des plus révélateurs, font de plus en plus fi depuis quelques années, des règles légales les plus élémentaires. Différentiel de proposition de règlement : 300 % ! Non, vous ne rêvez pas. Et ceci est vrai… dans tous les domaines, qu’il s’agisse de la réparation automobile comme du dommage en général ou encore du corporel.
    Pour éclairer un peu mieux mon propos et vous dire à quel point nous en sommes arrivés aujourd’hui, le domaine de la gestion corporelle en Badinter est aussi des plus symptomatique en matière d’abus. Et là, si j’ose dire, il ne s’agit plus simplement de « tôle ». J’ai eu à gérer ces trois dernières années les ouvertures de dossiers de plusieurs corporels. Quatre avec, malheureusement des personnes décédées. Les chargés de mission corporels se sont empressés de récupérer les pièces, non pas pour répondre aux délais imposés par la loi comme on pourrait légitimement le croire (une telle mission se devant ad-minima d’être humaine et empreinte d’un minimum de psychologie), mais bel et bien pour proposer aux ayants-droits des indemnités honteusement ridicules. A chaque fois, l’inspecteur s’est vanté : – Un client vite indemnisé, ce sont des gains importants sur vos résultats techniques et une bien meilleure rémunération pour vous! Dieu, mais, c’est bien sûr, c’est bien à cause de nous que sont réalisées ces économies. Notre bonheur malgré nous! Les messages sont parfaitement rodés au point de nous enjoindre à vite proposer des « placements » aux ayants-droits. Ainsi, pas de perte, la boucle est bouclée…
    Si je fais ici un tel parallèle, c’est aussi pour vous alerter sur les risques de disparition de ma profession. Resteront dans le paysage les grosses et très grosses structures avec des sinistres gères par les plateformes et sont voués à une disparition imminente TOUS les Conseils de proximité qui ne sont pas « dans le moule ».
    Sur quels vecteurs pourront alors s’appuyer les experts que vous êtes, les réparateurs indépendants et… les clients ? Les enjeux de ces dossiers ne sont donc plus uniquement chez vous, mais aussi chez les experts dommages, chez les artisans réparateurs, etc…
    Personne dans son petit coin ne pourra efficacement et/ou durablement contrecarrer cette lame de fond.
    Alors, regroupons-nous, mettons les sujets sur la table, réfléchissons à des stratégies simples et réalisables (il en existe) et AGISSONS. Nos clients auront alors le dernier mot.

  2. Comment ils sont malins les financiers assureurs! Ce qui les arrange uniquement!
    Si ce n’est qu’ils valident ainsi le libre choix de l’expert par l’assuré tel que prévu et imposé par la loi, 326/1 du code de la route, tout en suggérant un de leurs affidés.
    Les experts indépendants remercient vivement le GAN pour cette belle initiative.

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