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« Révélation » d’Oscaro : General Motors voudrait vendre ses pièces par internet…

Au détour d’une interview donnée à notre confrère Challenges, Pierre-Noël Luiggi, le patron d’Oscaro, a lâché une bombe : General Motors l’aurait interrogé dans le cadre de la recherche d’un «partenaire pour distribuer [ses] pièces détachées par Internet en Europe». Au nom du constructeur, GM France a démenti fermement tout projet de ce type, avec Oscaro ou avec quelqu’autre site de vente à particuliers que ce soit…

Cliquez sur l’image pour accéder à l’article intégral de « Challenges »

Il est décidément incroyable, ce Pierre-Noël Luiggi, le patron d’Oscaro. Dans une récente interview donnée à notre confrère Challenges le 8 octobre dernier, le «roi de la pièce détachée auto sur le web» se raconte comme à son habitude.

On redécouvre comment lui est venue l’idée de créer son entreprise (parce qu’au début des années 2000 il ne trouvait pas de rétroviseur pour son Land-Rover – une façon adroite de rappeler qu’il vient de lancer cette gamme de produits) ; comment il est rentable malgré des prix bas (il explique que le résultat net d’Oscaro «tourne autour d’un million d’euros depuis plusieurs années», ce qui reste à démontrer, voir «Sites de pièces en ligne : ventes agiles, mais rentabilités d’argile…») ; comment les «usines» des équipementiers auprès desquelles il s’alimente en direct (pas de plateformes parmi ses fournisseurs ?) lui consentent des prix imbattables («notre volume d’achat est devenu si important que nous pouvons fournir des prévisions de vente aux usines : elles adorent ça, et donc nous consentent des prix encore meilleurs»). Bref : tout ce qui a fait et fait encore la légende dorée du site leader en France…

Oscaro, leader mondial consulté par GM

Mais alors que le journaliste lui demande comment il peut affirmer être aussi le leader mondial de la vente de pièces automobiles via Internet, Pierre-Noël Luiggi nous livre un véritable scoop passé quasiment inaperçu, sinon dans les colonnes de notre confrère Décision Atelier : Oscaro fait partie des 5 “happy few” à avoir été convoqués au siège mondial de General Motors à Detroit, aux côtés notamment de eBay Motors, US Auto Parts, O’Reilly Auto Parts et Amazon Automotive.

Fort de ce superbe voisinage, il bombe le torse : «je vous garantis que, parmi toutes ces sociétés, c’est bien nous qui réalisons le plus gros chiffre d’affaires», proclame-t-il. Oscaro prévoit, selon le journaliste, quelque 350 millions de dollars de CA pour 2014 (277 millions d’euros) : c’est donc plus que les 300 millions de dollars réalisés par Amazon en pièces de rechange, calcule le patron d’Oscaro. CQFD !

Des pièces GM sur internet en Europe !

Mais quel était donc l’objet de cette convocation par le constructeur américain, demande alors le journaliste ? Tout bonnement la volonté de General Motors de «trouver un partenaire pour distribuer [ses] pièces détachées par Internet en Europe», dévoile alors le patron d’Oscaro !

Boum-badaboum donc : voilà tous les réseaux et tous les concessionnaires et agents de General Motors en Europe (Opel, Vauxhall, Cadillac, Hummer et ce qu’il reste de Chevrolet) dûment −et brutalement− informés que le géant américain a l’intention de commercialiser des pièces de rechange via Internet en Europe. Et surtout, à des prix nécessairement incompatibles avec ceux que prodiguent les réseaux de distributeurs officiels de pièces de ces marques ! Car Pierre-Noël Luiggi ne vient-il pas, dans le même article, de démontrer que «les constructeurs auto margent par exemple à un facteur 10» alors que «notre taux de marge est, disons, plus modeste» ?

Oscaro a-t-il «de bonnes chances d’être sélectionné» dans le cadre de ce projet du constructeur, tente alors le journaliste ? «A ce stade, je ne peux rien dire», répond, cette fois mystérieux et lapidaire, le patron d’Oscaro pour conclure cette « séquence ».

Le démenti ferme de General Motors

Interrogé sur cette révélation, Opel France, filiale de General Motors, a immédiatement démenti. «Il n’existe aucun projet de ce type et aucun projet avec Oscaro», assure Grégoire Vitry, responsable communication d’Opel en France. Et s’il l’affirme, c’est fort, souligne-t-il, d’avoir déjà posé la question immédiatement après la publication de cette interview dans Challenges. Mais peut-être existe-t-il quand même un projet plus ou moins secret en la matière ? «Je peux vous affirmer que non, à court ou moyen terme», martèle-t-il ; «quant au long terme, personne ne peut le prédire».

Une autre certitude au moins : si General Motors a un jour un projet Internet qui nécessite un tant soit peu de discrétion, le constructeur sait d’ores et déjà à qui… n’en pas parler.

