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PSA

PSA vient enfin d’officialiser sa vaste offensive sur le business de la rechange indépendante et à cette fin, sur sa révolutionnaire adoption de la pièce équipementière jusqu’alors réservée aux distributeurs indépendants. Il élargit son offre pour offrir tout le panel des “solutions pièces” attendues, explique-t-il, par 100% des consommateurs comme par 100% des réparateurs, indépendants ou agréés. Que la stratégie soit suffisante ou pas en l’état pour y parvenir, deux évidences déjà : les autres constructeurs ne le laisseront pas seul sur ce marché et la concurrence avec les groupements de distribution indépendants est désormais frontale…

Il y a deux mois, nous titrions que «PGA Motors achète CHEZ Flauraud», le distributeur indépendant basé à Clermont-Ferrand. Cette fois, nous pouvons même annoncer que PGA, le puissant groupe de 250 concessions, achète TOUT Flauraud, ses plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et ses compétences reconnues en logistique de pièces équipementières multimarque. Une preuve de plus, s’il en fallait encore, que les constructeurs et même leurs distributeurs VN ont bel et bien décidé de débarquer sur le marché de la pièce équipementière multimarque…

La voiture connectée est au coeur des ambitions de PSA. Parce que les données liées à l’après-vente doivent pouvoir permettre au constructeur de conquérir ou de fidéliser les clients automobilistes. Mais aussi parce que toutes les autres données émises ou reçues par ces véhicules connectés constituent un gigantesque potentiel de profits que le constructeur souhaite s’approprier : Carlos Tavarès en espère 300 millions de chiffre d’affaires (au moins) à horizon 2021…

Le 5 avril dernier, l’histoire de l’après-vente s’est remise en marche. Dans le cadre de son nouveau plan «Push to Pass», PSA a officialisé l’utilisation, dans sa stratégie constructeur, de l’arme jusqu’alors exclusive à la rechange et la réparation indépendantes : la pièce de marque équipementière. C’est inédit et les autres constructeurs y viendront. La grande bataille entre après-vente constructeur et après-vente indépendante vient de commencer…

Le déploiement prochain du réseau d’entretien et de réparation DS, annoncé récemment aux concessionnaires et agents Citroën, semble d’ores et déjà poser problème à ces derniers. En effet, les standards exigés par le constructeur pour faire partie du réseau qui sera constitué le 1er août 2018, seraient bigrement élevés. Car PSA avait prévenu : la marque DS, désormais indépendante de sa génitrice aux Chevrons, est censée être le véhicule haut-de-gamme de tout le groupe.

 

C’est parti : le site Mister-Auto.com propose des ateliers Peugeot et Citroën comme centres de montage de ses pièces achetées en ligne. En l’occurrence, ce sont les succursales du constructeur qui semblent avoir été essentiellement inscrites en tant que tel. Le test s’annonce passionnant, un an après la fronde des RA1 et RA2 de PSA qui avaient réussi à faire différer par le constructeur sa décision unilatérale de faire de ses réseaux des monteurs de pièces équipementières fortement remisées par le site…

Le «Buy on line and fit» −l’achat de la pièce en ligne posée par un atelier− va bientôt transformer l’après-vente. Les révolutions logistiques préparatoires s’étudient, voire se finalisent, dans de grands réseaux traditionnels qui, du coup, vont un peu plus démoder les sites purs et durs de vente en ligne. Mais en filigrane, cela signifie aussi que le prix de la pièce devra baisser pour parachever les grands rééquilibrages, c’est-à-dire une baisse de la marge des réparateurs…

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