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Experts : la CFEA comme voix commune ?

Experts libéraux (ANEA), salariés (UPEAS) et membres du BCA viennent de réactiver la Confédération française des experts en automobile (CFEA) afin de parler d’une même voix à leurs ministères de tutelle et de récupérer certaines prérogatives qui les empêchent, aujourd’hui, de voir clair dans les rangs de la profession. L’occasion de « brainstormer » autour des enjeux de l’expertise de demain, au-delà des dissensions.

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Concurrents sur le terrain, mais pas tant que ça lorsqu’il s’agit de réfléchir sur le métier, les dirigeants de l’ANEA et du BCA, rejoints par l’UPEAS –représentant les salariés hors BCA– ont choisi de redonner de la vigueur, bénévolement, à la CFEA. Histoire de trouver enfin un moyen de parler d’une même voix aux pouvoirs publics (ministères des Transports et de l’Education nationale, pour la formation) mais aussi de la profession elle-même, de la clientèle (assureurs, particuliers) et des acteurs de la réparation.

«A nous tous, nous devons bien représenter 98% de la profession», se félicite Serge Brousseau, président de BCA Expertise et secrétaire de la CFEA. Raison de plus, selon les membres de la confédération, de récupérer des prérogatives qui ne peuvent qu’être à la charge des experts eux-mêmes. A commencer par dresser la liste nationale des experts en automobile, aujourd’hui loin d’être claire sur les professionnels en règle et ceux qui ne le sont pas. Une liste sur laquelle seraient encore présents, selon Serge Brousseau, certains professionnels coupables de fraude ou ne remplissant pas les exigences réglementaires de la profession. «La CFEA a une vocation disciplinaire qui, pour l’instant, ne fonctionne pas», déplore Philippe Ouvrard, président de l’ANEA et de la CFEA. Raison de plus pour réclamer cette prérogative et s’occuper eux-mêmes du «ménage».

Recréer du lien…
Les experts veulent également reprendre la main sur la formation à la procédure VE (véhicule endommagé) qui, aujourd’hui, est dispensée par trois organismes différents et nécessite une certaine harmonisation. Une procédure qui a été introduite dans la douleur lors de sa mise en place et qui, encore aujourd’hui, reste sujette à divergences dans ses modalités d’enseignement. Même si, les membres de la CFEA en conviennent, elle est désormais bien maîtrisée.

L’autre grande idée de la CFEA n’est pas seulement de recréer du lien avec ses propres ouailles, mais aussi avec… l’automobiliste ! Loin du modèle allemand, le paysage de l’expertise auto française n’est pas du genre à avoir pignon sur rue et les rares moments ou le consommateur final croise l’expert est dans le cadre d’une expertise suite à sinistre. Et encore : l’expert passe généralement une fois le véhicule accidenté déposé au garage. Ainsi, la CFEA fait suite à l’idée lancée au cours de la convention 2012 de l’ANEA : «créer et développer le marché de l’expertise de véhicules d’occasion».

A travers Experveo et le tout récent Carré Expert Auto, le BCA et l’ANEA se sont dotés respectivement d’outils ouverts au grand public et accessibles en ligne que les deux entités entendent faire connaître. Les membres de la CFEA le confessent sans mal : le VO sera peut-être la première étape de la création d’un nouveau lien avec l’automobiliste. Un lien qui ne sera plus biaisé par la présence, entre les deux, de l’assureur. «C’est la visibilité de l’expert qui est en jeu», confesse Philippe Ouvrard. D’autant que le marché est porteur, la vente de VO se portant bien mieux que la vente de VN. «Il y a environ 4 millions de véhicules expertisés après sinistre à travers les assurances, explique Lionel Namin, expert ANEA et trésorier de la CFEA. Il y a en moyenne 5 millions de VO vendus sur le marché, ce qui nous permettrait de récupérer un nouveau marché. Nous pouvons être l’allié du pro de la vente VO».

Quant aux malaises qui traversent la profession d’expert (indépendance relative, pression tarifaire des donneurs d’ordres, réduction du nombre de missions et du nombre de cabinets…), il sera toujours temps d’y revenir (voir articles et témoignages sur le sujet)…

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10 Commentaires concernant “Experts : la CFEA comme voix commune ?”

