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Témoignages – Quand la discipline des experts suscite débat…

Notre récent article sur la réactivation, par décret, de la Commission nationale des experts en automobile (CNEA), chargée notamment des procédures disciplinaires contre les fauteurs de trouble de la profession, a suscité certains commentaires acerbes de la part de nos lecteurs. Certains y sont même allés d’un petit ping-pong bien senti, témoin de la tension qui règne dans le métier. Parole, donc, à «Expert réellement indépendant» et «Expindep», aux pseudonymes proches mais aux positions clairement éloignées…

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Une info venue de nos lecteurs-correspondants!“Garder le contrôle du système, les assureurs/l’ANEA/la CFEA ne sont pas prêts à lâcher prise bien au contraire, le système actuel est parfait… Pour eux !!!!

“Les malheureux propriétaires de véhicules concernés par l’affaire des 5 000 VE ont eu la chance d’avoir un gouvernement qui a pris soin de les encadrer…. autrement dit de leur imposer via la CFEA/l’ANEA des experts d’assurances, privant ainsi ces citoyens de leur droit le plus légitime, celui de choisir un expert ne faisant pas partie de ce beau monde… Surtout pas un expert indépendant, ne laissez surtout pas le choix aux Français de l’expert, ce serait une véritable catastrophe… Pour les assureurs, pas pour les assurés/victimes…

“Voilà comment une fois de plus, les assureurs/l’ANEA/la CFEA avec cette fois la complicité du gouvernement, ont réussi à détourner le travail qui aurait pu être réalisé par n’importe quel expert inscrit sur la liste nationale, une liste qui passe au second plan encore et toujours… C’est à se demander pourquoi elle existe, il faudrait la remplacer par la liste des experts agréés par les assureurs.

“Ces malheureux propriétaires ont eu droit à une expertise selon un procédé pour le moins surprenant, une expertise au tarif barêmé, bien entendu, sans démontage, avec un contrôle technique, un contrôle géométrie et un contrôle sur banc de mesure tridimensionnel… Ainsi, d’après ce procédé, l’expert statue sur l’absence de dangerosité du véhicule.

“J’ai eu l’occasion d’expertiser un de ces véhicules après la validation de l’expert d’assurance, sauf que mes honoraires n’étaient pas barêmés, mon mandant avait saisi sa protection juridique impliquant le libre choix de l’expert, et j’ai donc naturellement fait déposer les amovibles pour examiner correctement le véhicule et sans grande surprise, le constat était catastrophique : passage de roue plié, absence partielle de soudure sur les tôles cachée par du cache misère (joint pulvérisé) avec apparition de corrosion, faisceaux électriques endommagés avec risque d’incendie, etc. Bref, la liste est longue, le véhicule est bien évidement dangereux mais pas selon le procédé imposé par le gouvernement/les assureurs/l’ANEA/la CFEA.

“La sécurité routière, les Français n’en seront jamais la priorité dans le système actuel qui privilégie les intérêts de la finance.

“Les indépendants ont encore du pain sur la planche… Cela tombe bien, ils sont motivés plus que jamais compte tenu de la gravité de la situation.

Expert réellement indépendant

Un témoignage plein de force et d’indignation qui n’est, toutefois, pas resté sans réponse, comme vous pouvez le lire ci-dessous…

“Je ne suis pas d’accord avec toi. Déjà, les experts choisis étaient justement des experts qui pouvaient intervenir là où ont été trouvés le maximum de véhicules concernés, à savoir en Île-de-France. Les propriétaires n’ont certes pas choisi leur expert, mais ils ont eu la prestation prise en charge pour la grande majorité par leur assureur (qui n’était pour rien dans la magouille qu’il y a eu avant, entre des réparateurs et trois experts vérolés), le tout dans une structure encadrée, sans avance de fonds, réglé en une journée.

“La plupart des gens qui ont eu affaire à ce système étaient contents d’avoir eu un service rapide et efficace. Ensuite, vous confondez le fait que le véhicule n’était pas de nouveau bloqué par la procédure si le critère déclencheur n’était pas présent, et le fait de ne pas voir que le véhicule était dangereux. Il s’agissait d’effectuer un examen sans démontage important pour vérifier que les critères déclenchant à la base avaient bien été réparés. Si c’était le cas, le véhicule était libre, mais cela n’excluait pas que l’expert signale les défectuosités, quelles qu’elles soient, qu’il avait pu constater.

“Maintenant, effectivement, nous n’avons pas effectué de démontage ni gratté la peinture pour voir les soudures et les vérifier. Mais vous non plus a priori. Vous êtes tombé sur un cas important de malfaçon, comme nous l’avons tous fait, et pour lequel nous avons tous agi comme vous, en prévenant le propriétaire, que le véhicule soit ou non rebloqué par la procédure…

“Pour info, on a cherché des experts pour assurer ces expertises de 5 000 VO. Mais il nous en a toujours manqué, parce que les experts ne voulaient pas se déplacer sur les sites prévus, où l’encadrement, les délais et les compétences des intervenants étaient assurés. Toujours facile de venir se plaindre après…

Expindep

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3 Commentaires concernant “Témoignages – Quand la discipline des experts suscite débat…”

