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Syndicats d’experts : le SEI rejoint la CFEA pour toucher les Pouvoirs publics

Le Syndicat des experts indépendants (SEI) a décidé d’intégrer la Confédération française des experts en automobile (CFEA), réactivée l’an dernier par l’ANEA, l’UPEAS et BCA, afin de se donner les moyens de toucher plus facilement les Pouvoirs publics, qui disposent de beaucoup de prérogatives en matière d’expertise auto. Mais l’intégration du SEI, qui se veut militant de l’indépendance des experts vis-à-vis des donneurs d’ordres, pourrait s’avérer plus complexe que prévue dans une organisation ou les “experts d’assurance” sont légion et dominent les débats…

Cliquez pour télécharger le communiqué du SEI.

Le Syndicat des experts indépendants (SEI) le clame haut et fort : il est « une organisation qui rassemble les experts en automobile libres de tout lien commercial avec les compagnies d’assurance ». Ce qui n’annonce pas la tâche facile de ses dirigeants, au premier rang desquels son président, Bernard Tourrette, au moment d’intégrer la Confédération française des experts en automobile (CFEA). Car c’est bien ce que vient de faire le SEI dans le but de toucher plus facilement les Pouvoirs publics et les sensibiliser plus directement aux problèmes d’indépendance dont souffrent les experts libéraux vis-à-vis des compagnies d’assurance et autres plateformes de gestion de sinistres.

Sauf que la CFEA, réactivée début 2014 par l’ANEA, syndicat des patrons de cabinets d’expertise libéraux, l’UPEAS, représentant les experts salariés de ces mêmes cabinets, et BCA Expertise, premier réseau privé du secteur, n’est pas à proprement parler un havre de professionnels réellement indépendants des donneurs d’ordres. Sans compter le BCA, dont l’actionnariat est à 100% constitué d’assureurs, nombre d’experts syndiqués à l’ANEA –et à plus forte raison à l’UPEAS, dont les adhérents sont salariés– voient leur activité largement dictée par les compagnies d’assurance. Certains de ces cabinets tirent même la majorité de leurs missions des donneurs d’ordres.

Seul contre (ou avec) tous ?

Alors que le SNDEA semble avoir, au moins temporairement, jeté l’éponge sur le front de la défense de l’indépendance de l’expertise, le SEI, lui, ne dépose pas les armes et a choisi d’entrer là où l’on ne l’attendait pas forcément : dans le cercle des pros de l’expertise qui défendent une certaine compréhension des attentes assurantielles dan le cadre de leur activité. Un acte qui témoigne d’une certaine témérité de la part de Bernard Tourrette, sinon d’une certaine conviction à pouvoir faire admettre que l’expertise en automobile pouvait s’affranchir de l’unique tutelle des donneurs d’ordres à ceux qui ne l’ont toujours pas admis.

Ainsi, « l’ambition du SEI [au sein de la CFEA] est d’y représenter et défendre une branche singulière de la profession, celle des experts directement missionnés par les automobilistes », clame carrément l’association d’experts indépendants, constituée comme syndicat depuis 2002 selon ses propres dires. Fort de ses 23 ans d’expérience et de ses 90 adhérents dans toute la France –pas encore suffisant pour représenter 8% des professionnels du secteur, tel que l’exigent les règles de représentativité syndicale pour 2017– le SEI sait néanmoins qu’il faut peser pour espérer se faire entendre de l’État en général et du Ministère des transports, autorité de tutelle de la profession d’expert en automobile, en particulier.

Intégration progressive…

« Compte tenu du statut d’interlocuteur des pouvoirs publics de la CFEA, il s’agit, pour notre Syndicat, d’un choix stratégique, qui vise à donner la parole à une minorité grandissante d’experts, minorité qui ne peut plus être ignorée », reconnait Bernard Tourrette, dans son dernier communiqué. Une minorité qui, toutefois, ne bénéficie pas encore des mêmes privilèges que les représentants de l’ANEA, de l’UPEAS et de BCA qui dirigent la CFEA. En effet, comme le précise le SEI, si son adhésion est effective depuis le 1er septembre dernier, celle-ci est soumise à… une période probatoire ! Et d’une durée de deux ans, par-dessus le marché…

Preuve que les tenants d’une expertise subordonnée aux donneurs d’ordres ne sont pas tout à fait prêts à laisser les défenseurs d’une expertise libérée s’exprimer de la même manière ou, du moins, avoir le même pouvoir de décision. Car durant ces deux ans au cours desquels le SEI devra “faire ses preuves”, il ne disposera pas de la qualité d’administrateur. Même son intégration aux différents groupes de travail de la CFEA doit être “progressive”.

Élaboration de la charte de déontologie, analyse du marché des particuliers, rencontres avec les représentants des réparateurs sur les problématiques métier… autant de points sur lesquels le SEI n’aura donc pas son mot à dire tout de suite. Comme si le métier d’expert disposait du luxe d’attendre avant de convoquer toutes les forces nécessaires à son évolution. Pourtant, il y a urgence : sur le terrain, la profession évolue, s’affranchit de certaines chaînes par trop usées, doit faire face à une concentration galopante et à une réduction de la sinistralité qui l’oblige à diversifier son activité. L’inclusion de représentants d’experts réellement indépendants aux débats autour du métier et aux rapports avec les Pouvoirs publics est donc loin d’être optionnelle.

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1 Commentaire concernant “Syndicats d’experts : le SEI rejoint la CFEA pour toucher les Pouvoirs publics”

  1. Etrange cette durée probatoire imposée au SEI, n’est ce pas ?
    Normal ou pas, peu importe, c’est justement la preuve que l’arrivée du SEI gêne au plus haut point les autres syndicats…
    Il sera toujours temps de faire entendre notre voix le moment venu, à moins que la pression ne devienne trop forte et que les (bonnes) choses se mettent en place toutes seules…

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