  1. Bonjour à tous

    Dépêchons nous de mettre en place la procédure de recours direct car les alliances honteuses A.N.E.A et B.C.A. se mettent en place pour essayer de faire barrage à tout cela en créant la fameuse alliance C.F.E.A. comprenez la « CONFÉDÉRATION FRANÇAISE DES ESCROCS DE L’AUTOMOBILE » pour le compte des assureurs qui les utilises comme des Guignols.

    A quel titre peuvent-ils prétendent pouvoir faire le ménage sur la liste des experts non à la solde des donneurs d’ordres????

    Rassemblons vite les forces vives et passons donc à l’action pour mettre en place une méthode VRAIMENT légale en place et là, on verra comment ils vont réagir???

    Courage chers confrères car la liberté est à ce prix.

    salutations

    David

  2. Un autre Article à faire appliquer:

    Article R326-1 du Code de la Route
    Modifié par Décret n°2006-1808 du 23 décembre 2006 – art. 2 JORF 31 décembre 2006
    L’expert en automobile doit indiquer à la personne qui envisage de faire appel à lui le prix de sa prestation.

    L’expert ne peut se substituer au propriétaire du véhicule que s’il en a reçu mandat écrit.

    L’assureur ou donneur d’ordre doit convenir que la subrogation utilisée depuis toutes ces années a atteint ses limites de subordination des experts.

    Place au cadre légal et l’équilibre économique retrouvé sera pour tous et non pour ces seuls apprentis financiers avec leurs complices installés.

    L’expertise Automobile est un art noble et en aucun cas dévote aux seuls donneurs d’ordre, c’est pourquoi sa législation doit être scrupuleusement respectée, n’en déplaisent aux parasites économiques venus se greffer sur leur dos, plateformes illégales et autres verrues de la chaîne sinistres financée indûment par assurés et réparateurs.

  3. Étrange ce rapprochement soudain! On dirait un genre de Front républicain quand un autre parti menace de prendre le pouvoir, les partis institutionnels gérontes et installés s’insurgent quand une activité autre que les leurs vient à secouer l’ordre établi…

    L’anea et le bca faire front commun, on aura donc tout vu…

    Ces gens s’intéressent désormais aux véhicules d’occasion et cherchent à amener un service aux particuliers. Marrant quand même, il y a 10 ans environ quand certains experts ouvraient ce marché, ces mêmes personnes les raillaient haut et fort. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, cependant, j’ai le fort sentiment qu’il n’y a plus que cette niche, hors assurance pour permettre aux cabinets de survivre, si toutefois les particuliers leurs font appel.

    Ma mémoire peut être défaillante, mais j’ai souvenir d’un article du Code de la Route, le R 326-1, il peut changer radicalement le mode de nomination de l’expert comme les font les assureurs depuis longtemps:

    [i][b]Article R326-1
    Modifié par Décret n°2006-1808 du 23 décembre 2006 – art. 2 JORF 31 décembre 2006
    L’expert en automobile doit indiquer à la personne qui envisage de faire appel à lui le prix de sa prestation.

    L’expert ne peut se substituer au propriétaire du véhicule que s’il en a reçu mandat écrit.

    [/b][/i]

    Dura lex, sed lex…

  4. Nul n’est censé ignorer la loi, un petit rappel néanmoins:

    Article L326-6 du Code de la Route
    Modifié par LOI n°2011-12 du 5 janvier 2011 – art. 7 (V)
    I. – Est incompatible avec l’exercice de la profession d’expert en automobile :

    1° La détention d’une charge d’officier public ou ministériel ;

    2° L’exercice d’activités touchant à la production, la vente, la location, la réparation et la représentation de véhicules à moteur et des pièces accessoires ;

    3° L’exercice de la profession d’assureur ;

    I bis. – Les conditions dans lesquelles un expert en automobile exerce sa profession ne doivent pas porter atteinte à son indépendance.

    II. – Un décret en Conseil d’État fixe les conditions d’application du présent article et notamment les règles professionnelles que doivent respecter les experts en automobile.

    ————————————–

    Puisque certains veulent « nettoyer » cette profession, le BCA devrait tout d’abord balayer devant sa porte. En effet, cette société appartenant à 100% à des assureurs a déjà été déclarée par arrêt de la cour de cassation en 2003, dans sa forme juridique GIE, illégal de l’exercice de cette profession.
    Exit également les pseudo experts conseils salariés de compagnies ou mutuelles.
    Il en est de même des plateformes d’expertises à distance internes pour certains assureurs, les autres CAR ou Coach ainsi que celles appartenant aux distributeurs de peinture et autres.
    Ainsi, un retour à la normalité légale serait apprécié par les réparateurs et assurés, le tout assorti d’une bonne com redorerait le blason des vrais experts. Boulot pour ANEA, je rêve!!!
    La moralisation est nécessaire mais par ceux en droit de la mettre en place.
    Les experts et non les assureurs! L’indépendance est à ce prix!

