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Scandale des pneus usagés: 146 témoignages déjà très édifiants

Ces 146 témoignages ne sont pas seulement édifiants par leur nombre. Ils le sont aussi par leur contenu. Car ils permettent de comprendre que, sur le terrain, les réparateurs se voient opposer tout et parfois n’importe quoi: leur inscription sur Internet; les quotas 2009, puis les quotas 2010; des reventes de pneus en occasion; des taux de rechapage insuffisants; des pneus plein d’eau ou salis, alors même que ces réparateurs ont souvent été forcés de les stocker en partie hors abri du fait des refus de collecte…
Mieux (ou pire): des comptes sont fermés au prétexte de collectes trop anciennes, alors même que les précédentes demandes ont été différées, parfois plusieurs fois, par les collecteurs eux-mêmes…

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Il faut se rendre à l’évidence: beaucoup de réparateurs étouffent sous leurs pneus usagés sans explication précise ou cohérente. Si, effectivement, il existe bel et bien un réel problème de financement de la collecte en France, il apparaît au fil des mails reçus dans notre rédaction que, la plupart du temps, les réparateurs n’ont pas été clairement informés des tenants et aboutissants du problème. L’absence de prise de position officielle de beaucoup d’organisations syndicales le prouve nettement, si ce n’est la FNAA qui a déjà réagi plusieurs fois (voir « La FNAA en colère contre Aliapur« ) et encore la semaine dernière en interpellant Jean-Louis Borloo dans une lettre ouverte, …

Du coup, les arguments souvent avancés pour exclure les réparateurs d’une collecte déficitaire apparaissent souvent fallacieux, personnels, brutaux et unilatéraux. Cela ne favorisent guère la bonne image de la filière de récupération et de valorisation des pneus usagés, ni la patience des professionnels concernés. Que disent ces 146 témoignages pour être précis (dont 2, soyons juste, témoignent de l’absence de problème)?

Exclusions brutales
Souvent, les réparateurs sont exclus brutalement, sans préavis ni explication. Plus grave: ils découvrent souvent leur situation après être tombés dans un piège à double détente qu’ils ont du mal à digérer:

  • 1er acte: les collecteurs leur expliquent en 2009 que les quotas sont atteints et qu’ils doivent attendre début 2010. La plupart de ceux qui témoignent n’ayant pas de gros volumes, ils s’organisent alors en conséquence.
  • 2ème acte: la nouvelle année venue, les réparateurs reprennent contact comme convenu avec les troupes d’Aliapur. Et là, surprise: on leur oppose des fins de non-recevoir, soit parce que « les quotas 2010 sont atteints », soit parce que leurs comptes ont été fermés dans l’intervalle sans préavis, au prétexte surréaliste qu’ils n’ont justement pas fait réaliser de collecte depuis trop longtemps!

On comprend la colère des professionnels qu’on diffère d’abord pour leur annoncer ensuite qu’ils auraient dû se faire collecter plus tôt… Et ceux dont le compte a été clos pour « collecte trop ancienne » n’ont pas espéré longtemps sortir de l’impasse. Les témoignages concordent tous pour raconter l’ubuesque situation: leur demande de réouverture de compte, que les collecteurs les encouragent à formuler, est ensuite toujours refusée, la plupart du temps « parce que les quotas sont atteints »…

Opportunisme de situation
Dans le détail apparaissent également d’étranges histoires qu’il faudra qu’Aliapur explore. Des collecteurs n’en profiteraient-ils pas pour « faire optimiser » le coût de leurs tournées par les réparateurs eux-mêmes? Comment se fait-il par exemple que ce réparateur soit interdit de collecte au motif que les volumes nationaux sont dépassés, alors que les pneus usagés qu’il est donc forcé de ramener lui-même chez son concessionnaire-revendeur… y sont, là, toujours repris? C’est dur à comprendre, surtout quand le même réparateur constate que c’est le même collecteur qui ne veut plus venir chez lui… qui accepte de venir chez son fournisseur! Cette « réalité variable » des quotas explique aussi pourquoi certains réparateurs stigmatisent l’injustice d’un traitement de faveur au seul profit des « gros faiseurs »…

L’excuse Internet pas nette…
Si les quotas ont parfois bon dos, Internet aussi. Ce réparateur qu’on a sommé de se désinscrire d’un site en préalable à toute nouvelle collecte en a fait l’expérience. Il se désinscrit donc, pour ensuite découvrir que de toute façon, il ne sera pas collecté…

En fait, l’exclusion pour cause d’inscription sur un site internet se fait souvent sans aucun discernement. Tous les sites internet ne contournent pas l’écotaxe. Et tous les pneus usagés à collecter chez ces réparateurs inscrits comme centres de montage ne proviennent pas de clients-internautes, loin s’en faut. En outre et c’est un comble, certains réparateurs ont été parfois inscrits sans le savoir sur certains sites en mal de « légitimité-terrain ». Nous avons pu le vérifier plusieurs fois…

Malgré tout, les réparateurs inscrits sont frappés sans distinction d’infamie alors que, jusqu’à preuve du contraire, personne ne les a préalablement informés du risque qu’ils prenaient. Et jusqu’à preuve du contraire encore, aucune loi, à commencer par celle qui régit la collecte gratuite en France, n’interdit de s’inscrire…

