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Doyen: l’intriguant départ de Franck Millet

L’éviction brutale de Franck Millet de la direction générale de Doyen Auto, officiellement assumée par le distributeur pour «des raisons de divergences quant à la vision stratégique du groupe», a surpris et intrigué le petit univers de la rechange…

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Franck Millet, directeur général de Doyen Auto depuis 2007, a été écarté le 3 février de la direction générale du groupe pour « divergences quant à la vision stratégique »…

Pour Franck Millet, le patron historique du distributeur Doyen, la page est donc bel et bien tournée. Son départ a non seulement été annoncé par l’habituel courrier destiné en pareil cas aux clients et fournisseurs et signé par Harry Pottiez, directeur général de Doyen Auto, mais surtout −et c’est plus surprenant− par un communiqué de presse diffusé le lendemain même. Informer ainsi officiellement les journalistes du contexte conflictuel d’un départ brutal («Cette décision  […] fait suite à des divergences quant à la vision stratégique…»), est pour le moins rarissime.

En première lecture, on peut certes y voir une forme d’hommage, indirect mais sincère, à l’envergure et au poids reconnus d’un Franck Millet très respecté dans l’entreprise comme dans le métier. Né professionnellement à l’automobile avec Renault de 1989 à 2001, il devenait directeur de l’enseigne Roady jusqu’en 2003. Avec le succès que l’on sait, il rejoignait ensuite la tête de Doyen France jusqu’en 2007, avant de prendre la direction générale de Doyen Auto. Le distributeur passera sous son égide de 117 millions d’euros de CA en 2009 aux 204 millions planifiés en 2015.

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Cliquez sur l’image pour l’agrandir (source Doyen)

Franck Millet n’a donc pas démérité, lui qui aura activement participé au doublement du chiffre d’affaires du groupe implanté aux Pays-Bas, Belgique et France. Jusqu’à ce que le conseil d’administration ne décide donc «de mettre fin ce mercredi 3 février 2016 à la collaboration de Monsieur Millet avec notre Groupe», sans toutefois préciser s’il sera remplacé et par qui…

Communication de crise

En communiquant ainsi, probablement Doyen Auto a-t-il aussi et surtout voulu endiguer au mieux les turbulences que ce départ-surprise allait immanquablement provoquer. Il y a des collaborateurs dont on ne peut se séparer dans l’anonymat des mouvements de personnel. Et Franck Millet est de ceux-là.

Au vu d’ailleurs de la surprise et du choc que l’annonce de son éviction a générés dans le milieu de la rechange (plus de 2 200 pages vues le jour même de la diffusion de l’information par notre partenaire am-today.com), il valait effectivement mieux que Doyen contrôle l’information plutôt que la laisser librement irriguer moult interprétations. Les deux communiqués se sont ainsi attachés à préciser d’une même voix que «cette décision n’influence aucunement les opérations quotidiennes du groupe, ni ses relations avec ses clients, fournisseurs et partenaires».

Cette “communication de crise” s’avère d’autant plus pertinente que ce départ intervient sur fond de rumeur endémique concernant le possible rachat de Doyen, rumeur aussi récurrente que régulièrement démentie par l’entreprise. Il y a quelques jours, Arnaud Delahaye, administrateur-délégué de Doyen Auto SA, s’y employait une nouvelle fois avec nous, lui qui nous avait déjà transmis un premier et cinglant droit de réponse lorsque nous évoquions des négociations dans ces colonnes en octobre dernier.

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4 Commentaires concernant “Doyen: l’intriguant départ de Franck Millet”

  1. Je ne peux qu’aller dans le sens de Remy. Etre inféodé à un « gros » dérange à tous les étages et cela fait l’objet de toutes ces spéculations démenties par la DG. Certes on s’assure de belles années mais ça peut être un élément bloquant et en négociation cela signifierait (j’insiste sur un conditionnel pour éviter toute confusion) qu’un repreneur pourrait encore plus ‘imposer’ son style. Le Doyen familial serait-il donc condamné? En même temps, connaissez-vous encore d’autres grosses entreprises qui privilégient l’humain comme décrit dans le communiqué? C’est un trompe l’oeil! Et une question qui me taraude: un communiqué de presse ne devrait-il pas être signé par au moins un membre du CA? Texte froid, comblé aux 2/3 par une présentation de l’entreprise et sans aucun mot envers un Franck Millet qui a pourtant oeuvré à monter le Doyen d’aujourd’hui et à assurer une bonne partie de sa pérennité! A suivre…

  2. Puisque DOYEN a souhaité s’exprimer, Il serait bon d’entendre l’intéressé Mr MILLET, sur cette divergence de vision stratégique afin qu’il puisse s’exprimer librement.
    Si effectivement la rumeur très forte de rachat de DOYEN par ALLIANCE se confirme, celle par LKQ est-elle pour autant à écarter ?…

  3. D’accord avec Rémy: les départs à la même période du DG et de M. Rodrigues de la dir co Doyen ne doivent pas être un hasard… Un échange Doyen-Oscaro? Temot s’en sortirait pas si mal!!!!

  4. Bah voyons. Si Mr Millet est parti, c’est bien parce que Doyen est racheté. Tous les équipementiers ont validé en interne le rachat de doyen par Alliance. Doyen a d’ailleurs changé pas mal de cartes pour les rendre cohérentes avec Alliance.
    Le seul truc, c’est que Doyen a un très gros client qui est très mal vu chez tout le monde et surtout par Alliance. Cela sous-entend de très gros problèmes de gestion de communication et de gros mouvements de plaques tectoniques à venir. Affaire à suivre…

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