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Pièces : France 2 joue les défricheurs de la jungle «low cost»

Toujours prompt à faire œuvre de vulgarisation en matière de consommation, le journal de France 2 s’est penché, ce 2 septembre à 13h, sur le moyen de faire de bonnes affaires pour réparer son véhicule. En essayant de mettre en garde les téléspectateurs quant aux bons et aux moins bons moyens de faire des économies.

Cliquez pour accéder au reportage.

Ce n’est pas la première fois, loin de là, que l’audiovisuel public se penche, dans un reportage, sur les meilleurs moyens de faire des économies dans l’entretien et la réparation de son véhicule. En ces temps de crise économique et de baisse du pouvoir d’achat, l’intention est louable. Bien sûr, mieux vaut ne pas être trop au courant des trucs pour bien entretenir son auto, sinon le discours finit par être redondant.

Mais comme il y a toujours, devant l’écran, plusieurs millions de consommateurs pour qui la maintenance de leur véhicule est une plaie qui s’ouvre bien trop souvent, les piqûres de rappel ne sont jamais du luxe. Les journalistes de France 2 se sont donc fendus d’un reportage dans les coulisses de la pièce “low cost”, enfin surtout celle que l’on peut trouver moins chère que chez le constructeur, qui fait toujours office de référence lorsqu’il s’agit d’entretien auto.

Exit les intermédiaires

Direction Thiais, donc, dans l’entrepôt de Yakarouler.com, le fameux site de vente de pièces en ligne, histoire d’en savoir plus sur la façon dont le pure-player parvient à pratiquer des prix aussi bas par rapport à la concurrence des réseaux constructeurs. Passées les informations d’usage relatives au nombre de références du stock (800 000), vient la question du prix proprement dit. Sur la base d’un exemple de plaquettes de freins, Yann Gyssels, patron et fondateur de l’entreprise, explique vendre à 26 euros un jeu qui en vaut «un peu moins de 80 en concession».

Un “mystère” que celui-ci éclaircit sans mal pour le compte du journaliste curieux : «nous avons fait le choix de réduire le nombre d’intermédiaires [de la chaîne de distribution des pièces auto] mais surtout de ne pas gagner trop sur les pièces, d’avoir une marge comme qui dirait raisonnable et de compenser sur les volumes». Une recette commerciale bien connue pour réduire les prix mais qui semble échapper encore au consommateur lambda, que le reportage vient donc renseigner.

Gare aux contrefaçons

Mais comme les pure-players de la distribution de pièces ne sont pas tous aussi sérieux dans leur démarche, les auteurs du reportage se rapprochent ensuite de Guillaume Cardin, enquêteur pour le magazine Auto Plus. Lequel est justement en train de comparer des pièces d’origine à d’autres pièces, achetées sur Internet à des prix défiant toute concurrence. En l’occurrence des roulements achetés 20 euros quand leurs homologues empaquetés Renault sont vendus 86 euros chez le constructeur, soit un rabais de 77%. Problème : dans le cas de telles pièces, il est difficile de savoir si les pièces les moins chères sont des copies contrefaites ou non…

Les journalistes passent donc à un exemple beaucoup plus concret. Et surtout beaucoup plus connu : un phare (antibrouillard). Là encore, la démonstration semble éculée pour les observateurs du commerce de pièces auto, mais comme elle s’avère très parlante, aucune raison de se priver de la ressortir pour le public élargi du 13 heures de France 2. Acheté 27 euros en ligne contre 77 euros l’original (65% de ristourne), l’optique se révèle contrefait : absence de joint d’étanchéité, vitre mal fixée au risque de vibrer, molette de réglage beaucoup plus rigide que sur le modèle d’origine… Bref, de quoi faire comprendre au téléspectateur qu’il y a acheter en ligne, mais bien, et acheter en ligne, mais mal. Et mal acheter ressemble drôlement à acheter une pièce… captive !

Le monopole sur la table

Nouvel exemple avec un rétroviseur de Seat, cette fois, obtenu sur Internet pour 60% moins cher par le journaliste d’Auto Plus. Et celui-ci de prévenir, toutefois, qu’il ne s’agit pas d’une pièce de contrefaçon, puisque «c’est la même que celle vendue chez Seat». Elle s’accompagne d’une «surprise particulière» : «les logos Seat et Volkswagen ont été grattés».

Si les logos ont été «effacés» par le distributeur, ce n’est toutefois pas pour dissimuler la marque, mais pour éviter de tomber sous la loi singulière française qui interdit de distribuer hors réseau constructeur des pièces de carrosserie dites «captives». Les équipementiers de première monte sont donc contraints d’effacer les logos constructeurs, même grossièrement pour échapper à d’éventuels ennuis et non pas pour «écouler son stock moins cher» en «passant par les réseaux de revente de pièces adaptables», comme l’avance l’enquêteur d’Auto Plus…

La PRE : ultime étape

Après le e-commerce «propre» et le e-commerce douteux, il ne manquait plus qu’aux journalistes de France 2 d’offrir aux téléspectateurs du 13 heures une dernière méthode pour entretenir son véhicule à moindre coût : acheter des pièces de réemploi (PRE). L’équipe se rend alors dans un centre VHU (Véhicules hors d’usage) appartenant à la société SPDO, sous enseigne Caréco. Car la filière recyclage, elle, a tout à fait le droit de vendre des pièces de carrosserie hors canal constructeur, celles-ci étant considérées comme des pièces d’origine puisqu’extraites directement des véhicules en fin de vie.

Ainsi, ici, une automobiliste peut se féliciter d’avoir acheté un phare arrière à 15 euros pour sa Renault quand le même modèle est vendu neuf par le constructeur à 100 euros ! Et heureusement, «toutes les pièces sont contrôlées, ce qui permet de les garantir pendant un an, une aubaine pour le consommateur», précise la voix off. De quoi faire passer la PRE pour le meilleur moyen de réparer son véhicule à moindre frais : le low cost ultime, en somme. Et validé par les constructeurs, en plus. «Des bonnes affaires dans lesquelles il faut savoir faire le tri», conclut toutefois l’auteur du reportage.

Un reportage qui, s’il ne permet sans doute pas aux automobilistes de bien trancher sur comment faire des économies dans l’entretien de leur véhicule, leur rappelle qu’il est possible de le faire par soi-même. Sans compter, par exemple, sur les superbes promesses d’un Allo Mécano d’Axa…

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1 Commentaire concernant “Pièces : France 2 joue les défricheurs de la jungle «low cost»”

  1. Je préfère changer plus de pièces d’usure en les achetant pas cher sur internet, plutôt que faire moins de réparations à cause de la marge du garagiste!

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