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Dieselgate (suite) : Bosch à nouveau accusé de complicité

Ce sont maintenant des avocats de plaignants américains qui prétendent que Bosch aurait «consciemment et activement» participé à la tricherie VW sur la foi de «documents secrets» livrés par le constructeur incriminé. L’équipementier prend cette nouvelle attaque très au sérieux, même si elle ressemble à une surenchère destinée à tenter d’exploiter le filon d’un très solvable 1er équipementier mondial. Sans exclure un plus vaste et opportun procès politico-économique à l’atout diesel de l’industrie auto européenne…

Bosch_juge_USA

Le feuilleton “Dieselgate” continue aussi pour Bosch. En un an, c’est la troisième fois que le nom de l’équipementier est cité dans la planétaire affaire des moteurs truqués de VW. La première fois, c’était au tout début du scandale, quand le journal allemand Bild révélait fin septembre 2015 que le 1er équipementier mondial avait élaboré le logiciel truqueur utilisé par le groupe VW (voir «“Dieselgate” : le délicat communiqué d’un Bosch impliqué mais tenu à la confidentialité»). Le journal avait certes expliqué que ledit logiciel était initialement destiné à des tests de développement de motorisations. Il avait aussi souligné, en expliquant avoir consulté les documents qui le prouvaient, que Bosch avait pris la précaution formelle, depuis 2007, d’expliquer à VW que toute autre utilisation de ce programme serait illégale.

L’équipementier, évidemment embarrassé d’être à la fois embringué dans cette affaire et prisonnier de sa relation avec son client-constructeur majeur, avait alors produit un communiqué délicatement ciselé. Il précisait tout de même que, «comme il est d’usage dans l’industrie automobile, Bosch en sa qualité d’équipementier livre les composants selon les spécifications du constructeur. La calibration de ces composants et leur intégration dans le système global du véhicule interviennent chez le constructeur».

D’autres intérêts ?

En novembre 2015, bis repetita : l’agence Reuters annonçait que la justice américaine avait décidé d’enquêter sur le rôle de Bosch dans cette affaire. Là encore, l’information citait une source proche du dossier soulignant alors «qu’il n’y a aucune indication selon laquelle le parquet aurait trouvé des preuves d’irrégularités commises par Bosch» et que ce dernier participait activement aux investigations.

Mais les fins observateurs commençaient alors à s’interroger, non pas sur une possible “complicité”, mais plutôt sur les raisons politico-économiques qui pourraient justifier que VW, puis Bosch, deviennent en fait d’utiles cibles d’une justice américaine si gourmande en amendes et dédommagements (voir «Dieselgate (suite) : l’étrange retour de Bosch dans le dossier VW»). Les juges ne verraient-ils pas en Bosch un second industriel particulièrement solvable ? Ou l’opportunité d’affaiblir le meilleur équipementier européen spécialiste du diesel ? De fait, les États-Unis ne seraient-ils pas prompts aussi à défendre les intérêts de l’industrie automobile américaine en saisissant l’opportunité de dénigrer la technologie Diesel, fleuron strictement européen que maîtrisent mal les «Big Three» américains promoteurs du tout essence ? Les enquêteurs américains ne participeraient-ils pas ainsi, en passant, à “redoper” les difficiles négociations transatlantiques du fameux «TAFTA», projet d’accord américano-européen bâti sur mesure pour les grandes multinationales nord-américaines ?

«Il existe en effet un faisceau d’éléments donnant à penser que la dénonciation de la fraude de Volkswagen a été conçue par les États-Unis comme une attaque informationnelle visant à renforcer leur position économique et politique vis-à-vis de l’Union Européenne», soulignait la passionnante et argumentée étude publiée en juin dernier par l’École de Guerre Économique sous le titre «Les dessous de l’affaire Volkswagen» (pour la télécharger, cliquez ici).

Surenchère d’avocats

Dans ce contexte plus cyniquement pragmatique, il n’y a peut-être rien de surprenant à voir Bosch à nouveau cité, cette fois par des avocats de plaignants américains qui l’accusent maintenant d’avoir «consciemment et activement» participé à la tricherie VW. Des avocats qui disent même s’appuyer sur «des documents secrets livrés par le groupe automobile à certains de leurs confrères», précise Reuters. Des avocats enfin qui ont évidemment intérêt à faire monter les enchères et avec elles, le compteur des possibles indemnités promises auxdits plaignants…

Une porte-parole de l’équipementier vient donc de devoir rappeler que Bosch «prend ces accusations au sérieux et coopère dans plusieurs enquêtes» et que de son propre chef, il a déjà lancé une enquête interne pour savoir si des salariés seraient éventuellement impliqués dans le scandale de manipulation des tests d’émission de moteurs Diesel.

Comme d’habitude, on vous tiendra au courant…

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