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Expertise automobile: le très intéressant témoignage d’un jeune expert inquiet…

Tout témoignage n’a pas valeur statistique et n’engage que celui qui le produit. Certes. Mais celui-là nous a paru intéressant dans son ensemble à plus d’un titre : ce courrier est présenté comme émanant d’un jeune expert qui veut encore croire à son métier et dénonce des dérives que nous avons déjà entendues de-ci de-là… et témoigner anonymement pour ne pas nuire à sa carrière et/ou au cabinet qui l’emploie, un peu à l’image des confessions de carrossiers que nous recueillions durant l’année 2010 et qui réclamaient aussi l’anonymat par peur du pouvoir des donneurs d’ordres. Bien sûr, il appelle vos commentaires. Masqués ou non. Et concordants ou non…

Mise à jour au 23 juin 2016 : cet article fait partie des quelques-uns qui poursuivent une étonnante car prolifique « carrière internet » sur notre site. Il a déjà été consulté plus de… 25 000 fois depuis sa mise en ligne en janvier 2013 ! Un indice de plus venant confirmer l’un de nos axes rédactionnels depuis que ce témoignage a éveillé notre intérêt. La vie des experts n’est visiblement pas simple…

« Madame, Monsieur,
Je me permets de vous écrire afin de vous faire part de mes inquiétudes concernant l’évolution du métier d’expert en automobile. Je suis un jeune expert salarié dans un cabinet privé, dynamique, motivé et ambitieux. Malgré tout, il me semble difficile d’envisager sereinement l’avenir de ma profession.

En effet, ces dernières années, je constate avec regret que l’ingérence des donneurs d’ordres (assurances, banques et mutuelles) sur les cabinets d’expertise automobile évolue de façon nuisible aussi bien pour les assurés que pour nous experts.

La liberté de l’expert automobile indépendant est aujourd’hui sérieusement mise à mal.

La mainmise des donneurs d’ordres sur les cabinets privés devient étouffante et intolérable. En s’appuyant sur les résultats économiques des uns et des autres, en comparant l’incomparable, les donneurs d’ordres nous imposent de sans cesse diminuer les coûts moyens de sinistre. Tout cela au détriment des assurés et toujours sous la menace de diminuer ou de faire perdre aux experts des portefeuilles de missions.

Nombreux sont nos rapport modifiés sous la pression des experts conseil ou autres conseillés salariés des compagnies qui nous demande de diminuer ou d’augmenter les VRADE (Valeur de remplacement à dire d’expert) à leur convenance (en jouant ouvertement avec les plafonds de recours). Nous en sommes arrivés aujourd’hui à une situation plus qu’inacceptable et qui malgré tout ne semble plus étonner personne car rentrée dans les habitudes au fil des années.

Certains mandants se permettent même d’établir nos grilles d’honoraires de façon arbitraire sans concertation et sans tenir compte des particularités de chacun alors que nos prestations sont normalement libres. D’autres font même varier ces mêmes honoraires en fonction de nos résultats économiques.

Nous en sommes arrivés à des situations impensables il y a encore quelques années. Sur le terrain, nous hésitons parfois à ordonner aux réparateurs des contrôles de géométrie, des tests de freinage et de suspension, des mesures de soubassements et autres contrôles de sécurité fondamentaux, afin d’éviter l’augmentation du coût de la réparation. Les relations entre les cabinets d’experts se dégradent sous le poids de la concurrence qui prend parfois le pas sur la déontologie.

Un expert se doit de tout mettre en œuvre pour donner les moyens aux réparateurs d’effectuer les travaux sur un véhicule accidenté dans les règles de l’art et ce genre de préoccupations ne devrait même pas lui traverser l’esprit lorsqu’il est devant un véhicule.

