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Pièces Renault low cost : l’étonnante gamme Équation aux multiples inconnues…

Même si l’expérience est encore marginale, la gamme de pièces low cost que Renault teste depuis mai sous le nom «Équation» commence à interpeller, voire inquiéter, les acteurs du marché de la rechange et de la réparation auto. Car à l’heure où Renault réfléchit à sa stratégie dite “AllParts” (toutes pièces), cette Équation-là reste à multiples inconnues…

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Voilà une des promos par emailing proposées par Renault en mai dernier aux clients agents Renault ou MRA (les « soirées estivales » étaient récompensées par 3 bouteilles de vin ou 1 de Pastis ou 1 de Whisky)…

Depuis mai dernier, Renault teste une gamme de pièces de rechange low cost baptisée Équation, positionnée 20 à 25% sous les prix de l’autre MDD Motrio, elle-même déjà proposée à -25% environ sous le prix d’origine. La problématique que cette “Équation” veut résoudre était affichée en mai dernier par le constructeur : déployer des gammes consommables de grandes ventes  à bas prix (batterie, essuie-glace, lave-glace et nettoyants de frein, au moins au début) pour permettre à son commerce de pièces de s’en aller reconquérir le “fond de parc” chez les agents et MRA, celui des véhicules tutoyant les 10 années d’ancienneté et plus.

A quoi sert Équation ?

Mais les retours terrain sont dubitatifs. Pour construire une offre tarifaire agressive, Renault a semble-t-il dérégulé ses pratiques en contournant ses habituelles structures achats cultivées aux cahiers des charges et aux process de sélection rigoureux. Résultat : la première inconnue de l’Équation concerne la qualité intrinsèque des gammes proposées. Même si l’expérience reste encore discrète, voire marginale, elle agace déjà certains équipementiers qui constatent des prix inhabituellement et incroyablement bas, surtout venant d’un constructeur. Ils s’interrogent du coup sur le sérieux du “sourcing” de certaines gammes Équation, dont notamment celle des batteries où il n’y a guère de miracle possible : un prix bas, c’est du plomb en moins et donc, des performances dégradées.

Autre inconnue de cette Équation : son impact potentiel sur le marché. Car s’il est logique que le prix soit le seul critère majeur de certaines enseignes spécialisées dans le do it et le low cost, la surprise est de voir un Renault s’essayer lui aussi à la pièce “dérégulée”. Positionné en haut de la chaîne tarifaire, un constructeur se doit théoriquement d’être le gardien du Temple et de ses nécessaires grands équilibres dont il est le premier à profiter. On sait certes que Renault travaille à une stratégie dite «AllParts» (toutes pièces) où foisonnent toutes les options, traditionnelles comme digitales. Un foisonnement qui peut à lui seul expliquer toutes les expérimentations, même hérétiques. On sait aussi que Renault réfléchit avec d’autant plus de volontarisme qu’en face, avec sa stratégie «One stop Shop» maintenant en cours de déploiement mondial, PSA Aftermarket a réveillé l’attention, accentué l’inquiétude −et chatouillé l’orgueil− de la marque au Losange.

Risque inutile sur les prix ?

Mais alors que PSA réserve prudemment l’ultra-low cost MDD Bölk à son Mister-Auto qui l’a inventée, le marché s’étonne d’autant plus de voir Renault faire ainsi voisiner, sans guère de pare-feu, ses trois offres que sont les pièces d’origine, Motrio et Équation. Il y a des grands écarts qui ne s’imposent pas nécessairement tant ils peuvent provoquer inutilement de douloureuses élongations, voire un claquage du précieux positionnement-prix qui nourrit les acteurs de la pièce à tous les étages…

D’autant qu’il reste une dernière inconnue, et non des moindres : Renault réfléchit évidemment à la pièce équipementière qui est au cœur de la stratégie de l’autre constructeur français. Cette gamme Équation est-elle un élément stratégique ou marginal dans la réflexion de Renault ? Ce dernier suivra-t-il l’exemple de PSA Aftermarket ? Le récent achat du distributeur Pitteri Violini (PiVi Ricambi) par le Groupe Renault en Italie semble l’attester, même si la faible couverture de cette entreprise (15 000 références), son peu d’équipementiers référencés et son manque de performance attestés par une foultitude d’acteurs, en font a priori un bien piètre marche-pied pour accéder aux secrètes martingales de la rechange indépendante.

Si Renault devait appuyer sur le même bouton que PSA, que ferait-il alors de cette Équation devenue de fait un peu utile quatrième niveau de prix derrière les offres origine, équipementière et Motrio, en tout cas vers le clients réparateurs ? Deviendrait-elle le “Bölk” d’un éventuel site de vente en ligne ? Sinon, qui faudra-t-il alors sacrifier : l’offre Motrio (pourtant installée et même en cours d’élargissement) ou cette gamme Équation dont le bilan commercial, encore mystérieux, doit être tiré en fin d’année ?

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