Taux de valorisation à revaloriser…
Autre cause d’incompréhension: le fameux taux de valorisation opposé aux professionnels pour les exclure. Au niveau national, 15% des pneus collectés en moyenne sont rechapables ou revendables en occasion. Ce taux moyen est variable régionalement et entre en compte dans le calcul de la rétribution versée par Aliapur aux collecteurs. On comprend donc que, dans beaucoup de cas, les professionnels reçoivent des courriers leur reprochant des taux trop bas. Mais il y a rarement d’explication et jamais de procédure contradictoire: les collecteurs évaluent unilatéralement ces taux de valorisation une fois revenus au centre de tri…
Et là encore, les réparateurs ne comprennent pas bien: faut-il donc qu’ils changent des pneus encore en état de rouler pour être pris en considération par les collecteurs?

Des comportements « limites »
Ici et là, les témoignages relatent également des comportements parfois discutables. Que dire de ce collecteur qui semble très heureux de récupérer de temps en temps des pneus TP à 2 tonnes l’unité en échange d’une collecte chez un réparateur, pour ensuite le planter malgré ses promesses?

Que dire aussi de ces autres collecteurs qui utilisent le répondeur pour ne plus avoir à subir les plaintes répétées des réparateurs abandonnés?

Que dire enfin du non-respect des procédures contractuelles par ces mêmes collecteurs? Les conventions de collectes ne peuvent être dénoncées que par lettre recommandée. Mais apparemment, la plupart des comptes sont fermés sans préavis ni information d’aucune sorte…

Les préfectures pour exutoire…
Autre fait au moins discutable: beaucoup de professionnels éconduits sont invités par les collecteurs à se plaindre à la préfecture, préfecture qui n’a aucun moyen de pression puisque la loi qui gère l’éco-collecte… n’a prévu aucun contrôle ni aucune sanction! Mais les collecteurs canalisent ainsi la colère des professionnels vers une administration qui ne peut rien faire, donc ne répond pas, accroissant encore la rancœur et la frustration des professionnels.

En la matière, les collecteurs -et Aliapur aussi d’ailleurs dans ses courriers- jouent peut-être un peu trop avec le feu, au sens figuré mais aussi, si la situation perdure, à un possible sens propre. Car quelques témoignages excédés parlent de brûler les pneus devant les dites préfectures…

Pour découvrir tous les témoignages, cliquez ici

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2 Commentaires concernant “Scandale des pneus usagés: 146 témoignages déjà très édifiants”

  1. Cher amis et confrères,

    nous sommes apparemment tous dans la même situation en ce qui concernent les collectes de pneus usagés!
    Ainsi, nous avons déjà réglé les collectes auprès de nos fournisseurs respectifs. Je ne parle pas des monteurs de pneus internet qui, eux, doivent collecter eux-mêmes le montant de la récupération des pneumatiques auprès de leurs clients.
    Ce que je vous propose est de se réunir tous ensemble et de demander à ALIAPUR le remboursement des sommes de la récupération de nos pneus usagés jusqu’à enlèvement.
    Il me semble que pour vous comme pour moi-même, notre trésorerie s’en portera d’autant mieux, car quand je paie j’estime avoir mon dû!!!
    A ce jour si nous nous réunissons tous ensemble, nous aurons du poids face à ALIAPUR.

    A bon lecteurs, salut!!

  2. bonjour
    je peux confirmer qu’avec les accords d’enlèvement pris derrière notre dos et surtout sans nous en informer (ironique mais très utile) nous les garagistes, je me retrouve avec un stock de plus de 200 pneus sur les bras et surtout avec un refus de les enlever sauf si nous payons 2,50€ le pneu…
    j’ai dû faire l’acquisition d’un box (1500€) pour les mettre à l’abri sous peine de refus d’enlèvement (pour les changements en cours) et maintenant, on nous demande encore de l’argent pour financer le recyclage des pneus avant leurs accords (subvention de l’État). De plus, ils refacturent une revente après traitement! C’est tout bénef’ pour ces gens…

    Je vous explique la démarche que nous sommes obligés d’effectuer pour chaque pneus concernant les montages externes au garage (internet 123 pneus,etc.)
    1) prendre le BL du client pour vérifier que le vendeur cotise. Si le vendeur ne cotise pas,le client repart avec ses vieux pneus (les déchèteries n’en veulent plus, donc ils les jettent dans la nature);
    2) stocker le pneus sur une durée indéterminée;
    3) faire une demande au site vendeur pour savoir auprès de quel organisme il cotise (frp,aliapur…);
    4) attendre la réponse de celui-ci par fax ou mail impératif (donc exiger un écrit);
    5) prendre ensuite contact avec ces sociétés quand vous avez déjà un grand nombre de pneus;
    5) enlèvement en comptant les pneus précisément…

    voila ce que doit faire un garagiste, même tout petit comme nous. Cela nous fait toujours des frais supplémentaires ainsi qu’une perte de temps énorme!
    Et nous avons 200 pneus sur les bras qui ne peuvent être enlevés gratuitement…
    Merci pour vos articles
    cordialement

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