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Méthodes du BCA (suite): les enjeux de la rencontre du 2 septembre

FFC-Réparateurs et FNAA préparent une «réunion d’explication» prévue le 2 septembre avec le BCA et à sa demande. Au menu : les pressions économiques croissantes que le réseau d’experts fait unilatéralement peser sur les réparateurs. En filigrane : l’avenir du libre choix. Et le dossier, aussi fondamental qu’oublié, de l’indépendance mourante de l’expert…

Nardou_Valet_BCA

Patrick Nardou (FFC-Réparateurs) et Serge Valet (FNAA) ont bien l’intention de rappeler le BCA Expertise à l’ordre…

Nous publiions fin juillet un courrier de la FFC stigmatisant les «nombreux différends» entre agences BCA Expertise et réparateurs (voir « FFC-Réparateurs réprimande sévèrement les méthodes de BCA Expertise !« ). Il s’inspirait de tensions croissantes entre réparateurs et experts du réseau BCA.

Au cœur de ces reproches musclés, le rôle économique croissant des  experts du réseau BCA qui, au nom des assureurs, retiennent «un montant compétitif parmi ceux qui seraient facturés par différents professionnels» d’une même région pour évaluer le prix de la réparation. Cette interpellation a finalement été entendue par le BCA qui a provoqué, le 2 septembre prochain, une “réunion d’explication” avec la FFC et la FNAA. Y seront évoqués dans le détail les nombreux exemples qui montrent des dérives jugées inacceptables par les deux syndicats professionnels. Il est temps, rappelle Patrick Nardou : «Les nombreuses remontées relatent même des interdictions d’accès aux experts BCA par des carrossiers qui leur reprochent un comportement inquisiteur faisant fi de toute impartialité», s’alarme le président de la FFC-Réparateurs qui souligne que, souvent, dans ces tensions, «nous retrouvons le même mandant : AXA»…

Les limites du raisonnable

Quelles sont ces dérives ? Principalement, des pressions tarifaires sur le thème du «c’est moins cher chez d’autres» et autres «appréciations statistiques» aussi obscures qu’imposées aux réparateurs unilatéralement jugés hors devis acceptable… «Nous sommes d’accord pour que les professionnels participent à la maîtrise du coût moyen des réparations, ce qu’ils font déjà avec un sens aigu de leur responsabilité en la matière», précisent en cœur Patrick Nardou, président de la FFC et Serge Valet, président d’honneur de la branche Carrosserie de la FNAA ; «mais pas au-delà du raisonnable» !

Et ce, d’autant plus que ces problèmes de pressions, initialement identifiés dans les Pyrénées-Orientales (66) par la FFC, commencent à se répandre dans d’autres régions. Ce qui est somme toute doublement logique : BCA Expertise a des assureurs pour actionnaires et il salarie ses experts partout en France. Résultat : de plus en plus de carrossiers «se heurtent à un mur quand ils osent faire valoir leur droit à une réparation rentable auprès des experts du BCA», souligne Patrick Nardou.

Une discussion «hors charte»

La réunion ne s’annonce pas simple, les deux fédérations professionnelles étant évidemment très conscientes que le rôle économique de l’expert n’est pas dans le champ de la «charte BCA Expertise/Réparateurs» qui veut présider à une bonne relation entre le réseau d’experts et les carrossiers. Mais ils comptent bien l’évoquer : «Il y a d’indiscutables dysfonctionnements qui trahissent au moins l’esprit de cette Charte», soulignent en substance Patrick Nardou et Serge Valet, qui savent pertinemment que l’enjeu tarifaire est au cœur de la problématique actuelle des carrossiers.

En outre, l’un comme l’autre font un constat fondamental qui dépasse le seul BCA Expertise : «Les experts subissent de façon croissante la pression des assureurs qui se savent forts du poids des missions qu’ils leur accordent ou pas. Les experts ne sont plus indépendants comme ils devraient l’être en vertu des textes qui régissent pourtant clairement leur liberté d’action dans le cadre de leur activité professionnelle».