  5. Arrangement entre «Amis»
    Alors là, c’est une des meilleures!

    Mr Namin n’est qu’un juriste non expert, salarié d’ANEA, UPEAS, hors les employés du BCA (donc des assureurs en direct) n’a pour autres membres des experts salariés d’Assureur.

    Bref, la ficelle est un peu grosse, pour une mainmise sans vergogne sur cette profession par des non experts avec la complicité passive d’ANEA. Une profession qui, si elle restait indépendante, dérange les assureurs.

    Ils veulent donc verrouiller et là, c’est exceptionnel de mépris pour les textes législatifs en cours et les hommes qui y veillent.

    Ils veulent également gentiment se partager le gâteau des formations avec les experts corvéables et malléables que ces futurs tout-puissants auront choisis en ayant préalablement dégagé de vrais professionnels [b]indépendants[/b] et non aux ordres de la toute puissante finance assurantielle.

    Bref, comment tuer une noble profession: ils vont donc essayer et ce, au détriment des réparateurs et des assurés!!!

  6. « [i]La CFEA a une vocation disciplinaire[/i] » A QUEL TITRE svp?

    Voilà encore un nouveau groupement d’experts exerçant en majorité pour les compagnies d’assurances qui va faire la POLICE sur la LISTE DES EXPERTS tenu par le ministère des TRANSPORT?

    Il y a certainement plus de 2% d’experts indépendants qui refusent de faire partie de ces « syndicats ».

  7. Bonjour

    Attendons de voir ce qui va vraiment se passer dans le monde de l’expertise en 2014 car toutes les alliances ne font pas la force surtout dans ce métiers !!!

    Il serait vraiment étonnant que cette profession depuis trop longtemps géré par les assureurs et les donneurs d’ordres puisse a présent se libérer aussi facilement de toute cette pression.

    Quand je vois le syndicat ANEA s’unir avec le B.C.A. qui appartient directement aux assureurs je reste perplexe sur le résultat??? Ça me fait penser au petit chaperon rouge qui se promène dans le bois avec le loup!!!

    Surtout quand les mêmes membres de ce syndicat n’hésitent pas à les enfoncer à la moindre occasion en dénonçant une concurrence et des méthodes déloyales!!!

    Alors attendons de voir ce qui va vraiment se passer et qui va essayer de manger l’autre??

    Salutations

  8. Ceci voudrait sonner le glas de l’indépendance de l’expert automobile, un glas déjà quelque peu audible après ce ménage entre « amis ».
    PITOYABLE

  9. Alors là, c’est une des meilleures!

    En effet, Mr BROUSSAUD n’est pas expert mais un soldat d’AXA et des assureurs,ses employeurs propriétaires du BCA, entreprise déclarée illégal d’exercice de cette profession réglementée.

    Mr Namin n’est qu’un juriste non expert salarié d’ANEA,
    l’UPEAS. Or, les employés du BCA a pour autres membres des experts salariés d’Assureur. Bref, la ficelle est un peu énorme, pour une mainmise sans vergogne sur cette profession qui, si elle restait indépendante, gène les assureurs. Ils veulent donc verrouiller et là, c’est exceptionnel de mépris pour les textes législatifs en cours et les hommes qui y veillent.

    Ils veulent également gentiment se partager le gâteau des formations avec les experts corvéables et malléables que ces futurs tout-puissants auront choisis en ayant préalablement dégagé de vrais professionnels[b] indépendants[/b] et non aux ordres de la toute puissante finance assurantielle.

    Bref, comment tuer une noble profession: ils vont donc essayer et ce, au détriment des réparateurs et des assurés!!!

  10. Les experts se désolidarisent des compagnies, les syndicats de garages et carrosserie mettent la pression pour faire voter la loi L211.1 sur le libre choix du réparateur. La DGCCRF est mise à contribution.

    Sale temps pour les assureurs et leurs donneurs d’ordres.

    La profession se rendrait-elle compte que le fond du gouffre est atteint et qu’il faut enfin réagir?

    Il n’est jamais trop tard!

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