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Libre choix/note de la Matmut (suite): la FFC dénonce les risques de réparation «low cost»

Et ça continue : en matière de réaction contre la stratégie anti-libre choix de la Matmut, celle que nous venons de recevoir de la FFC-Réparateurs n’a rien à envier à celle de la FNAA (voir « Libre choix/note de la Matmut (suite) : la FNAA rappelle à l’ordre la Matmut et tous les assureurs« ). La FFC refuse également de voir ainsi naître une réparation « low cost », contraire aux exigences de qualité et de sécurité imposées par des véhicules de plus en plus high tech…

lettre FFC

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La FFC-Réparateurs rappelle en préambule de son communiqué de ce jour que «les carrossiers se doutaient bien qu’après l’adoption de la loi portant libre choix du réparateur par l’assuré et prévoyant un certain nombre d’obligations à la charge de l’assureur pour que ce libre choix soit effectif, il y aurait des réactions de la part des assureurs».

«Ces réactions n’ont pas tardé», explique la FFC qui donne immédiatement le ton : «elles prennent un caractère inadmissible. En effet, est parvenu entre nos mains un document émanant de la MATMUT-AMF et adressé aux experts qui indique la procédure à suivre par ces mêmes experts en matière de réparation des véhicules accidentés.» Le communiqué manie ensuite l’ironie acide, en rappelant «une époque pas si lointaine où la MATMUT avait chez les réparateurs et vraisemblablement chez les sociétaires une excellente réputation, car elle entretenait avec tous, des relations équilibrées et constructives».

Vers une réparation « low cost » de véhicules « high tech »
Un bon vieux temps visiblement révolu, regrette la FFC qui poursuit son réquisitoire : «Quelle n’a pas été notre surprise de découvrir dans le document incriminé que « l’expert doit déterminer le coût de la remise en état du dommage constaté et imputable au sinistre en prenant en considération le coût moyen normalement pratiqué dans le secteur géographique concerné ». Pour ce faire, est-il ajouté, il y aura lieu « de prendre en considération des réparateurs disposant juste (si possible, vraiment au plus juste) d’une structure et/ou d’équipements comparables et aussi capables, mais seulement juste capables, de réaliser les travaux expertisés »».

Pour la FFC, le constat est sans appel : «Les intentions de l’assureur sont clairement établies et il s’agit d’encourager une réparation de type « low cost »». Et elle considère que ces intentions sont éminemment dangereuses : «Pour nous, FFC, il y a une contradiction majeure, dans la mesure où pour des véhicules de plus en plus complexes dans leur structure et leurs équipements embarqués, on préconise des réparations obtenues avec le minimum d’équipement, le minimum de compétences et donc, le maximum de risques pour que la réparation ne soit pas une réparation dans les règles de l’art et que le véhicule soit remis en circulation dans des conditions déplorables».

Et la FFC de craindre que «L’exemple de la Matmut, au regard de son passé pas si lointain que nous évoquions plus haut, sera très vraisemblablement suivi par les autres assureurs ou plateformes de gestion de sinistres.»

Mobilisation générale
Forte de ces constats et ces craintes, la FFC «appelle tous les carrossiers à se mobiliser pour refuser de telles dérives portant atteinte à la qualité du travail et à la sécurité des véhicules et de ceux qui les utilisent. Les professionnels de la réparation, les consommateurs et les Pouvoirs Publics doivent être conscients qu’on ne peut laisser de telles pratiques se mettre en place».

Et d’envoyer par la même occasion un signal fort aux experts de la Matmut : «Si l’assureur concerné est à blâmer, il en sera de même pour leurs représentants sur le terrain, à savoir les experts qui – contrairement à ce qu’ils disent et écrivent – seront tout sauf objectifs.»

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2 Commentaires concernant “Libre choix/note de la Matmut (suite): la FFC dénonce les risques de réparation «low cost»”

  1. Bravo pour les réactions des chambres syndicales, on attend celle de l’ANEA maintenant?? En tout cas il va falloir choisir son camp, indépendant ou larbins des assureurs??

    On attend de voir qui est qui?

    Bon courage à tous et vive l’indépendance
    David

  2. Il en aura fallu du temps aux réparateurs pour se rendre compte réellement de la considération qui leur est portée par la Matmut en l’occurrence, et très certainement par les autres assureurs.

    Si on fait un peu d’histoire, la Matmut, la mutuelle des Travailleurs Mutualiste créée en 1961 à Rouen, avec un sociétariat plutôt ouvrier, plutôt communiste de l’époque, la MAIF créée en 1934, avec un sociétariat d’instituteurs, plutôt SFIO, et la MACIF créée en 1960 avec un sociétariat de commerçants et d’industriels, plutôt à droite.

    Le SGAM SFEREN serait un mariage de carpes et d’un lapin (ou inversement), deux mutuelles roses/rouges et une bleu clair.
    Mais qu’est-ce qui a pu motiver ce rapprochement?? L’argent et les bénéfices! Entre amis mutualistes, sous couvert d’être le plus proche du sociétaire, la pilule est plus douce à avaler!

    La stratégie de Sferen est avouée par ce joli courrier de la Matmut; la température est prise désormais: il se peut que les deux autres mutuelles démentent formellement avoir eu la même idée, les yeux dans les yeux (c’est « hype » en ce moment, les yeux dans les yeux…)

    Demander une relevé de prix moyens constatés sur le secteur relèvent soit d’un cerveau machiavélique et particulièrement vicieux, ou d’un cerveau cherchant juste à faire encore plus de bénéfices, voire les deux! Qui sait?

    Mais il y a l’article R326-1 du code de la route, longtemps ignoré et naturellement bafoué sur lequel les assurés peuvent s’appuyer, eux LES assurés qui voient depuis des années des mises en épaves sans pouvoir réagir. Ils le peuvent? attendu que l’expert n’a pas été mandaté pas leurs soins!

    La matmut, à l’instar des grands distributeurs, veut implanter des réparateurs discounts! des Lidl ou Netto réparateurs, à l’heure où les véhicules sont de plus en plus pointus à réparer, on veut dévaloriser la réparation! A quoi sert-il de s’assurer pour le matériel alors, la cotisation payant la réparation allègrement?

    Et si les réparateurs avaient l’idée de sortir tous les agréments de leurs ateliers et d’inviter leurs clients à utiliser les services d’experts automobiles indépendants? Conformément à la loi, que se passerait-il?

    En ne passant plus par les canaux classiques de facturation, D’Arva en l’occurrence, les assureurs vont avoir du mal à faire face à l’afflux de factures à payer soit par mail, soit sur papier; et ensuite, à retranscrire toutes les données pour faire des comptages ou des statistiques à la main ou presque.

    L’asphyxie administrative est peut-être la clé pour peser sur les négociations avec les assureurs. En demandant systématiquement le mandat écrit du propriétaire du véhicule pour pratiquer l’expertise confiée aux réseaux d’experts des assureurs et au BCA, les ateliers resteront fermés aux experts non mandatés… CQFD.

    C’est cadeau, ça me fait plaisir; en général, les conseils je les vends. Mais là, j’offre.

    Ayez bien en tête l’article R326-1 du code de la Route, Messieurs les réparateurs; y compris pour les expertises à distance.

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