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CNEA

Le 7 décembre, le Tribunal de grande instance (TGI) d’Evry (91) a condamné un expert en automobile à 4 ans de prison dont 2 ferme, pour n’avoir pas suivi comme il se doit les réparations d’une Clio, classée VGE et revendue malgré tout comme VO, responsable de l’accident du conducteur et du décès de son passager en 2014. Le remorqueur, auteur des réparations en toute illégalité, a été condamné lui aussi à une peine de prison ferme assortie de sursis. Le Syndicat des experts en automobile indépendants (SEAI) se félicite de ces condamnations mais déplore que certains passent encore entre les mailles du filet.

Notre récent article sur la réactivation, par décret, de la Commission nationale des experts en automobile (CNEA), chargée notamment des procédures disciplinaires contre les fauteurs de trouble de la profession, a suscité certains commentaires acerbes de la part de nos lecteurs. Certains y sont même allés d’un petit ping-pong bien senti, témoin de la tension qui règne dans le métier d’expert lorsque sont évoquées, notamment, les questions de collusion avec les donneurs d’ordres sur la simple base de critères économiques. Parole, donc, à « Expert réellement indépendant » et « Expindep », aux pseudonymes proches l’un de l’autre mais aux positions clairement éloignées…

 

Annoncée par le délégué interministériel à la sécurité et à la circulation routières lors du Congrès de l’ANEA, en avril dernier, la nomination des nouveaux membres de la Commission nationale des experts en automobile a été officialisée au travers d’un arrêté paru au Journal Officiel le 10 septembre dernier. Ainsi réactivé après de longues années de sommeil, la CNEA, chargée entre autres des procédures disciplinaires de la profession d’expert, se pare toutefois d’une couleur très CFEA, pour ce qui est de ses membres experts en automobile…

Suite à la récente demande de la CFEA (Confédération française des experts en automobile) de voir reconnu par l’État le “code de déontologie des experts” adopté par ses membres en avril dernier, le SEAI (Syndicat des experts en automobile indépendants) dénonce le manque de légitimité du texte, qui n’a pas été souscrit par l’ensemble de la profession d’expert et qui ne saurait se substituer aux dispositions qui encadrent déjà la profession tel qu’elles apparaissent dans le Code de la route.

 

Lassés du manque de représentation des experts sans lien contractuel ou conventionnel avec les assureurs et les mutuelles, plusieurs pros de l’expertise viennent de lancer une nouvelle organisation professionnelle : le Syndicat des experts en automobile indépendants (SEAI). Le bureau, déjà constitué, comprend notamment Karim Megrous, Wilfried Reinermann, Sylvain Pecqueur, Luc Bayetto et Florian Mourgues, tous fervents défenseurs d’une non-dépendance vis-à-vis des donneurs d’ordres et défenseurs du service auprès des particuliers et des professionnels de l’automobile.

Pour son 8ème congrès, l’ANEA (Alliance National des Experts en Automobile) a réuni plus de 450 experts et autres personnalités du monde de la réparation-collision au CNIT de La Défense, le 4 avril dernier. Et du hall d’accueil à l’assemblée générale élective de l’après-midi, en passant par les tables rondes du matin, la question de l’avenir proche de l’expertise automobile et de ceux qui la pratiquent semble n’avoir jamais été aussi prégnante…