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Carrosserie : la réponse du berger CNPA à la bergère FCGA !

C’était attendu : la branche Carrossiers du CNPA a fini par dégainer une réponse aux chiffres surprenants issus du dernier Observatoire de la petite entreprise, publiés par la FCGA. Pour l’organisation professionnelle, non, l’activité de carrosserie pure ne saurait justifier à elle seule une hausse du chiffre d’affaires, fusse-t-elle de 1,5%. Et le CNPA exige d’en savoir (enfin) plus sur la méthodologie retenue pour ce calcul.

Cliquez pour télécharger le courrier.

Comme l’an dernier, la FCGA a publié des chiffres étonnants concernant l’activité des entreprises de réparation de carrosserie. Et comme l’an dernier, la branche Carrossiers du CNPA n’a pu faire l’économie d’une réponse détaillée et d’une demande d’informations complémentaires quant à la méthodologie, qui ont conduit la Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) à publier, dans l’étude 2014 de son Observatoire de la petite entreprise, une estimation de 1,5% de hausse de l’activité carrosserie…

Le courrier, signé de la main de son président, Yves Levaillant, est parti le 7 mai dernier à destination de son homologue à la tête de la FCGA, Yves Marmont, qui a remplacé Christiane Company dans ses fonctions. Et non content des chiffres concernant la seule carrosserie, c’est l’ensemble du panel que le CNPA remet en question, pour la simple et bonne raison que, compte tenu du nombre de secteurs d’activité étudiés, «la prise en compte […] d’un échantillon de 15 000 petites entreprises» ne saurait suffire à représenter correctement chacun des secteurs en question. Et la carrosserie, encore moins, compte tenu des spécificités de ce marché et du poids des donneurs d’ordres dessus !

Un progrès qui confirme… un recul !

Si le CNPA reconnaît que les 1,5% de hausse avancés sont, fort justement, moins élevés que les incompréhensibles 5,7% de l’an dernier, il souligne surtout que, «dès lors que cette méthodologie est la même, il en ressort une confirmation de nos démonstrations quant à la dégradation économique des sites de carrosserie»… CQFD. Sauf que ne présenter que la hausse du chiffre d’affaires comme “baromètre” de la santé du secteur de la réparation carrosserie s’avère bel et bien approximatif. Pour ne pas dire biaisé.

Et Yves Levaillant de souligner d’ailleurs l’absence de cohérence entre le taux de progression (ou plutôt de recul !) de l’activité vente et réparation automobile –entendre ici “mécanique”– évalué à -1,5% et la “progression” de l’activité des entreprises de carrosserie. «Si ces résultats, provenant de l’analyse des chiffres d’affaires d’entreprises remontés mensuellement par 70 centres de gestion agréés, sont explicites, nous souhaiterions connaître la taille de votre échantillonnage concernant le segment de la réparation-collision ainsi que sa représentativité», explique-t-il.

Quelle(s) activité(s) ?

Car le panel est parfaitement susceptible de contenir autre chose que de purs carrossiers. En somme, des professionnels ayant une activité diversifiée ou ayant diversifié leur activité. «En effet, différentes typologies d’entreprises œuvrent sur ce segment d’activité (carrossiers spécialisés, concessionnaires, agents de marques), dotées de structures et de chiffres d’affaires moyens eux-mêmes très différents. De ce fait, nous souhaiterions connaître la ventilation des différents types d’opérateurs entrant dans l’échantillon, base de sa représentativité», ajoute le président de la branche Carrossiers du CNPA.

Comme celui-ci le souligne fort logiquement, d’ailleurs, la profession de carrossier ne dispose pas d’un code d’activité spécifique, ce qui la rend d’autant plus difficile à extraire de l’activité «réparation automobile». Sans compter que le seul chiffre d’affaires ne saurait refléter la rentabilité des carrossiers, la FCGA ayant d’ailleurs reconnu, en 2013, une érosion de 6% de cette rentabilité… Et Yves Levaillant de préciser que les tarifs réels pratiqués dans les entreprises de carrosserie, résultat de l’érosion due aux pressions (du moins aux «agréments») des compagnies d’assurance étant inclus dans la mesure du chiffre d’affaires, la progression estimée est d’autant plus choquante.

L’ANFA et TCG Conseil à la rescousse

Histoire de bien souligner que la FCGA est la seule, en cette période morose pour l’activité carrosserie, à l’estimer en hausse, la branche Carrossiers rappelle que l’Observatoire de l’ANFA a estimé à 16% la baisse du volume du marché de la réparation-collision entre 2000 et 2010. Il serait étrange, donc, compte tenu du même contexte de baisse de la sinistralité et de pressions toujours plus accrues sur les taux de main d’œuvre, que la situation ait beaucoup changé entre 2010 et 2014…

Yves Levaillant fait également appel à la toute récente étude sur l’après-vente signée TCG Conseil, que nous avons relayée et analysée au mois d’avril, selon laquelle la tendance baissière du marché, «réparations pare-brise comprises», devrait encore baisser de 4,2% d’ici 2022…

Trop cher, l’expert… comptable

Enfin, pour ne rien laisser au hasard et surtout aucun argument de pression supplémentaire entre les mains des donneurs d’ordres susceptibles d’user des résultats de l’étude FCGA, le président de la branche Carrossiers réfute l’idée que la plupart des entreprises de carrosserie ont les moyens financiers de faire appel aux services d’un expert-comptable, membre d’un centre de gestion. «En particulier quand nous traitons de petites structures et dans un contexte de crise où de nombreux sites sont contraints de restreindre un certain nombre de leurs dépenses de gestion, ce sont dès lors a priori les sites les plus prospères qui seraient pris en compte dans le panel, rendant ce dernier encore moins représentatif», déplore Yves Levaillant.

Considérant tous ces détails, il semble difficile, en effet, d’admettre que malgré une hausse de l’activité carrosserie annoncée moins haute que l’an dernier par la FCGA, celle-ci soit vraiment proche de la réalité. En tout cas de la réalité de toutes les entreprises spécialisées dans la réparation-collision. Espérons que la FCGA fasse au CNPA une réponse tout aussi étoffée, qui nous permettrait enfin, et toute la profession de carrossier, de faire la part des choses entre ceux dont l’activité progresse car, oui, ils existent, et ceux qui souffrent d’un constant recul d’année en année.

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