Extrait du code de déontologie de l’expert automobile :
«Article 11 : Impartialité
1. L’expert en automobile doit toujours considérer qu’une mission lui est confiée, notamment, en raison de ses obligations d’impartialité et de loyauté, qui sont exposées dans le présent Code. Il doit donc conserver en toutes circonstances son objectivité, même s’il est missionné ou rémunéré par une partie.
2. Il doit pour cela, tout en considérant les intérêts légitimes de la personne qui l’a choisi, exécuter sa mission de façon impartiale. (…)
4. L’expert en automobile s’interdit d’accepter une mission s’il n’est pas en mesure, pour quelque raison que ce soit, de garantir qu’il pourra la conduire de manière totalement impartiale à l’égard des parties ou des personnes qui sont concernées par l’expertise ou par le différend en cause.
6. L’expert en automobile qui, en cours d’expertise, estime ne plus être en mesure de garantir cette impartialité, a le devoir d’en informer les parties et d’interrompre sa mission.
»

La réalité est toute autre et l’intérêt économique de nos interventions a largement pris le pas sur celui de la technique. Un bon expert est aujourd’hui un expert «pas cher», c’est à dire avec un bon coût de sinistre. Et cela n’étonne plus personne. On n’hésite pas à nous le faire remarquer lors des nombreuses réunions mandants/experts qui prennent des allures de conseil de discipline avec l’affichage au tableau des bons et surtout des mauvais élèves.

Malheureusement, notre profession est aujourd’hui peu défendue. Certes l’ANEA (alliance nationale des experts automobile) fait de son mieux, mais ses moyens sont dérisoires face aux pouvoirs des compagnies. Les membres décisionnaires de cette alliance sont pour la plupart patrons de cabinets qui sont eux-mêmes dépendants des donneurs d’ordre et donc pas aussi libre qu’ils le souhaiteraient.

Les dernières tendances entre assurances visent à tout simplement « shunter » l’expert lors d’un sinistre afin d’éviter les frais engendrés par notre prestation au détriment de la qualité de service et de la sécurité. En effet, depuis peu, des plateformes de «techniciens» sont mises en place pour effectuer les expertises à distance sur photos, sans aucun respect du contradictoire, ayant pour seul objectif des résultats économiques, la baisse du coût moyen de sinistre et de la note d’honoraires.

Plus récemment encore, la mise en place du «Chiffrage Autonome du Réparateur» (CAR) par COVEA (d’autres suivent) consiste à faire contrôler les devis des réparateurs par un automate de gestion (!!!) avant de lancer les travaux. Tout cela dans le but d’éviter l’expertise et ainsi de diminuer les frais d’honoraires, toujours au détriment de l’assuré, de la qualité des réparations et du respect des procédures. Une partie de notre travail est ainsi reportée sur les réparateurs qui, malgré toutes leurs qualités, n’ont pas nos qualifications techniques, juridiques et administratives pour la gestion des sinistres. Comme je l’entends souvent sur le terrain de la part des carrossiers : «à chacun son métier, je ne suis pas expert ni photographe…» (en référence aux nombreuses photo-expertises).

L’avenir de notre profession est aujourd’hui en danger, les cabinets licencient en masse, on ne compte pratiquement plus d’embauche. Cela engendre un problème de renouvellement des effectifs à moyen terme car rappelons-le, un expert, avant de pouvoir passer son diplôme, doit procéder à un stage de deux ans au sein d’un cabinet en tant qu’expert-stagiaire rémunéré. Il va sans dire que, compte tenu de la conjoncture actuelle, la priorité n’est pas à la formation et à l’embauche mais à la survie et au maintien des effectifs en place.

Il n’y aura donc plus de nouveaux experts formés dans un futur proche. Je vous laisse deviner les conséquences à long terme. Suivra également dans la foulée la disparition des emplois de formateurs, car devenus obsolètes.

Comment pouvons-nous respecter notre déontologie et rester impartiaux dans de telles conditions?

Comment assurer au propriétaire du véhicule accidenté remis en état la garantie d’une réparation de qualité, sécuritaire et fiable sous cette pression économique ?

Il y a des solutions simples pour palier tous ces problèmes et rendre la raison à nos donneurs d’ordres. Pour cela plusieurs mesures sont à prendre d’urgence par le législateur :

  • rendre l’expertise légale dès le premier euro de dommage ;
  • l’expertise doit être réalisée obligatoirement par un expert diplômé ou un stagiaire expert sous tutelle de son maître de stage. (ne plus tolérer les plateformes techniques incontrôlables dont la concurrence est déloyale) ;
  • interdire l’ingérence des donneurs d’ordres dans nos dossiers ;
  • interdire aux donneurs d’ordres de nous fixer des objectifs chiffrés et de nous comparer entre cabinet dans le but d’éliminer les plus «faibles» ;
  • donner à l’ANEA son indépendance en dissociant ses membres des donneurs d’ordres afin qu’elle puisse agir librement et ainsi lui donner le pouvoir et les moyens nécessaires pour faire face aux nombreuses attaques auxquelles nous faisons face ;
  • tolérer l’EAD (expertise à distance) réalisée exclusivement par des experts indépendants et fixer un plafond de travaux relativement bas (environ 1 500 €) au-delà duquel l’expertise terrain devient nécessaire …

Je témoigne aujourd’hui avec regret dans l’anonymat car un tel courrier me coûterait assurément la perte de mon emploi (par la pression des groupes sur mon patron) et de sérieux problèmes tant les enjeux économiques sont importants.

