Inscription à la news letter
Notre magazine

Pièces de carrosserie « libérées »: l’offensive contre le monopole

Les acteurs favorables à l’abolition du monopole des pièces de carrosserie en France ont réussi l’impensable: encourager les députés français à proposer l’ouverture du marché des pièces de carrosserie à une concurrence pleine et entière.

Ils sont 6 à avoir conjointement mijoté ce joli coup. Côté consommateurs, l’association «40 millions d’Automobilistes» est venue étayer les revendications déjà anciennes en la matière de l’UFC-Que Choisir. Côté professionnels, le dossier est logiquement porté par la Feda, la FNAA, la FFC-Réparateurs et l’Anea (experts), qui plaident conjointement, depuis plus ou moins longtemps, pour la fin du monopole.

Tous là, sauf le CNPA
A noter: la très visible absence du CNPA. De toute évidence, l’organisation professionnelle a préféré botter en touche plutôt que d’être seule à afficher ouvertement ses positions conservatrices. Son silence a au moins le mérite d’éviter d’aggraver son douloureux grand écart entre les intérêts éminemment contradictoires de sa puissante Branche Concessionnaires (logiquement favorable avec les constructeurs au maintien du monopole) et ceux de ses autres adhérents indépendants qui, eux, rêvent à l’ouverture de ce marché…

Le CNPA va compenser son absence en s’appropriant d’ores et déjà une autre avancée consumériste liée à la loi sur la consommation: un nouveau dispositif de médiation opérationnel début 2012, qui va concerner les services automobiles et le tourisme…

Un site «militant»
Cette défection du CNPA n’a pas entamé la foi militante de la bande des 6 «abolitionnistes». Pour se faire entendre haut et fort en cette période cruciale, ils s’appuient sur un seul et même site offensif commun: «libere-mon-auto.org». Il y ont regroupé les principaux faits et chiffres qui plaident pour l’ouverture du marché. Mais ce n’est pas tout: ce site «militant» est construit pour permettre à toute personne, en quelques clics, d’envoyer un courrier mobilisateur à son député afin qu’il reste mobilisé pour appuyer cette demande…

Vers une improbable révolution…
Parallèlement, des communiqués sont diffusés tous azimuts pour alerter les journaux des facteurs économiques, industriels et sociaux plaidant pour la fin du monopole (voir le communiqué de presse commun). Les abolitionnistes ont visiblement voulu déployer un contre-feu médiatique à la campagne anti-contrefaçon du début de l’été dernier qui exploitait alors avec brio et efficacité les résultats d’une étude de l’ INHESJ (voir nos articles sur le sujet): la presse généraliste stigmatisait alors massivement les dangers d’une contrefaçon automobile pourtant inexistante en France et en Europe. Une contrefaçon généralement présentée par les constructeurs comme l’inévitable -et inacceptable- progéniture d’une inconséquente ouverture du marché…

Tous ces efforts pour mettre à terre le monopole des constructeurs seront-ils suffisants pour qu’une majorité de députés vote la révolution? Sur le papier, cela semble possible: en atteignant l’hémicycle,  jamais cette éventualité n’a semblé aussi proche. D’autant que la France est le dernier bastion de ce privilège des constructeurs: partout ailleurs en Europe, on peut acheter des pièces de carrosserie librement concurrencées.

Mais à en juger par les derniers développements des débats à l’Assemblée Nationale (voir «Attention, rien n’est encore fait…»), rien n’indique vraiment que les députés vont réussir à résister aux spectres du chômage, de l’insécurité routière et de la désolation industrielle que les constructeurs agitent plus que jamais pour faire repousser cette possible échéance…

Les autres articles de cette édition spéciale:

Pièces de carrosserie « libérées »: ce que prédit le discours de Frédéric Lefebvre

Note de l'article
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (Pas encore de votes)
Loading...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


*