Les réparateurs au secours des experts ?

Or, Serge Valet comme Patrick Nardou sont éminemment conscients de l’impact négatif que peut avoir un expert sous dépendance sur le libre choix du réparateur, cette loi qui attend toujours l’arrêté prévu pour octobre et qui doit rendre le texte opérationnel. «Il n’y a pas de libre choix possible du réparateur sans le libre choix d’un expert, lui-même libre dans son expertise», s’accordent-ils en annonçant leur détermination à prendre en main ce dossier.

Un dossier particulièrement chaud, puisque les assureurs semblent effectivement avoir choisi l’expert comme arme “anti-libre choix”, sûrs qu’ils semblent être de sa fidélité obligée. Nous relevions récemment cette stratégie au Gan (voir «Le Gan fait aussi de l’expert son arme anti-libre choix»), AXA («Comment AXA menace ses experts…») la MAAF («Quand la MAAF impose «son» expert à son assuré»), le BCA donc (FFC-Réparateurs réprimande sévèrement les méthodes de BCA Expertise !» et bien sûr, initialement chez la Matmut («Riposte de la Matmut au libre choix: les experts, otages des assureurs»). Sans oublier ce tout récent courrier de Pacifica refusant de rembourser une réparation parce que le consommateur a voulu choisir un autre expert que celui du BCA (voir «Pacifica punit le réparateur du choix de l’automobiliste !»). Et la liste va s’allonger dans les semaines qui viennent…

Bref : la réparation-collision semble enfin prête à chercher des réponses à la question, trop occultée, de l’indépendance des experts. Une question que les experts eux-mêmes se posent depuis longtemps dans nos colonnes en se désespérant de la faire entendre…

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9 Commentaires concernant “Méthodes du BCA (suite): les enjeux de la rencontre du 2 septembre”

  1. Avez-vous des retours sur cette réunion du 2/09?

  2. Bonjour
    Les choses changent et c’est très bien; même l’ ANEA a enfin osé faire front a AXA qui a profité que la France tourne au ralenti en ce mois d’été pour appliquer des sanctions aux experts.
    Espérons à présent que l’ensemble de nos professions comprenne que tous ces financiers assureurs ne cherchent qu’une chose: faire du profit sur leurs dos. Et même s’ils doivent s’arranger avec les lois comme ils ont pu se l’autoriser depuis toutes ces années!!!
    Espérons à présent qu’une vraie action collective puisse voir le jour pour les obliger à respecter les lois.
    J’aimerai bien voir l’ensemble des syndicats experts et réparateurs main dans la main pour mener à bien ce combat qui nous concerne tous.
    Attendons de voir la suite et préparons un plan d’action commun pour faire changer les choses durablement car les lois sont de notre côté.
    Courage car le changement, c’est maintenant.
    David

  3. Bonjour, certains experts, depuis longtemps, refusent de travailler, selon l’usage évoqué dans l’une des réactions à l’article, pour les compagnies d’assurance. Certains experts, et ils deviennent hélas ! de plus en plus nombreux, reçoivent une lettre de leur(s) mandant(s) assureur(s) pour leur signifier la fin de la collaboration avec leur cabinet. Certains experts ont décidé de ne plus travailler avec les assureurs comme certains réparateurs ont décroché leur(s) panneau (x) en appliquant des tarifications dignes de ce nom.

    Il est temps, aujourd’hui, de changer la donne, et laisser aux réparateurs une liste d’experts en automobile, libres de toute attache, techniquement connus et reconnus pour leur compétences techniques et leur intégrité. Ce sont les réparateurs qui reçoivent en premier leur client à la suite d’un sinistre. C’est alors le moment de remettre cette liste d’experts, pour que le libre choix soit préservé. Autant les experts donnent plusieurs noms de réparateurs compétents quand la question leur est posée, autant les réparateurs peuvent initier cette même démarche.