Je compte sur le législateur pour rapidement prendre des décisions concrètes et efficaces.

L’Etat a su faire confiance aux experts en 2009 en instaurant la mise en place de la procédure VGE (véhicule gravement endommagé). Celle-ci nous donne des responsabilités supplémentaires en nous permettant d’immobiliser les véhicules selon certains critères de dangerosité après un accident de la circulation. Tous ces véhicules qui sont aujourd’hui privés d’expertise après accident sont susceptibles d’être remis en circulation sans aucun contrôle.

Pourquoi nous gratifier d’un coté d’une mission de service publique liée à la sécurité routière et nous empêcher de l’appliquer de l’autre en permettant à certains véhicules de passer entre les mailles du filet et continuer à rouler dangereusement sans que son propriétaire en soit informé ?

Il faut rapidement que le bon sens reprenne le dessus et il faut rendre ses lettres de noblesses à notre profession.

Je tire aujourd’hui ce signal d’alarme en envoyant ce courrier à un maximum de personnes influentes et susceptibles de pouvoir agir dans l’intérêt de la profession et de tous les assurés automobiles. Vous pouvez bien sûr en faire de même.

Un Expert salarié excédé

Note de l'article
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24 Commentaires concernant “Expertise automobile: le très intéressant témoignage d’un jeune expert inquiet…”

  1. Le code de la route article R 326 1. Dit que en cas d accident c’est au propriétaire du véhicule de mandate l expert automobile de son choix
    La loi est applicable pour certains et comme pour beaucoup de choses pas pour d autres. Les lobbyistes banques et assureurs
    Moi même expert j ai dennonce cet état de fait aux différents membre du nouveau gouvernement
    Il faut s unir agire pétition courrier syndicat libre pétitions tous les moyens devraient faire bouger les lignes
    Sans activité je passe mon temps à lire déchiffrer essayer de comprendre la multitude d’anomalies imposer par les assureurs unissons nous on va les faires plier. Voir aussi le code des assurances

  2. Bonjour,
    Je suis moi même victime de pratiques abusives et injustes. Suite à un accident non responsable j’ai eu un problème de direction assistée car ma voiture est montée sur le trottoir. L’expert voit le véhicule je lui montre les photos il me dit que effectivement c’est pas impossible que l’accident ait causé le problème de DA et que le doute me profite et qu’il va rendre compte à son assurance. Quelques semaines plus tard il clot le dossier sans rien réparer san envoi de lettre pour m’aviser soi-disant le problème de DA n’a rien à voir avec l’accident. Un autre expert corrompu mais je ne m’arrête pas là j’ai un RDV avec un professionnel d’une association de protection du consommateur et si va devra aller au tribunal advienne que pourra. La plupart des compagnies d’assurance compte sur la naiveté du client, sa peur de faire une contre-expertise et d’aller en justice, faut se battre contre ces malhonnêtes hommes et leur montrer que c’est nous qui décidons quoi faire et quand le faire. À suivre donc.

  3. Bonjour,
    Super nouvelle après 12 ans de vente automobile je souhaitais me reconvertir ! Bravo ! Super !

    • Après près de 2 décennies dans cette profession, je vous confirme l’exactitude de ces propos et je vous conseille vivement de choisir une autre orientation.

  4. La solution actuelle est pour l’assuré de faire appel aux experts véritablement indépendants qui sont au Syndicats des Experts Indépendants (SEI).

    Pour info, voir leur Site.[/quote]

  5. Helas tout cela est la réalité, surtout que les compagnies se sont regroupées en trois groupes: AIS, Axa et Maif-Macif-Matmut.

    La solution actuelle est pour l’assuré de faire appel aux experts véritablement indépendants qui sont au Syndicats des Experts Indépendants (SEI).

    Pour info, voir leur Site.

