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Escroquerie aux VGE (suite) : bilan d’étape au congrès de l’ANEA

L’approche du procès de l’affaire des 5 014 VGE transformés en VO a conduit l’ANEA à effectuer un bilan de l’action mise en place auprès des propriétaires des véhicules incriminés. Ce fut fait lors de son 10e congrès, le 18 mars dernier, devant plusieurs centaines d’adhérents et en présence du délégué interministériel à la sécurité et à la circulation routières, Emmanuel Barbe.

ANEA Congrès

Philippe Ouvrard (à gauche) a ouvert et clos le 10e congrès de l’ANEA, dont il est le président.

Alors que onze prévenus, dont trois experts en automobile, seront présentés devant le Tribunal correctionnel d’Evry ces mardi 22 et mercredi 23 mars pour répondre de leurs actes dans l’affaire des 5 014 véhicules gravement endommagés (VGE) revendus sur le marché du VO, il était temps pour l’Alliance nationale des experts en automobile (ANEA) de faire le bilan de l’action mise en place auprès des propriétaires des véhicules incriminés. Car l’ANEA a eu un rôle-clé dans la prise en charge des véhicules liés à l’escroquerie. C’est François Mondello, membre du comité directeur de l’ANEA, qui s’est attelé à la tâche en rappelant d’abord la chronologie de l’action.

Des étapes-clés

Une action commencée dès le lendemain de la révélation du scandale par Le Parisien, le 9 juillet 2015, au cours d’une réunion d’urgence au ministère de l’Intérieur. Répondant à la convocation du délégué interministériel à la sécurité et à la circulation routières, Emmanuel Barbe, et son adjoint Ludovic Guillaume, la CFEA (Confédération française des experts en automobile) avait alors retrouvé autour de la table les forces de l’ordre, les représentants du ministère de la Justice, le CNPA, la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurance) et le GEMA (Groupement des entreprises mutuelles d’assurances).

Si l’objectif premier, pour la DSCR, était bien d’informer par courrier les propriétaires des véhicules suspects, encore fallait-il que ceux-ci aient un numéro à appeler pour s’informer de la marche à suivre et recourir à l’expertise de leurs voitures. Quant aux experts chargés de réaliser les rapports, encore fallait-il qu’ils disposent d’un outil informatisé pour enregistrer les informations de chaque véhicule et enrichir la base de données créée pour l’occasion.

Ainsi, la CFEA a fait le choix d’un outil de gestion en ligne simple d’utilisation et administrable, un SID directement sur son site pour permettre à ses experts de se connecter. Et c’est IMA Technologies, spécialiste du service client en matière d’après-vente automobile, qui a été choisie pour développer le call center. Ce n’est donc qu’à partir du 11 septembre que le courrier du ministère de l’Intérieur a pu être envoyé aux propriétaires des véhicules suspects.

Encore plus de 2 000 VGE – VO à expertiser

Après avoir reçu 9 641 appels en plus de trois mois, la plateforme téléphonique a cessé son activité le 24 décembre et c’est l’ANEA qui a récupéré l’accueil des appels à partir du 25 décembre. Le 10 mars dernier, il restait encore 2 211 véhicules à expertiser. À cette même date, 2 449 véhicules avaient eu droit à leur expertise. 1 839 rendez-vous étaient encore en attente et 219 ont été refusés. 962 véhicules sur les 5 014 se sont révélés encore dangereux, soient 39,28% d’entre eux. Enfin, 2,67% de ces 5 014 véhicules ne pourront être expertisés, ayant tout simplement disparus, incendiés, ou dépecés pour pièces, entre autres sorts enviables tenant de la fraude à l’assurance.

« Nous avons été surpris de l’ampleur de cette escroquerie, a reconnu Floréal Sanchez, chargé de mission auprès du pôle IARD de la Macif. La Macif détient 14% du parc automobile particulier. Rapporté au nombre des 5 014 véhicules concernés par cette arnaque, cela représente 708 véhicules assurés par la Macif. 79% de nos assurés victimes ont pris rendez-vous pour une expertise. » Par mesure de prudence, la Macif avait d’ailleurs préféré doubler le courrier du ministère par un courrier de son cru, ce qui explique sans doute pourquoi les assurés Macif victimes de l’arnaque sont si nombreux à avoir pris rendez-vous pour une expertise.

Présent dans l’auditorium, Emmanuel Barbe s’est exprimé à la tribune pour « exprimer [sa] gratitude envers les experts dans cette affaire ». La DSCR exerçant la tutelle de la profession d’expert en automobile, il semblait logique que, dans une situation où l’image et l’intégrité même du métier d’expert sont remises en question aux yeux de tous, le délégué interministériel fasse l’honneur de sa présence au congrès de l’ANEA. Les développements de cette affaire semblent avoir encouragé Emmanuel Barbe à réactiver enfin la Commission nationale de l’expertise automobile (CNEA), inactive depuis plusieurs années. « Nous nommerons à sa tête un président de grande valeur », a-t-il déclaré. Une phrase qui, prononcée devant le congrès de l’ANEA, n’a pas dû tomber dans l’oreille de sourds.

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1 Commentaire concernant “Escroquerie aux VGE (suite) : bilan d’étape au congrès de l’ANEA”

  1. Commission nationale de l’expertise automobile (CNEA), inactive depuis plusieurs années!!!!!!!!!!!!!!!
    Tiens donc ! Il aura fallu un n ième scandale dans la profession pour se rappeler les termes de la loi ?
    Pour information, la C.N.E.A. relève du décret suivant :
    Article D326-15
    Modifié par Décret n°2011-760 du 28 juin 2011 – art. 1
    La commission nationale des experts en automobile comprend :
    1° Un président désigné par le ministre chargé des transports ;
    2° Quatre représentants de l’Etat désignés par le ministre chargé des transports ;
    3° Quatre experts en automobile désignés par le ministre chargé des transports, sur proposition des organisations
    professionnelles ;
    4° Deux représentants d’associations d’usagers de la route désignés par le ministre chargé des transports ;
    5° Deux représentants des entreprises d’assurances désignés par le ministre chargé des assurances.
    Les représentants des associations d’usagers de la route ne peuvent appartenir aux catégories mentionnées aux 3°
    et 5° du présent article.
    Un suppléant de chaque membre titulaire de la commission est désigné dans les mêmes conditions.
    Les membres titulaires et suppléants de la commission sont nommés pour trois ans par arrêté du ministre chargé
    des transports.
    Liens relatifs à cet article:
    Codifié par Décret n°2001-251 du 22 mars 2001
    Code de la route. – Article D326-15

    Cela me paraissait utile de le rappeler, et le nouveau syndicat des experts indépendants, S.E.A.I., ne s’y est pas trompé, et ne l’a pas oublié, lui.

    Bonne journée.
    Wilfried Reinermann expert en Val d’Oise

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