    Dans cette symbiose, tout le monde aura à y gagner. D’abord en sérénité (absence de pressions et de tergiversations pour préserver le coût de sinistre de l’expert); ensuite économiquement, pour une réparation et une expertise réalisées au juste prix. Ce sont seulement dans ces conditions que les tensions disparaîtront dans le monde de l’après-vente, où deux techniciens assurent de conserve leur rôle pour parvenir à un seul objectif: préserver le devoir de conseil et de sécurité pour un même client: le propriétaire du véhicule.

    Bonne journée.
    Wilfried Reinermann

  4. Messieurs les réparateurs,
    Même si les intentions des deux syndicats sont louables, il ne me semble pas opportun d’aider les experts…
    Ceux-ci sont assez grands pour se défendre tout seul et ils semblent (enfin) que l’ANEA frémisse des nombreux problèmes rencontrés par les experts.
    Comme déjà indiqué précédemment, le problème se trouve toujours et encore dans le lien assureur-expert qui se matérialise avec la mission.
    Il n’y a qu’une seule et unique solution pour briser ce lien qui est devenu un moyen de pression des assureurs sur les experts: donner aussi à l’assuré le libre choix de son expert!!!
    Il a un accident, il fait une déclaration à son assureur et ce dernier lui donne la liste Nationale des experts en automobile, charge à lui de choisir son expert sur son secteur…
    Là, il n’y aura plus de moyens de pression: l’expert sera libre de toute influence possible de l’assureur.
    Concernant le BCA, le problème perdure depuis longtemps; il serait donc temps et plus qu’opportun que quelqu’un mène la procédure judiciaire contre le GIE à son terme…; il y avait eu un précédent il y a quelques années qui avait poussé le BCA a changé son statut juridique à quelques jours d’une audience, mettant un terme au recours. Mais il faut reprendre cela et faire feu de tout bois.

    • Hep, Messieurs les réparateurs: si comme les villages Gaulois d’Asterix chacun reste chez lui en pensant être seul à disposer de la potion magique, les seuls qui en tireront profit, c’est ce que nous dénonçons tous: ce seront les légions romaines des compagnies… Est-ce ce que vous souhaitez pérenniser?
      Il y a un dicton maintes fois vérifié dans ses résultats: c’est L’OIGNON FAIT LA SAUCE!!!
      Mais vous êtes libres de rester seuls dans votre coin. C’est l’attitude même de ce qui nous a aujourd’hui conduit, comme nos clients, à subir tous ces abus.

    • L’assuré a le libre choix de son expert, attendu que c’est au propriétaire du véhicule ou au détenteur de la carte grise de missionner l’expert:
      Art 326-1 du Code de la Route
      L’expert en automobile doit indiquer à la personne qui envisage de faire appel à lui le prix de sa prestation.

      L’expert ne peut se substituer au propriétaire du véhicule que s’il en a reçu mandat écrit.

      Faites missionner des experts indépendants par vos clients et boutez hors de vos ateliers les experts qui n’ont pas de mandat écrit émanant de vos clients!

      L’usage a fait que l’assureur missionnait l’expert; l’usage seulement. Cet usage est tout bonnement hors la loi!

  5. Eh! Messieurs les Carrossiers, pour ceux qui ont résilié AXA il faut aussi résilier la charte Bca sinon devinez quoi? Vous continuez à leur faire des cadeaux (à Axa!)

  6. Tout simplement: le Bca ne respecte pas la charte qu’il a signé! et sur plusieurs points! Mais rien ne changera… encore un peu de poudre aux yeux pour les prochains mois et…

  7. Cette réunion, à juste titre intelligente avec deux syndicats de réparateurs, devrait annoncer au BCA un plainte à son encontre pour exercice illégal de la profession d’expert automobile.
    Autrement, une autre volet de cette réunion annoncerait au BCA la création d’un GIE Experts Automobile à actionnariat 100% réparateurs, le dindon de la farce ne doit pas être toujours le même…

    Quand les syndicats de réparateurs prendront le Droit à bras le corps, les choses changeront. Tout comme quand on contraint les membres du CA de l’ANEA, les experts bougent…

    Courtoises salutations

    Pline Le Jeune

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