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VO

Notre récent article sur l’Enquête Exclusive de M6 intitulée “Garagistes escrocs, experts véreux : le scandale des épaves roulantes” a fait réagir. Notamment les professionnels de l’expertise automobile qui, indépendants purs et durs ou travaillant pour les assureurs, se sont interpellés mutuellement sur les biais introduits par les assureurs dans la mission VGE des experts… Parole, donc, à “Un expert réellement indépendant” et à “Expert passionné”.

Le lundi 3 avril dernier, M6 a rediffusé le numéro d’Enquête Exclusive du 27 novembre. Intitulé “Garagistes escrocs, experts véreux : le scandale des épaves roulantes”, le reportage suit l’enquête du groupe automobile de la Section de recherches de la Gendarmerie Nationale de Paris. Menés depuis près de trois ans, leurs travaux révèlent peu à peu l’ampleur d’un trafic ayant remis à la route entre 200 et 300 000 véhicules gravement endommagés.

Les représentants nationaux de la FFC-Réparateurs se sont rendus au Ministère de l’Intérieur le 28 juin dernier pour rencontrer le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe. Au menu de cette rencontre : les problèmes relationnels entre experts et réparateurs dans le domaine de la procédure VE suite, notamment, au fameux scandale des 5014 véhicules gravement endommagés (VGE) revendus sur le marché du VO.

L’interdiction de circuler formulée par le Ministère de l’Intérieur à l’attention des automobilistes n’ayant pas enclenché la procédure d’expertise de leur véhicule victime de l’escroquerie des 5 014 faux VO/vrais VGE est finalement tombée mi-mai. Au total, ce sont quelque 1 300 véhicules qui sont concernés. 1 300 propriétaires auxquels le SEAI s’adresse pour leur conseiller de faire tout de même expertiser leur véhicule…

Hélas oui : comme nous le craignions dans notre précédent article sur le sujet du VO et comme en septembre 2015 à propos des réparateurs, la DGCCRF a encore privilégié le “buzz” au détriment d’une mise en perspective neutre et d’un devoir d’explication serein. Cela aurait pourtant pu éviter, depuis deux jours, que toute la presse française ne titre sans discernement et injustement que 47,11% des vendeurs VO sont coupables de vilains comportements ! Mais encore une fois, le mal est fait. Le CNPA a dénoncé l’effet néfaste, la FNAA aussi qui a publié l’intégralité de l’enquête. Outrée par la récidive, la FNAA demande même que le ministre de l’Économie interdise définitivement à la DGCCRF de jouer ainsi régulièrement au pompier pyromane avec les pros de l’auto…

L’enquête de la DGCCRF sur les vendeurs VO vient de faire  l’effet d’une bombe que la presse grand public s’est empressée de relayer : 47,11% des 1 471 contrôles effectués ont débouché sur des «anomalies». Donc, près de la moitié des pros du VO sont suspects. Mais attendons d’obtenir le détail de cette enquête pour quantifier les vrais délinquants et comprendre le détail et la nature des infractions relevées. En 2015, un précédent communiqué de la DGCCRF annonçant un «taux délictuel» de près de 39% dans l’entretien-réparation s’était finalement avéré tronqué et injustement alarmiste…

Le Ministère de l’Intérieur a fixé son ultimatum au 13 mai prochain. Passée cette date, les automobilistes détenteurs de l’un des 5 014 véhicules identifiés comme faisant partie de l’escroquerie des VGE revendus comme VO verront suspendre leur certificat d’immatriculation, signant tout bonnement l’interdiction totale de circuler pour ces véhicules. Pour y échapper, les propriétaires doivent contacter au plus vite la plateforme d’appels désignée sur le site de la Sécurité Routière et faire procéder à une expertise… à leurs frais, bien sûr.

 

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