  6. Jeanmarc a raison: C’est la seule solution. Lors d’un sinistre automobile, l’assureur délivre un bon d’expertise à l’assuré qui le remet à l’expert de son choix. L’expert se fait payer à l’aide de ce bon. La valeur du bon est discuté à l’échelon nationale entre les assureurs et les experts.

    La variation de la valeur du bon d’expertise en fonction du coût sinistre moyen de l’expert concerné, limitera les liens trop étroits qui tenteront naturellement de s’établir entre l’expert et l’assuré.

  7. expert indépendant / 12 avril 2013 á 16 h 40 min / Répondre

    [quote name= »Astérix »]les avocats ont réussi à se faire choisir librement dans les cas de protection juridique, mais la contrepartie des assurances, c’est qu’elles brident les honoraires, une façon de diriger la clientèle vers leurs habituels cabinet, qui travaillant à bas coût, ne se déplacent pas souvent lors des expertises judiciaires…

    Il est à craindre que cela serait le cas où l’assuré aurait le libre choix de l’expert.

    L’assuré risque de payer un supplément car les compagnies auront toujours à opposer le tarif de leurs cabinets conventionnés, parfois tenus par leurs propres « expert conseil », caché parfois derrière un GIE (bonjour l’indépendance…)

    voir les commentaires du lien suivant: http://www.apres-vente-auto.com/actualite/5071%5B/quote%5D

    Les commentaires sont intéressants sur ce lien…
    Que dire de la loi VGE qui pour le même type de choc sur des véhicules identiques s’applique ou pas selon le genre sur carte grise, ou selon si l’expertise est liée à un accident de la circulation ou non…
    Que dire sur la restriction de pièces d’occasion imposée aux experts selon un tableau reçu en formation dont le principe est même de demander le contrat d’assurance du vendeur de la pièce! sans parler des aberrations interdisant la monte de pneus d’occasion pour les voitures mais pas les PL! Qu’allons nous faire des roues de secours,, au secours!!!

  8. Le témoignage est un juste reflet de la situation mais je n’ai jamais entendu les experts dénoncer les enquêtes que les donneurs d’ordres leur demande pour classifier les carrossiers, je ne les ai aussi jamais entendus défendre les carrossiers lorsqu’ils dénoncent depuis des années cette problématique de pression sur les coûts, les méthodes de réparation, la pression sur les temps de réparation avec les aberrations des temps constructeurs qui baissent d’une année sur l’autre sur un même véhicule.

    A ma connaissance,c’est aussi les experts qui « négociaient!!! » les changements de tarifs des carrossiers (c’est leur rôle????!!!).

    La situation actuelle est normale; cela fait des décennies que chacun défend son pré carré… mais nous sommes en France!!!!! Les donneurs d’ordres ont passé ce cap et savent se regrouper pour défendre leurs intérêts (gema – ffsa – syndicat loueurs lld) tout en étant de féroces concurrents.

    Les experts, les carrossiers, ne savent pas le faire et il n’y a plus de place pour les faibles. Si chacun ne pense qu’à lui, il restera faible.

    Il est encore temps de faire bouger les lignes, mais la solution passera par les professionnels eux-mêmes et non pas par le législateur (lobbying des donneurs d’ordres et constructeurs qui sont les premiers intervenants en carrosserie). J’aimerais qu’un expert m’explique pourquoi il acceptait des taux horaire chez des concessionnaires agréés qui sous-traitaient 20 à 30 % plus élevé que les taux chez les carrossiers indépendants????

    Bon courage sincère à ces 2 belles professions

  9. Jeune diplômé… Le pôv mon expert le pôv… Il n’a juste pas compris que ses employeurs font certainement partie de ceux qui ont tué l’expertise en se faisant prendre au piège de l’hallali sur les réparateurs et les temps de main d’œuvre.

    Ils ont bien aidé le CAR en servant eux-mêmes les données statistiques à entrer dans le logiciel… Ils se sont bien tiré une balle dans le pied avec l’invention du VE, chant du cygne de l’expert voulant prouver qu’il mérite cette appellation avec sa pipette à mesurer le liquide de frein… Tout ça parce qu’il fallait que cette profession libérale garde son aura. Pfff…

    Il fallait aider les donneurs d’ordre en remontant les infos et créer des bases de données sur les pièces de carrosserie trop chères et les abus des constructeurs, au lieu de chercher les 20 centièmes d’heures à ôter du devis du réparateur! Il existe encore des experts qui voient le réparateur comme un ennemi « parce-qu’il dépasse les temps alloués », alors qu’ils devraient considérer les réparateurs gestionnaires comme de sérieux concurrents capables en amont de maitriser le coût moyen sinistre.