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5 Commentaires concernant “« Révélation » d’Oscaro : General Motors voudrait vendre ses pièces par internet…”

  1. … il y en a qui ont la mémoire courte apparemment … Juste avant la liquidation de Cecauto France (ancien employeur de M. Pierre-Noël Luiggi il me semble…?) – dépôt de bilan qui a couté énormément! d’argent à une multitude de fournisseurs – les hommes de l’époque nous ont parlé pendant quatre à six mois d’une reprise de la société Cecauto France par… GM General Motors. On nous montrait alors les ébauches de contrats, les assurances des voitures (déjà au nom de GM soit disant)et on nous indiquait que toutes nos factures (en tant que fournisseur de pièces) seraient bientôt payées par GM (et non plus par Cecauto France). Quelques mois après, subitement, un « joli » dépôt de bilan de Cecauto France.
    Je me pose alors quelques questions: Vous pensez qu’aujourd’hui, GM General Motors a besoin d’Oscaro pour écouler ses pièces d’origine via le net? Vous ne pensez pas que GM peut détacher quelques personnes de son immense armada pour créer un site Internet GM? Ou est-ce que c’est peut-être Oscaro qui a besoin de parler de GM pour dire que tout va bien chez Oscaro et que tout ira mieux chez Oscaro dans le future et que des très grands s’intéressent à Oscaro?
    Personnellement, ayant déjà payé (très cher) à l’époque mon erreur d’y croire (à l’ange GM qui va aider la maison Cecauto France pour se redresser), aujourd’hui, je n’ai pas envie de croire une seule seconde à l’ange GM qui soutiendra Oscaro par des ventes sur le net. Et finalement malgré les très bons résultats de tous les fournisseurs qui ont livrés Internet en 2013 (on verra les chiffres de 2014 qui seront beaucoup moins présentables à mon avis)- je suis (enfin!) très content de ne pas faire partie des fournisseurs du net puisque quand on parle de GM aujourd’hui, j’ai une impression d’un « déjà vu »… En tous les cas, « le chat échaudé craint l’eau froide« …

    • @Jeep

      Bonjour,

      J’ai travaillé chez ACCAM à partir de 1977 avec Jean MAURUS et Robert PERRIN-OBJOIS , repris par DANA en 04/1993 qui malheureusement avait une vision équipementier de notre type de distribution, puis par CECAUTO en 12/1998 (d’où je suis parti en 1999 )qui avait une vision trés espagnol liée à sa position de leader sur ce marché à l’époque, mais faire vivre l’ensemble de la structure, tout en faisant de la surenchère sur les remises, en oubliant les dates d’échéances de paiement des fournisseurs.Résultat le dépôt de bilan en 2003, des ardoises chez les fournisseurs, 120 personnes sur le carreau.
      Mais M. Luigi qui n’était pas un salarié de CECAUTO a profité de la structure entre 2001 et 2003 pour démarrer (avec succès) OSCARO.
      Mais demain, avec l’arrivée de nouveaux acteurs pure players ou E.C.P (LKQ) avec des politiques de prix dépositionnées, quelle sera la chance d’OSCARO de survivre finançièrement? Rentabilité certes, mais basée sur un crédit d’impôt, des RFA , RFT et autres avec comme risque sa part de marché qui risque de s’écrouler, entraînant des dommages collatéraux chez ses fournisseurs.

  2. Bonjour,
    Comment Monsieur Luiggi peut-il prétendre s’alimenter auprès des usines d’équipementiers, alors que dans la profession tout le monde sait qu’il saignent la plupart des plateformes parisiennes là ou il se fournit principalement, et que pour certaines d’entre elles en l’occurrence une sans Oscaro elle court de gros risques.
    Salutations…

  3. Aux états-Unis, il y a un acteur devenu incontournable: autozone.com
    Il est bien plus gros que n’importe quel distributeur de pièces: 9,5 milliards de dollars de CA..!
    Bien que la majeure partie de son activité soit au travers des 5000 points de vente, une part significative via Internet et le Ropo.

    • @Louis
      Bonjour,

      Concernant Général Motors, je ne vois pas trop son intérêt de passer par un webdealer aujourd’hui, mais n’est-ce pas exagéré de dire qu’OSCARO saigne la plupart des plateformes parisiennes de Gennevilliers, personne ne les oblige à être sous la pression de ce pure player au patron Jean Noël LUIGI très charismatique. Par contre travailler avec OSCARO, c’est savoir gérer un juste équilibre en % de son CA, au dessus de 35%, les plus des fournisseurs (+ de RFA, + de conditions) peuvent se retourner au désavantages de la plateforme, si les contraintes de disponibilité produits et logistique propre à OSCARO ne sont pas respectées avec des coûts financiers induits (perte de CA, pénalités, sur-stock, etc.), globalement on se retrouve dans la même situation qu’un fournisseur/prestataire travaillant avec un constructeur qui est le client dominant à qui on ne peut rien refuser avec le risque de périr parce qu’il représente plus de 50% de son CA. De par ces aspects OSCARO est un choix économique de progression ou de perdition… .

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