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Escroquerie aux VGE (suite) : l’ANEA se constitue partie civile

A l’approche du procès des onze prévenus, dont trois experts en automobile, de l’affaire des 5 014 véhicules gravement endommagés revendus comme véhicules d’occasion après réparation sommaire, l’ANEA a décidé de se porter civile. L’audience des 22 et 23 mars approchant, le syndicat d’experts entend ainsi défendre l’intégrité de ses adhérents face à une telle escroquerie et souligner le combat que ses membres mènent depuis la révélation du scandale pour expertiser de nouveau les véhicules suspects.

Philippe-Ouvrard-ANEA

Philippe Ouvrard, président de l’ANEA.

Les 22 et 23 mars, le procès de l’affaire des 5 014 véhicules gravement endommagés (VGE) revendus sur le marché du VO se tiendra devant le Tribunal correctionnel d’Evry, dans l’Essonne. Pas moins de onze prévenus seront présentés devant les juges, la plupart réparateurs en vendeurs de véhicules d’occasion, ainsi que trois experts. Des professionnels qui, par leurs actes, selon les mots de l’Alliance nationale des experts en automobile (ANEA), « ont créé un amalgame et jeté le discrédit sur toute une profession irréprochable et respectueuse de sa délégation de service public ».

Le scandale avait éclaté en juillet 2015 dans les colonnes du Parisien, suite à des révélations de la Gendarmerie Nationale et nous sommes revenus régulièrement sur le sujet depuis. A présent, l’ANEA a décidé de se porter partie civile dans le procès à venir. Il faut reconnaître que ce sont les adhérents de l’ANEA, principal syndicat professionnel d’experts en automobile, qui ont procédé aux nouvelles expertises sur les véhicules identifiés comme ayant fait partie de l’arnaque, afin de déterminer s’ils ont besoin d’être réparés de nouveau ou peuvent continuer de circuler.

40% de véhicules déclarés dangereux

« A ce jour, sur les 2 500 véhicules qui ont déjà été examinés, 40 % ont été déclarés dangereux au ministère de l’Intérieur, affirme le communiqué de l’ANEA. Les véhicules restant à expertiser, le seront dans les prochaines semaines. » Ils n’étaient que 1 500 à avoir été expertisés début décembre 2015, dont un tiers toujours dangereux. Sur ce terrain-là, les membres de l’ANEA ont donc abattu beaucoup de travail en trois mois. Le vendredi 18 mars dernier, devant le Congrès de l’ANEA réuni à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine, les dirigeants de l’organisation professionnelle et Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière, ont abordé le bilan quantitatif et qualitatif du traitement expertal du dossier.

L’approche du congrès et du procès ont mis en verve le porte-parole de l’ANEA, Sylvain Girault. « Il faut savoir que 1 % des experts en automobile se sont écartés de nos métiers historiques en se spécialisant dans le suivi de travaux pour la remise sur le marché de véhicules économiquement irréparables, plus communément dénommés épaves », a-t-il déclaré, devant l’assemblée d’adhérents réunis vendredi dernier à Issy-les-Moulineaux, soulignant ainsi que les brebis galeuses de l’expertise automobile, coupables de cette arnaque à grande échelle, n’ont plus que ce business pour rester rentables, voire même pour conserver toute activité, certains des professionnels concernés ayant même fait l’objet, naguère, de procédures de suspension de leur certificat délivré par l’Etat.

De leur côté, les automobilistes victimes de l’escroquerie ne resteront pas de marbre non plus. Avec l’aide de la Ligue de défense des droits de l’assuré (LDDA), plusieurs d’entre eux se sont également mis en contact avec deux avocats en Auvergne, Me. Bru et Me. Portal, qui défendront également leur cause dans ce dossier.

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1 Commentaire concernant “Escroquerie aux VGE (suite) : l’ANEA se constitue partie civile”

  1. expert réellement indépendant / 21 mars 2016 á 8 h 05 min / Répondre

    Je pensais que l’ensemble des experts en automobile figurait sur une liste nationale pouvant être consultée sur le site de la sécurité routière et de ce fait, qu’il était possible pour les propriétaires des véhicules de faire appel aux experts de leur choix.
    Étrangement, les expertises liées à ce dossier ont été orientées vers les seuls experts d’assurances (adhérents CFEA/ANEA).
    Quand le gouvernement ouvrira-t-il enfin les yeux? c’est justement ce genre de pratique qui est à l’origine d’actes graves commis par les experts en difficulté (dépressions, suicides, fraudes etc.).
    Grâce au système mis en place par les assureurs et leurs serviteurs, seule une partie de la profession a le droit d’exercer; le reste doit se débrouiller pour survivre. Mais tout va bien, surtout que personne ne s’en préoccupe.
    Et c’est justement à l’ANEA et aux assureurs qu’on demande de traiter ces expertises.
    Finalement à quoi bon avoir un numéro d’agrément national et figurer sur la liste nationale, puisque seul l’agrément d’assurance compte (rappelez-le aux élèves qui passent le diplôme afin qu’ils comprennent dès le départ ce qui les attend).
    J’ai du mal à réaliser que nous vivons dans une démocratie et de surcroit dans le pays des droits de l’homme, un pays dans lequel après avoir passé un diplôme il est impossible pour un expert en automobile d’exercer son métier, tout simplement parce que ce sont les financiers qui donnent le droit (illégalement) aux experts de pouvoir faire leur métier et qui par opposition, volent le droit des autres experts qui ne peuvent plus exercer.
    Mais pas de panique, tout va bien, il ne faut surtout rien changer!!!!!
    Les actes dramatiques ne feront qu’augmenter si le libre choix de l’expert n’arrive pas rapidement, un libre choix pourtant prévu par le droit constant.
    Au lieu de s’intéresser au mal qui ronge notre profession et qui est à l’origine de ce genre d’actes, les instances en place préfèrent avancer avec les belles œillères offertes par les financiers et leurs serviteurs.
    Un énorme travail nous attend afin de combattre et faire disparaître toutes les injustices issues de ce système. Pour cela, il faut un réveil des experts réellement indépendants, un réveil rapide et en masse.

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