    Et puis pourquoi « JEUNE diplomé » quand on a une vision aussi passéiste des choses? Trouverions-nous logique aujourd’hui, alors que l’on peut, en habitant à Montcuq, commander une paire de converses à Boston ou Chicago, qu’un expert continue à polluer nos campagnes à bord de sa petite Clio Diesel pour chiffrer le redressage d’une aile et sa peinture? La photo est bien plus pertinente en terme de dépense d’énergie, non?!?

    Dans cette logique, on pourrait lui reprocher de se servir du web pour crier au loup et de refuser la toile pour que les réparateurs chiffrent.

    Cela dit, je comprends le désarroi d’un jeune qui arrive dans notre affreux système. Tout cela me pèse également. Mais refuser de s’adapter n’est pas une bonne solution. Plein de ses collègues l’ont compris et ils se sont lancés dans l’EAD avant les autres, conservant ainsi leur portefeuille. Certains n’ont pas abusé du VE, certains nous font plaisir lorsqu’ils nous rendent visite, certains sont justes et apportent une réelle valeur ajoutée à la prestation de base en échangeant avec le réparateur de vrais propos techniques et juridiques, certains restent tout simplement debout en sachant que si l’expertise ne leur convient plus, ils changeront de métier…

    D’autres sont devenus des hommes d’affaires (et c’est tout à fait respectable), en créant de jolis structures regroupant plusieurs cabinets qu’ils gèrent au mieux avec la pression environnante. Ce sont des entrepreneurs modernes !!! Et si c’était facile d’être expert… Tout le monde le serait! Je suis bien réparateur, moi… 😉

    Courage à toutes et à tous, mais pensons tout de même à « déconsommer » et à rendre nos Ipads, Iphones, Canal + et orange TV, notre troisième voiture, le micro-ondes, les consoles de jeux débiles, la musique de merde, la malbouffe, les médicaments qui engraissent les labos pour rien… Arrêtons d’être pour ou contre le mariage pour tous, arrêtons d’être heureux quand on libère la mexicaine que l’on ne connait pas, cessons de subir l’information qu’on nous distille et ouvrons les yeux pour de vrai… Pensons à sauver notre peau.

    Et toi, jeune expert, soit jeune tout court: voyage, éclate-toi si tu es jeune, n’insulte pas cette chance… Allez! La bise à tout le monde entier.

  10. Tant que les usagers se laisseront faire et obtempèreront aux redirections vers des ateliers agréés, le problème s’intensifiera!

    j’ai moi-même récemment eu un sinistre avec mon véhicule, mon assureur m’a proposé une prise en charge chez un carrossier agrée, en « SAD », la dite carrosserie étant éloignée de 44 kms de mon domicile!..

    j’ai refusé en expliquant a mon interlocutrice qu’étant commercial dans la rechange automobile, j’étais au courant des lois en vigueur, à savoir que je suis libre du choix du réparateur. l’employé de l’assurance m’a dit que je serais obligé d’avancer les travaux, je lui ai répondu que mon réparateur garderait le chèque « dans le tiroir » en attendant que je soit remboursé, cette femme a osé me dire que c’était illégal alors que la redirection qu’elle a tenté de m’imposer l’est tout autant!!

    Bilan: j’ai fait réparer mon véhicule chez mon habituel garage au taux maxi, mais 99% des usagers ne sont pas au courant de leurs droits.

    Il faut dénoncer ce scandale et mettre en lumière les lobby des assureurs qui enrhument les parlementaires qui écoutent le dernier qui a parlé, il faut communiquer, se regrouper, se battre!

    C.De Rennes

  11. Cabinet d’expertises indépendant, nous avons, sur un dossier, un expert salarié d’une compagnie, qui, sans avoir rien vu, ni véhicule, ni photos, s’est autorisé à diminuer le montant du rapport établi par notre cabinet, ce qui lèse l’assuré et le réparateur pour l’indemnité due.
    À votre disposition et dans l’attente de vous lire si intéressé pour article Cordialement

  12. les avocats ont réussi à se faire choisir librement dans les cas de protection juridique, mais la contrepartie des assurances, c’est qu’elles brident les honoraires, une façon de diriger la clientèle vers leurs habituels cabinet, qui travaillant à bas coût, ne se déplacent pas souvent lors des expertises judiciaires…

    Il est à craindre que cela serait le cas où l’assuré aurait le libre choix de l’expert.