  1. encore un combat politique qui ne devrait pas exister.
    un combat de part de marché que les experts d assurance défendent et que les experts « libre » convoitent.
    les trois experts véreux ont bien été choisi librement par le propriétaire des véhicules (l’épaviste)…
    les syndicats sont libres également mais aucun ne peut imposer une quelconque procédure aux experts.
    comme toute profession avec une assermentation ou agrément, la réglementation devrait imposer des contrôles ou des quotas maxi.
    exemple, les contrôles technique ont bien un temps minimum pour réaliser un contrôle sinon la Drire sanctionne.
    connaissant le temps de gestion d un suivi de réparation, un expert devrait avoir un maximum de déblocage de 50 dossiers par mois (c’est un exemple) et ceux approchant souvent cette limite devrai être contrôlé par la préfecture ou autres services approprié.
    tout cela pour dire que le combat d indépendant ou presque n existe pas dans cette polémique et que seul la réglementation et ses dérives sont responsables.
    et bonne chance pour votre bataille de portefeuille sous couvert de l’impartialité et de la liberté;)

  2. Expert réellement Indépendant SEAI / 26 octobre 2016 á 17 h 05 min / Répondre

    Ancien expert d’assurance adhérent de l’ANEA durant plus de 10 ans, « déradicalisé » et devenu Expert automobile Indépendant SEAI. Réactiver la CNEA est effectivement une bonne chose sur le fond, quoique la forme reste largement discutable. A la tête de la CNEA, toujours les mêmes experts d’assurance qui bouclent la boucle. Ne nous posons pas la question de savoir si les personnes statuant à la CNEA ont été élues « démocratiquement » par leurs adhérents, bien évidemment NON, ils se sont autoproclamés.
    l’ANEA revendique une représentation légitime de la profession en se servant des adhésions de salariés de cabinets qui n’ont pas eu d’autres choix que de se retrouver adhérents de l’ANEA, alors même que pour la quasi-totalité, aucun d’entre eux n’a rempli de formulaires d’adhésion ou bien même versé une cotisation.
    L’ANEA sert les ambitions d’une minorité d’experts et leur soif de pouvoir.
    Ce sont ces mêmes experts qui établissent un Code de déonthologie!!!!
    Concernant le commentaire de « Expindep » qui répond sur la manière dont a été traiter les 5000 VE, et qui apparemment a traité plusieurs dossiers au vu de ses dires, il faudrait qu’il précise qu’il est expert de l’ANEA. Son discours est assez révélateur du fonctionnement de l’ANEA calqué sur les compagnies d’assurance. Je m’explique: L’expert en automobile à un rôle sécuritaire avant un rôle économique, or quand un expert se revendiquant indépendant explique que les gentils assureurs ont permis de prendre en charge les contrôles des 5000 VE alors qu’ils n’étaient pour rien dans l’histoire au mépris de certains points de sécurité, l’expert qui écrit cela ne peut pas se revendiquer indépendant. Pour information ces 5000 VE ont souvent été revendus au prix fort à certains épavistes afin de fournir la matière première aux dérives constatées.
    De plus nous lui rappelons qu’une lettre de recadrage a été adressée à l’ANEA afin qu’elle rappelle à ses adhérents qu’ils ne peuvent pas prendre certaines libertés avec la procédure VE, déclencher ou débloquer un VE en fonction des informations relatés par leur organisme professionnel ou bien en fonction des demandes émanant de leurs donneurs d’ordres pour limiter le coût engendré par différents contrôles, ou bien encore comme parfois adresser un courrier recommandé pour informer avoir constaté la déficience de certains éléments de sécurité mais délivrer malgré tout une conformité!!!
    Expindep semble avoir depuis assez longtemps déserté le terrain compte tenu qu’il indique valider une conformité du moment que le critère de dangerosité initial a été réparé. Ce qui veut dire qu’un véhicule ayant subi un dommage dans un 1/2 train avant droit et que ce dernier a été remplacé, pourra être remis en circulation malgré une usure avancée des pneus, des freins, etc.
    Il fera un courrier pour informer le propriétaire des déficiences!! Il va à l’encontre de la lettre de recadrage. Il confond sa mission de sécurité vis à vis du code de la route avec la mission de sa compagnie d’assurance partenaire.
    Mais il est « rapide et efficace », en une visite qui dure 15 minutes, il arrive à valider un VE qu’il n’a jamais suivi en cours de travaux.
    Toutefois ne l’accablons pas, compte tenu qu’il faut pas perdre de vu la rentabilité de son cabinet, et qu’au vu des honoraires versés par la compagnie il mettrai en péril son entreprise.
    A bon entendeur, un expert réellement Indépendant du SEAI, non représenté à la CNEA, et non sollicité pour procéder au contrôle des 5000 VE.

  3. Il serait grand temps de faire du vrai ménage et ce en profondeur dans cette oligarchie de financiers complices, comparable à une mafia … et ce n’est pas peu dire … en faisant respecter la loi Badinter, bafouée et contournée par une convention d’assureurs dite IRSA, ainsi que certains agréments commerciaux illicites, qui les arrangent bien … Choisir son expert en automobile comme son médecin, son chirurgien, son dentiste, son avocat, son garagiste, son carrossier, etc … sera un vrai grand pas en avant, surtout pour les victimes … mais tant que la désinformation et la culture de l’assistanat social, voire le conditionnement cérébrale « des veaux » (expression du Gl Charles De Gaulle dans les années 60 au sujet de l’attitude des Français …) resteront profondément actifs, nous n’avancerons pas …
    Cdlt.

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