    L’assuré risque de payer un supplément car les compagnies auront toujours à opposer le tarif de leurs cabinets conventionnés, parfois tenus par leurs propres « expert conseil », caché parfois derrière un GIE (bonjour l’indépendance…)

    voir les commentaires du lien suivant: http://www.apres-vente-auto.com/actualite/5071

  13. Bonjour,
    On peut comprendre cette réaction, mais il fallait y penser avant.
    A partir du moment ou les compagnies d’assurances ont agréé certains réparateurs qui ont cru à la bonne affaire en espérant ramasser, au détriment de leurs confrères, le « jackpot » et qui maintenant pleurent parce qu’ils travaillent pratiquement pour rien, les cabinets d’experts, à un moment, ont fait la même « connerie » pour s’assurer un avenir.

    C’est à cette époque que tous ont donné ce pouvoir aux grandes compagnies d’assurances.

    Que faire maintenant? Je ne le sais pas. Moi-même, j’avais cru au « pactole » de l’agrément. Mais depuis maintenant 7 ans, j’ai arrêté tout ça et depuis, je travaille moins mais mieux.

    Se plaindre, c’est bien gentil, mais c’est à vous, cabinets d’expertises et réparateurs, de prendre vos responsabilités.
    [b]Daniel Grégoire[/b]

  14. Bonsoir ,je suis réparateur depuis 15 ans.Je confirme le témoignage de l’expert et pire encore,la diminution dangereuse des temps de main d’œuvre. Ceci dit, je ne comprends pas pourquoi les pouvoirs public ne réagissent pas. Car diplôme d’état.

  15. Surpris et re-surpris: expert anonyme courageux « ou pas », je l’admire. Soulever ce problème n’est pas rien; il y croit, le pauvre. J’ai 58 ans: « on a évolué », qu’ils disent, ces donneurs d’ordres…

    Alors lire ça, ça me ronge, mon pauvre jeune expert. C’est perdu d’avance, on n’a aucun syndicat ni structure pour nous mener à une entente expert/réparateurs. Que craignez-vous? Que les assureurs fassent de la carrosserie? Ils ont déjà essayé, ce n’était pas viable.

    Je regarde en arrière. Quand les donneurs d’ordres payaient les factures aux clients, quand chacun faisait son métier et gagnait sa vie, quand la sécurité et le travail bien fait primaient sur l’argent. Je me dis qu’au moins, moi, j’ai connu…

    Regardez messieurs les experts, réparateurs, donneurs d’ordres: il n’y a plus de stations-service, de commerces de proximité, d’artisans, de passionnés… Demain, si vous ne vous réveillez pas, les grandes surfaces appliqueront les tarifs qu’elles veulent, les prix de carburants seront cloisonnés par ces chers financiers.

    Nous sommes tous consommateurs! Regardez ,mais regardez et réveillez-vous: ça y est, le consommateur est mort. S’il a 2 sinistres, on le vire; si tu veux un pack de bière, on t’en colle deux et t’es coincé. Tu casques car il n’y a plus de valeurs: ni pour le boulot bien fait, ni pour le service. La finance, c’est elle qui a pris le pouvoir.

    Moi, j’ai une carrosserie en bord de ville. Je vais faire de l’immobilier ,je deviendrai un financier pour assurer mes vieux jours. Comme eux. Et il va y avoir 5 chômeurs de plus en 2018. J’avais la foi, comme ce jeune expert qui m’inquiète car il parle trop. Tu risques ta tête mon ami, ne fait pas le courageux. T’as vu, même nos syndicats ont peur, car il y a des « donneurs d’ordres ». Au fait: de quel droit?

    Vous avez encore un peu de temps pour aimer et faire votre métier dans de bonnes conditions. Alors messieurs les syndicats, soyez courageux. Emmenez-nous. On est prêt.

  16. Mon Dieu, que de réparateurs NAÏFS. Ouvrez les yeux: nous sommes gérés par la finance, celle des assureurs. Messieurs les garagistes, dans certaines région vous ne pouvez même plus décider de votre taux de main d’œuvre: ce sont les plateformes donneuses d’ordres qui décident et vous vous exécutez !

    je suis chef d’entreprise d’une petite PME et je fais face à des groupes de distributeurs qui n’ont plus de rapport avec la marge, avec la valorisation de leurs produits et pour qui seuls comptent le chiffre et le [i] »je vais prendre le marché à l’autre, qu’importe la marge »[/i]. Moi, je comprends cet expert; il en a « ras le bol » que son métier et son savoir-faire soient remis en cause par des compagnies MULTINATIONALES dont le seul souci est le profit!

    Résultat: il faut attendre un mort sur la route suite à une expertise bâclée où l’on aura négligé un contrôle géo au nom de la BAISSE DU COÛT DU SINISTRE!

    Messieurs les réparateurs, vous êtes destinés à enrichir les compagnies d’assurances, les distributeurs de pièces, en plus de l’État. Et eux, que font-ils vraiment pour vous?

    Arrêtez de subir, vous avez un savoir-faire exceptionnel, vous êtes souvent un des derniers commerces de proximité, ne vous laissez pas guider par l’argent…

  17. Un jeune réparateur / 8 janvier 2013 á 10 h 57 min / Répondre

    Bonsoir !
    Ce que vit selon son témoignage votre « jeune expert » est la juste évolution du relationnel entre les donneurs d’ordres et le monde de la réparation automobile.

    Encore un jeune bardé de diplômes selon ses dires (à voir). Beaucoup de mépris dans ses propos envers les cols bleus. Ce qui arrive selon ses propos, le monde de la réparation le vit depuis fort longtemps. Vous le soulignez vous-mêmes dans certaines rubriques.

    Mais je n’ai jamais entendu un expert prendre la défense des réparateurs, bien au contraire. Ils se croyaient à l’époque du coté du marteau et le simple réparateur du coté de l’enclume bien sûr.

    Désolé de lui ouvrir les yeux (une fois de plus, le monde de la finance continue de jouer de sa faculté de rouleau compresseur).

    Un peu tendre , un peu naïf ,votre jeune « diplômé », et aussi un peu d’humilité, SVP.

    [B]Un ancien simple « réparateur » jeune homme[/b]

    [i]NDLR: témoignage reçu par mail à la rédaction[/i]

  18. bonsoir
    nous venons de lancer une plateforme http://www.deviscarrosserie.net qui permet de travailler avec les experts les assurances et le grand public il s’agit de réguler les prix et de pouvoir centraliser sur une plateforme accessible a tous et gratuit pour les experts qui peuvent récupérer le dossier sur notre base de donnée
    donc oui je pense que la carrosserie ainsi que les expertises sont nécessaires alors groupons nos efforts sur une nouvelle façon de travailler en carrosserie ainsi deviscarrosserie.net pourrait être un argument de poids pour allier donneurs d’ordres experts et carrossiers

  19. Je suis surpris de la soudaine prise de conscience de cet expert: depuis combien de temps nous mettent-ils la pression pour baisser les coûts? Ils exigent maintenant des pièces de réemploi. Cerise sur le gâteau: ils nous parlent de compétence « insuffisante »! Il est vrai que la photo et internet sont des techniques trop compliquées pour de simples réparateurs…
    L’assuré a le DROIT de choisir son réparateur, mais pas l’expert de sa propre compagnie dont la mission est de minimiser le coût de la remise en état ou de l’indemnité. Et cela bien sûr en respectant la sécurité tant que faire se peut. Les mêmes experts chiffrent avec des moyens modernes, nous envoient par courrier électronique les canevas d’expertise qu’ils peuvent modifier malgré le fait que nous les ayons signés (cela m’est arrivé) et ne supportent pas que cette même technique les prive d’une partie du gâteau.

    En conclusion et sans aucune polémique dans toute situation, quels que soit le poste et la situation, le secret pour durer et progresser EST DE SE RENDRE INDISPENSABLE. CQFD.

    NB: ceci n’est pas un exercice d’orthographe et de ponctuation, vous aviez remarqué.

    [b][i]NDLR: oui, mais nous avons remédié aux quelques fautes, comme nous le faisons à chaque fois. Nous aussi, il nous arrive d’en laisser passer 😉 …[/b][/i]

  20. Bonsoir
    Les dires de cet expert sont, hélas, vérifiés chaque jour dans notre carrosserie.
    j’ai 58 ans et je vois de bons experts devenir réticents au contrôle de Géo ou de soubassement. Nous avons dû ré-ouvrir des dossiers où le client se plaignait d’usure de pneus ou de comportement du véhicule.
    Le résultat: nous convoyons l’auto dans nos locaux sur dépanneuse (facturé), ré-expertise et finalement… le contrôle est fait. Économie? Nouvelle facture / nouvelle expertise / client perdu pour l’assureur et pour l’expert (mais aussi pour nous).
    Nous précisons dorénavant sur le PV si le contrôle demandé n’a pas été accordé + un courrier à l’assuré et copie à l’assureur. Sinon, seule notre responsabilité serait retenue en cas de travail non conforme (demandez comme moi, à votre propre assureur).
    Le métier d’expert, comme le nôtre ,doit être fondé sur le respect d’un savoir-faire que nul « financier » ne devrait pouvoir ternir. Chacun son boulot…
    Que les experts passent encore longtemps dans nos ateliers; ils sont les bienvenus: on peut faire du bon travail ensemble.
    Vous pouvez me citer ,tout est vrai;
    [b]JP Vergnaud, Carr SALOMON 16500[/b]

  21. [i][b] »les réparateurs qui, malgré toutes leurs qualités, n’ont pas nos qualifications techniques »!!!!!!!!!![/b][/i]
    Il a pas les chevilles qui enflent?!!!

    Il y a énormément d' »experts »qui brillent par leur incompétence. Et le dindon de la farce dans l’histoire, c’est toujours le réparateur qui est obligé de baisser son froc pour bosser.

  22. Bonjour à vous,

    Étant moi-même expert depuis plus de 10 ans, ex-salarié d’un cabinet d’assurance, je ne peux que confirmer les dires de ce témoin…

    Par contre, afin de clarifier les choses, cette lettre tourne depuis un moment sur internet car je l’ai déjà reçue et nous avons des raisons de croire qu’il ne s’agit nullement d’un jeune expert salarié, mais plutôt d’un gérant de cabinet au bord de la crise de nerf !!!

    Les quelques années où j’étais salarié, j’ai déjà vu une évolution rapide allant déjà l’époque dans le mauvais sens.

    Depuis que je suis (vraiment) indépendant (donc ne travaillant plus pour les assureurs), je suis devenu le témoin des dérives du système; les assureurs se plaignent du coût des réparations, mais c’est bien eux qui entretiennent cette dérive en confiant de moins en moins de travail aux experts, en leur mettant une pression terrible avec les statistiques et autre coût moyen, en étranglant les réparateurs avec des tarifs négociés à la baisse et des agréments ne permettant plus aucune marge correcte…

    Ils ne font rien non plus contre le monopole des constructeurs sur la vente des pièces de réparations, dont le coût s’est envolé ces dernières années car l’inflation vient bien de cela…

    Tout n’est pas non plus de la faute entière des assureurs…; les experts ont, dans d’autres temps, ouverts la porte à l’expertise à distance, point de départ des problèmes avec les assureurs.

    Ils ont beaux dos de se plaindre aujourd’hui, mais en acceptant certaines choses à une époque, ils se sont eux-mêmes mis dans le pétrin…

    Bref, y a-t-il une solution miracle ? Personnellement, je n’en vois qu’une seule et unique… Il faudrait que les missions aux experts soient faites par les assurés eux-mêmes.

    Plus de lien commercial entre les cabinets et les assureurs, c’est l’assuré qui choisit l’expert de son choix dans la liste nationale prévue à cet effet.

    Comment respecter l’indépendance prévue par la Loi lorsque l’activité d’un cabinet est assuré à plus de 95 % par un ou plusieurs assureurs ?

    C’est une utopie que l’on se garde bien de commenter, mais c’est pourtant la réalité: les experts « assurance » ne sont plus indépendants !

    Comme d’habitude, certains (assureurs ou experts) vont crier au loup, certains d’entre eux étant pourtant les premiers à se plaindre.

    Les licenciements ont bien commencé, c’est sûr: outre la baisse d’activité engendrée par les assureurs, la répression routière n’arrange rien et la crise est passée par là.

    Que cela soit pour les réparateurs ou les experts, même combat, même galère: l’année 2013 s’annonce dure et risque d’être bien pire en 2014…

    Qui vivra verra, l’avenir nous dira qui avait raison.

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